Climat : Société Générale s'engage sur les sables bitumineux

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« Société Générale ne financera plus les activités de production de pétrole issu de sables bitumineux partout dans le monde, et de production de pétrole en Arctique » a promis la banque vendredi.
« Société Générale ne financera plus les activités de production de pétrole issu de sables bitumineux partout dans le monde, et de production de pétrole en Arctique » a promis la banque vendredi. (Crédits : © Lucy Nicholson / Reuters)
A la veille du Climate Finance Day de lundi, la banque de La Défense va cesser de financer la production de pétrole issu de sables bitumineux et du pétrole en Arctique. Elle renforce aussi son objectif de réduction de ses émissions de CO2 par employé.

C'est un exercice obligé à la veille du grand One Planet Summit organisé à l'initiative d'Emmanuel Macron ce mardi 12 décembre et précédé d'une journée de la finance climat à Bercy : banquiers et assureurs annoncent de nouvelles promesses de réorienter leurs capitaux vers des projets et entreprises plus favorables au climat. Emboîtant le pas du Crédit Agricole, qui avait dégainé mercredi, la Société Générale a dévoilé vendredi de nouvelles restrictions dans sa politique de financement des industries les plus nocives.

La banque de la Défense « ne financera plus les activités de production de pétrole issu de sables bitumineux partout dans le monde, et de production de pétrole en Arctique », mais ne s'engage pas sur les activités d'exploration, de distribution, de marketing ou de trading de ce type de pétrole, dont le processus d'extraction est parmi les plus polluants.

Pas d'engagements précis non plus sur les gaz et pétroles de schiste si ce n'est que la banque « conditionnera son soutien aux entreprises utilisant les techniques de fracturation hydraulique à la mise en œuvre, ou à un engagement de mise en œuvre, des meilleures pratiques environnementales & sociales, en ligne avec les Règles d'Or de l'AIE », l'Agence internationale de l'énergie.

Pétrole et gaz : soutien sous condition

La Société Générale ajoute qu'elle conditionnera désormais son soutien aux entreprises du secteur pétrolier et gazier « à la mise en œuvre, ou à un engagement de mise en œuvre, de mesures de limitation du brûlage en torchère continu et des émissions de méthane. » Elle promet aussi de détailler les performances environnementales et sociales de son portefeuille dans le pétrole et le gaz.

« Société Générale, parmi les leaders mondiaux du financement de l'énergie, est déjà pleinement investi dans la lutte contre le réchauffement climatique. Nous accompagnons nos clients dans leur propre transition, en leur offrant une large gamme de solutions durables, pour répondre à leurs besoins en matière de conseil, de financement et d'investissement » a déclaré Frédéric Oudéa, le directeur général, dans le communiqué.

Par ailleurs, la banque se fixe comme objectif de « contribuer à lever 100 milliards d'euros de financements destinés à la transition énergétique » entre 2016 et 2020, dont 15 milliards sous la forme de conseil et de financement au secteur des énergies renouvelables (contre 10 milliards annoncés fin 2016) et de 85 milliards via l'émission de "green bonds" (obligations vertes) qu'elle dirigerait ou co-dirigerait au cours de la période. L'an dernier, elle a contribué à l'émission de 8 obligations vertes pour un montant global de 6 milliards d'euros. Au premier semestre, elle était au huitième rang mondial. La Société Générale s'est plutôt spécialisée dans la finance durable et à impact positif.

Lire aussi : Qu'est-ce qu'un green bond ?

Enfin, la banque monte d'un cran son objectif sur sa propre empreinte carbone en s'engageant à réduire 25% ses émissions de CO2 par employé à horizon 2020 par rapport à 2014 (contre 20% annoncé l'an dernier). Elle a mis en place une taxe carbone interne appliquée à l'ensemble des entités qui financent des programmes internes d'efficacité environnementale : cette taxe a généré en cinq ans « 95 millions d'euros d'économies, évité plus de 38.000 tonnes de CO2 et économisé 220 GWh, soit la consommation annuelle d'environ 30.000 foyers français » assure la banque.

Engagements trop légers ?

