Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, espère que cet assouplissement permettra aux banques d’acheter plus de dette américaine, ce qui est loin d’être assuré.
Après les droits de douane, l'immigration et les réductions d'impôts, l'administration américaine amorce le quatrième volet du programme de Donald Trump, celui de la déréglementation, notamment du secteur financier. Plusieurs initiatives dans les domaines de l'énergie, de la protection du consommateur et des cryptoactifs ont déjà été lancées. Mais les États-Unis comptent désormais détricoter l'imposante « régulation » bancaire, héritée de la crise financière de 2008.
Le coup est parti de la Réserve fédérale (Fed), une institution indépendante. Le conseil des gouverneurs a adopté mercredi, à cinq voix contre deux, une proposition visant à assouplir les exigences de fonds propres des banques.
C'est une mesure ardemment défendue par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, au nom du soutien à la croissance. Mais cette mesure permettrait de faciliter l'achat par les banques de bons du Trésor américains, alors que les besoins en financement de l'État fédéral vont exploser dans les quatre prochaines années et que les investisseurs étrangers, surtout ceux de la zone euro, se font plus rares, compte tenu du risque de change.
Pression des banques
Le lobby bancaire a longtemps fait pression pour alléger le ratio de levier (endettement) supplémentaire (SLR), un coussin financier de sécurité censé amortir les pertes en capital des actifs au bilan, y compris les plus sûrs, comme les obligations fédérales.
Les régulateurs avaient déjà émis une opinion favorable à cette réforme, notamment pour les plus grandes banques, comme JPMorgan Chase. L'ancien responsable de la régulation bancaire, Michael Barr, qui a démissionné sous la pression de Donald Trump tout en restant au conseil des gouverneurs, a voté contre et indiqué dans un communiqué que cette mesure augmenterait « considérablement » le risque de faillite. En revanche, le président de la Fed, Jerome Powell, a apporté son soutien à cet allègement réglementaire.
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