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Entreprises & FinanceBanque

"La Société Générale a la volonté d'investir dans des fonds spécialistes de la French Tech"

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 16 décembre 2015 à 09:00 - Mis à jour le 16 décembre 2015 à 09:37

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Aux côtés de Maif, de Groupe Rocher et de la société Thuasne, la Société Générale est l'un des quatre investisseurs industriels de 360 Square, un fonds d'amorçage lancé ce mercredi 16 décembre par la société de capital-risque française 360 Capital Partners, et auquel Bpifrance participe également. Aymeril Hoang, directeur de l'innovation du groupe Société Générale, explique pourquoi la banque a souscrit à ce fonds, qui investira à partir du début de l'année 2016 des tickets de 300.000 euros à 1 million...

LA TRIBUNE - Sur les 35 millions d'euros levés par 360 Square, quel montant le groupe Société Générale apporte-t-il et comment faut-il interpréter cet investissement ?

AYMERIL HOANG - Nous apportons 5 millions d'euros, ce qui fait de nous l'un des investisseurs de premier rang de ce tour de table. Il s'agit là d'une nouvelle brique de notre stratégie d'open innovation, cohérente avec notre récente annonce de partenariats avec des communautés innovantes comme Player, Le Tank ou SenseCube. Cet investissement nous permettra en effet d'être très connectés avec l'écosystème de la French Tech, 360 Capital Partners étant sollicité chaque année par plusieurs milliers d'entrepreneurs. Cette souscription au fonds 360 Square représentera pour nous un apport d'intelligence supplémentaire, qui pourra nous aider à accélérer notre transformation digitale, mais pas seulement.

Que voulez-vous dire ?
360 Square n'investira pas uniquement dans des fintech [startups spécialisées dans les technologies financières ; Ndlr] mais, plus largement, dans des startups européennes du digital. Cela nous permettra d'effectuer une veille sur les évolutions des différents secteurs d'activité et, donc, de mieux appréhender les enjeux de transformation digitale de nos clients, au-delà de ceux propres au groupe Société Générale. En outre, notre réseau est régulièrement sollicité par de nombreuses startups qui souhaitent ouvrir un compte bancaire. Nous accompagnons également notre clientèle de jeunes entreprises de leur création à leur introduction en Bourse, en passant par leurs levées de fonds. Cela a par exemple été le cas pour Viadeo et Deezer. Avec cet investissement dans 360 Square, nous complétons ce dispositif d'accompagnement.

À lire également

  • Les banques se convertissent à l’open innovation
  • Les fintech peuvent aider la finance à réussir sa transformation digitale
  • La fiscalité, une vraie bonne idée pour encourager le "corporate venture" ?

Par ailleurs, avec l'assureur MAIF, le groupe de cosmétiques Rocher et la société Thuasne [spécialisée dans les dispositifs médicaux textiles ; Ndlr], nous constituons un groupe hétérogène d'investisseurs industriels, ce qui va nous permettre de partager nos visions respectives de nos secteurs d'activité, afin, là encore, d'être en mesure d'accompagner encore mieux notre clientèle d'entreprises. C'est, entre autres, pour cette raison que nous avons choisi d'investir dans 360 Square plutôt que de créer notre propre fonds de corporate venture.

Quelle importance attachez-vous au rendement financier de cet investissement, sachant que le financement d'amorçage est particulièrement risqué ?
Il s'agit là d'un investissement stratégique. Nous sommes véritablement intéressés par l'amorçage, les tendances très précoces des entreprises, par ce que créent les jeunes entrepreneurs âgés de moins de 30 ans. Nous n'avons pas de motivations financières, d'autant qu'avec Mid Cap Investment Banking - la banque de financement et d'investissement pour les PME et les ETI clientes de la banque de détail de Société Générale en France -, notre groupe a déjà un bras armé pour investir dans des PME et des startups à des fins de rendement financier. Cela étant, nous sommes une banque, nous espérons donc que l'équipe de 360 Capital Partners, dont l'historique de performances est très bon, ne perdra pas d'argent sur ce fonds.

Pourquoi passer par un fonds alors que vous investissez déjà en direct dans des startups, comme cela a été récemment le cas avec la société de messagerie sécurisée Symphony ?
Investir via un fonds nous permettra de renforcer notre connaissance de l'écosystème des startups, de travailler plus facilement avec elles, cela représente un canal supplémentaire de "sourcing" (repérage) de startups. Que nous pourrons éventuellement acquérir si cela fait sens, comme Boursorama, la filiale de banque en ligne de Société Générale, a racheté la fintech Fiduceo en début d'année.

Cet investissement de Société Générale dans un fonds de capital-risque est-il une première pour le groupe ?
Nous l'avons déjà fait, nous sommes investisseurs dans la Silicon Valley mais il s'agit d'investissements anciens, en voie d'extinction. Par ailleurs, dans le cadre de notre activité de gestion d'actifs, nous sommes souscripteurs de fonds lancés par des acteurs du capital-investissement comme Idinvest. Nous entretenons également des relations commerciales, de business, avec des fonds de capital-risque français et étrangers, comme Partech, Isai, Accel Partners ou Andreessen Horowitz, relations qui nous permettent de nouer des partenariats avec les startups qu'ils ont en portefeuille ou de faire appel aux produits qu'elles développent. En revanche, c'est la première fois que nous investissons dans un fonds de corporate venture [capital-risque d'entreprise ; Ndlr].

Étudiez-vous des investissements dans d'autres fonds de capital-risque ?
Nous sommes en phase de "due diligence" avec des équipes d'autres sociétés de capital-risque, et nous annoncerons probablement un nouvel investissement au cours du premier trimestre de l'année 2016. Le groupe Société Générale a en effet une vraie volonté d'investir dans des fonds français spécialisés dans la French Tech, afin de soutenir l'écosystème de l'innovation dans le pays. Ce qui ne nous empêche pas de "sourcer" également des startups à Shanghai, Bangalore, Tel-Aviv, Londres, San Francisco, et de commencer à mettre un pied en Afrique.

Christine Lejoux

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