Les ONG risquent de trouver ces nouveaux engagements un peu légers. Les Amis de la Terre ont qualifié de « cosmétiques » ceux du Crédit Agricole, alors qu'ils avaient salué la démarche de BNP Paribas en octobre, beaucoup plus large : la banque de la rue d'Antin a exclu de financer les projets liés aux gaz et pétroles de schiste et/ou issus de sables bitumineux mais aussi de cesser toute relation avec les entreprises dont c'est l'activité principale. Les Amis de la Terre s'étaient invités aux assemblées générales de BNP, Société Générale, Natixis et Crédit Agricole pour enjoindre les dirigeants de prendre des engagements de cesser tout financement aux entreprises liées à ces projets très polluants et ayant parfois des conséquences sur les populations autochtones.

Une récente étude de l'ONG britannique ShareAction a placé BNP Paribas en tête des banques en Europe sur l'engagement pour le climat. Crédit Agricole et Société Générale étaient respectivement quatrième et cinquième.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2017 à 11:54 :
Il est totalement absurde de ne pas financer l'exploration et l'exploitation du pétrole et du gaz. Car quoiqu'en disent les pseudo-écologistes, le pétrole est quasiment irremplaçable dans les transports et le gaz peut permettre une réduction facile des émissions des GES (comme le nucléaire d'ailleurs). Le reste (éolien et PV) est de la poudre aux yeux
a écrit le 11/12/2017 à 9:57 :
Le titre tout comme l’illustration prêtent à confusion. Un logo de la SG aurait peut-être été plus adapté puisque cette décision les honore, tout comme d'autres banques.
Probablement que par rapport aux montants mondiaux investis dans les énergies fossiles ils sont partie négligeable, mais le geste compte et il faut bien commencer par quelque chose. C'est tout de même aux pays occidentaux de montrer l'exemple et de prouver que l'on peut investir dans la protection de l'environnement.
a écrit le 11/12/2017 à 7:11 :
La photo illustre très mal l'extraction des chistes bitumineux!
Travail dans l'urgence? Pas très pro...
Réponse de le 11/12/2017 à 9:05 :
En effet le dogme productiviste, dans quelque soit le domaine n'est pas pro mais hélas imposé par les propriétaires d'outils de production et non initié par les salariés.
a écrit le 10/12/2017 à 22:35 :
Afin d'augmenter le bénéfice, je pense que cette activité sera financé par un nouveau GREEN BOND.
a écrit le 10/12/2017 à 13:33 :
Alors là c’est la vrais debandade intellectuelle .A la suite du CA voila une autre banque qui’’’’’affirme ‘’’’’qu’elle ne financera plus l’exploitation des schistes bitumineux !De qui se moquent ces banques qui pesent au niveau internationnal strictement rien mais qui font croire aux français hyper naifs qu’elles peuvent beaucoup .Comme si les américains et canadiens attendaient les financements français pour extraire leur pétrole !Un seul fond de pension américain peut manger ces deux banques en un rien de temps .Mais voila ,la France qui a été aigle un temps de son histoire est descendue au niveau coq il y a longtemps puis a présent au niveau poussin déplumé .La France pese de moins en moins au niveau internationnal vendant des armes à une dictature arabe qui soutient le terrorisme !Alors les macronades qui se veulent des effets de manches gaullistes n’impressionnent plus personne Halliday dieu du pays parfaitement inconnu à l’étranger c’est tout dire ,on en est là a regarder notre nombril ….
Réponse de le 10/12/2017 à 15:29 :
Rien à ajouter.
Réponse de le 10/12/2017 à 16:22 :
C'est banque sont justement de taille importante sinon elle ne serait pas dans la catégorie des banques systémiques. Arrêtons le french bashing et apprécions enfin nos sociétés françaises qui ne sont pas si mal.
Réponse de le 11/12/2017 à 0:24 :
Au delà des promesses ( qui n'engagent que ...) de quelques banques soucieuses de leur image, l'exploitation des sables bitumineux canadiens (et autres) continuera. L'exportation de cette énergie fossile extrêmement polluante en Europe sera possible grâce au CETA ou traité pour la liberté de polluer sans frontière ....

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