Le Crédit agricole résiste au fardeau des taux ultra-bas

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(Crédits : AFP)
Le groupe Crédit agricole a clos le deuxième trimestre sur un bond de 29,5% de son bénéfice net part du groupe, à 1,942 milliard d'euros, et celui de CASA a grimpé de 25,8%, à 1,158 milliard.

Les banques européennes ne sont pas sur un pied d'égalité, face à la faiblesse historique des taux d'intérêt. Si celle-ci a contraint Commerzbank à lancer une alerte sur ses résultats 2016, le Crédit agricole, en revanche, ne dévie pas d'un iota des objectifs du plan stratégique dévoilé en mars. A savoir un bénéfice net part du groupe de plus de 7,2 milliards d'euros en 2019 pour l'ensemble du groupe Crédit agricole, qui regroupe l'entité cotée en Bourse CASA et les caisses régionales, contre 6 milliards en 2015. Ainsi qu'un résultat net de 4,2 milliards d'euros en 2019 pour le seul CASA, contre 3,5 milliards l'an dernier. « Nous n'avons pas à corriger ces objectifs car nous étions dans un contexte de taux similaire lorsque nous avons élaboré notre plan de moyen terme », a justifié Philippe Brassac, directeur général de CASA, ce mercredi 3 août, lors de la présentation des résultats trimestriels du Crédit agricole.

Des résultats qui, selon le directeur financier Jérôme Grivet, montrent que la banque « fait mieux que résister » à un environnement toujours difficile, marqué notamment par les taux d'intérêt ultra-bas, qui rognent la marge nette d'intérêt que les banques tirent de la transformation de ressources à court terme en prêts à long terme. De fait, le groupe Crédit agricole a clos le deuxième trimestre sur un bond de 29,5% de son bénéfice net part du groupe, à 1,942 milliard d'euros, et celui de CASA a grimpé de 25,8%, à 1,158 milliard. Certes, cette performance tient en partie à la plus-value de 328 millions d'euros réalisée sur la cession des titres Visa Europe à Visa Inc. Mais, même retraité des éléments exceptionnels, le bénéfice net de CASA ressort en hausse de 13%, à 818 millions d'euros.

Le bénéfice net de LCL chute de 37,6%

Il faut dire que la banque a enregistré une activité commerciale dynamique dans tous ses métiers, de la banque de financement et d'investissement - revenue à meilleure fortune après un premier trimestre affecté par la volatilité des marchés - à l'assurance et à la gestion d'actifs, où Amundi a franchi la barre des 1.000 milliards d'euros d'actifs sous gestion, en passant par la banque de détail. C'est pourtant au sein de cette dernière que la pression à la baisse des taux d'intérêt s'exerce le plus directement, comme en témoignent les vagues de renégociations et de remboursements anticipés des crédits immobiliers.

LCL, la banque de proximité de CASA en France, en porte les stigmates, avec une chute de 37,6% de son bénéfice net, à 108 millions d'euros. « Dans ce contexte, l'accélération dans les métiers générateurs de commissions [l'autre grande source de revenus des banques, à côté des intérêts ; Ndlr] et la maîtrise des charges sont clés », a souligné Jérôme Grivet. Qui précise que si le produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires) de LCL a décliné de 10,1% au deuxième trimestre, par rapport à la même période de l'an dernier, il est en revanche en hausse par rapport aux trois premiers mois de 2016.

Un profit exceptionnel de 1,250 milliard pour CASA

Ses résultats du deuxième trimestre permettent à CASA d'afficher un ratio de solvabilité (fonds propres « durs », rapportés aux actifs pondérés des risques) en hausse de 100 points de base par rapport à la même période de  2015, à 11,2%. Soit le niveau ciblé pour... 2019, et avant même les bénéfices liés à l'opération Eureka de simplification de la structure capitalistique du groupe Crédit agricole. Celle-ci doit déboucher sur la cession, ce mercredi 3 août, des 25% détenus par CASA dans les caisses régionales à une entité ad hoc dénommée Sacam Mutualisation. Une opération d'un montant total de 18 milliards d'euros environ, qui procurera à CASA un profit exceptionnel de 1,250 milliard d'euros au troisième trimestre, faisant ainsi passer son ratio de fonds propres durs à 11,9%.

Soit un niveau de solvabilité « totalement normalisé », qui, conjugué à « un plan stratégique de moyen terme entièrement entre nos mains car essentiellement basé sur des synergies internes », ne doit pas permettre, selon Philippe Brassac, de douter de la solidité de CASA. Dont le cours de Bourse dévisse néanmoins de 30% depuis le 1er janvier, comme l'indice Stoxx Europe 600 des banques européennes, les investisseurs s'inquiétant de l'impact de taux durablement bas sur la rentabilité du secteur.

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Commentaires
a écrit le 03/08/2016 à 17:42 :
Si les banques se font une concurrence destructrice alors que jamais leurs ressources ne leur ont coûté aussi peu cher, c'est leur problème.
On ne va pas en plus se lamenter sur les banquiers, qui se prennent la plupart du temps pour les maîtres du monde, et n'ont pas beaucoup été sanctionnés pour la crise qu'ils ont déclenché en 2007. Et qui sont assis sur des rentes de situations, puisque les pouvoirs publics ne veulent que des grosses banques, ce qui est absurde.
a écrit le 03/08/2016 à 17:13 :
quand on voit les commissions récupérés sur les achats carte bleue on comprend les bénéfices miraculeux. c'est le client qui paye.
Réponse de le 04/08/2016 à 18:04 :
Cela vous étonne que le clinet paie ? moi, non, sinon nous ne serions pas client.
S'agissant des bénéfices miraculeux, ce ne sont pas des clients qu'ils proviennent, mais de la branche spéculatrice des banques.
a écrit le 03/08/2016 à 11:16 :
@La Tribune : et les résultats SocGen ??
a écrit le 03/08/2016 à 10:10 :
Les principaux investissement des banques sont la bourse et les crédits à la consommation. Hors ces deux produit n'ont jamais vu leur taux baisser. Les taux d'intérêts sont ultra bas pour les crédits immobiliers, et les livrets, mais les taux de crédits à la consommation sont toujours aussi élevés. De plus malgré les "crises" vous avez vu beaucoup de banques, assurances ou hypermarché couler et fermer? Moi pas...
a écrit le 03/08/2016 à 8:29 :
29,5 % d'augmentation du bénéfice net, c'est vraiment un lourd fardeau à porter ! Je commence quand à pleurer pour les banques ?

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