Climat : les banques françaises en tête en Europe

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Les banques françaises devancent leurs homologues européennes dans la lutte contre le changement climatique, encouragées par une législation innovante souligne l'ONG ShareAction. BNP obtient la meilleure note, grâce aux engagements récemment pris d'exclure les financements de projets liés au gaz ou pétrole de schiste.
"Les banques françaises devancent leurs homologues européennes dans la lutte contre le changement climatique, encouragées par une législation innovante" souligne l'ONG ShareAction. BNP obtient la meilleure note, grâce aux engagements récemment pris d'exclure les financements de projets liés au gaz ou pétrole de schiste. (Crédits : ShareAction)
BNP Paribas arrive en tête du classement de l’ONG ShareAction qui promeut l’investissement responsable, suivie d’UBS et HSBC. Deux autres françaises, Crédit Agricole et Société Générale, se hissent dans les premières banques européennes en matière de reporting et de gestion des risques climat.

Cette distribution de bons points tombe à point nommé à la veille du Climate Finance Day organisé à Paris lundi prochain. Les banques françaises sont les bons élèves de la classe quand il s'agit d'engagements dans la lutte contre le changement climatique. L'ONG britannique ShareAction, qui se présente comme le "chien de garde" de l'investissement responsable, dresse un classement des quinze plus grandes banques européennes dans lequel trois françaises s'inscrivent dans les cinq premières places.

Les critères portent sur la qualité du reporting, l'évaluation des risques climat et la gestion de ceux-ci, les produits et services bas carbone, l'engagement public et la collaboration, la stratégie de gestion des risques et des opportunités face aux questions climatiques.

L'atout français d'une "législation innovante"

"BNP Paribas est clairement leader, suivi d'un groupe de challengers", note l'étude, intitulée "Capitaliser sur un avenir bas carbone" : la banque de la rue d'Antin obtient la meilleure note (107 sur 162), suivie, un cran derrière, de la suisse UBS (94) et de la britannique HSBC (92), talonnée par le Crédit Agricole (92) et la Société Générale (89), la néerlandaise ING (82,5) fermant la marche de la catégorie.

"Les banques françaises devancent leurs homologues européennes dans la lutte contre le changement climatique, encouragées par une législation innovante", souligne ShareAction, en référence à l'article 173 de la loi de transition énergétique de 2015 qui a imposé aux investisseurs institutionnels d'intégrer le risque climat et les dimensions environnementales et sociales dans leur communication publique.

Cette étude a été réalisée avant l'annonce par Crédit Agricole, mercredi soir, de nouveaux engagements sur le climat, notamment en matière de financements en excluant tous les projets de sables bitumeux.

Il est précisé dans le rapport de l'organisation à but non lucratif que BBVA est en train de revoir sa stratégie sur les questions climatiques, sa nouvelle politique sera rendue publique fin décembre.

Avantage à la place de Paris dans le contexte du Brexit

Loin derrière, dans la catégorie de "celles qui apprennent" se trouvent Deutsche Bank, Barclays, Santander, BBVA, etc. Dans la catégorie des "spectatrices", l'italienne UniCredit et la britannique Lloyds Banking.

"Trois banques cotées du Royaume-Uni se classent dans les cinq dernières - un message important pour la position de Londres en tant que centre financier mondial alors que la finance bas carbone prend de l'ampleur", relève ShareAction, qui mentionne le contexte du Brexit.

La place de Paris cherche en effet à s'imposer comme la "capitale mondiale de la finance verte" et ne manque pas d'atouts pour prétendre à ce titre. Ce bon classement des banques françaises lui en confère un de plus.

BNP Paribas, qui avait pris en octobre des engagements sur l'exclusion des financements de projets liés au gaz ou pétrole de schiste, récolte les fruits de sa nouvelle politique et s'en réjouit :

"En tant que banque internationale, notre rôle est de contribuer à la transition énergétique et de contribuer à la décarbonation de l'économie. Nous espérons que notre expérience sur ce chemin sera utile à nos pairs dans l'élaboration de leurs propres stratégies climatiques", a réagi Laurence Pessez, la directrice RSE (responsabilité sociale et environnementale) de BNP Paribas.

BNP climat

[Le score de BNP Paribas par catégorie. Crédits : ShareAction]

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Commentaires
a écrit le 10/12/2017 à 17:14 :
Vous plaisantez ou vous êtes sérieux?
a écrit le 09/12/2017 à 11:32 :
Présentation gonflette de la synthèse, Madame Cuny! Votre paragraphe Brexit n'est vraiment pas sérieux (Si maintenant LA TRIBUNE s'exprime comme Voici, Closer et j'en passe, que nous reste t-il de sérieux pour nous informer?).
Remarquez tout de même, Madame Cuny, que sur les 15 banques classées, il y en a 5 anglaises; ces dernières représentent purement et simplement 1/3 des banques retenues par ShareAction. Les 2/3 restants concernent 6 pays du reste de l'europe (et la France seulement 3; même si d'autre c'est pire)!
De plus, la finance bas carbone ne représente (même en France) rien du tout au regard du marché financier européen. Vraiment pas de quoi faire trembler LSE.
Je rajouterai à ça, que je me demande bien "qui", nos banques françaises comptent financer en énergie verte ??? Car la France est TOTALEMENT à la rue, en comparaison de l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, et même toute proportion gardée des pays comme Les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, la Norvège, etc., non seulement en équipement, mais aussi en engouement pour le renouvelable. A dose homéopathique!...
Cocorico n'a jamais rien produit : c'est bien pour cela que notre pauvre pays France est engoncé dans sa misère; croissance potentielle, finance verte potentielle, potentiel intellectuel, etc. Pour ça, du potentiel en France on en manque pas. Comme les discours et l'autosatisfaction... très gros faiseur! Bah... quand est-ce que l'on se tait et que l'on se met au boulot... pour de vrai!?
a écrit le 09/12/2017 à 9:26 :
L'ONG anglaise Shareaction ne fait que livrer du greenwashing - clé en main aux institutionnels, élément indispensable du markering. On a vu ça pour la Cop 21 .
Ne pas confondre aussi arrêt conjoncturel de financement par les banques de certains projets, moins rentables pour le moment, avec nouvelle politique d'investissement ....
a écrit le 08/12/2017 à 9:49 :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/climat-les-banques-francaises-en-tete-en-europe-760715.html
Bravo à USB et HSBC dans le greenwashing !
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Et dans le moneywashing ?
Piqure de rappel :
Comment UBS Suisse a orchestré un vaste système d’évasion fiscale en France
http://www.lemonde.fr/evasion-fiscale/article/2016/02/17/comment-ubs-suisse-a-orchestre-un-vaste-systeme-d-evasion-fiscale-en-france_4866728_4862750.html
Fraude fiscale: la justice française valide la mise en examen de HSBC Holdings Plc
https://fr.finance.yahoo.com/actualites/fraude-fiscale-justice-française-valide-mise-examen-hsbc-141953291--finance.html
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« Ландромате » « Laundromat » ou « Laverie »
- HSBC ?
- Oui présente, prems !
https://www.theguardian.com/world/2017/mar/20/the-global-laundromat-how-did-it-work-and-who-benefited
a écrit le 07/12/2017 à 12:21 :
la France est un des plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre par habitant chez les pays développés, avec Suède/Suisse/Portugal (données 2015 d'Eurostat ; données 2013 du World Resouces Institute). la France est 10e sur 180 de l'Environmental Performance Index (Yale University).
a écrit le 07/12/2017 à 10:36 :
ça c'est la photo d'avant la faillite de Drahi ...
Quand son château de carte va s'écrouler, on va voir dans ce tableau qui a mis la main dans le pôt de configure avarié
a écrit le 07/12/2017 à 9:40 :
La "decarbonisation", diantre, curieux terme, et Paris serait en premiere "place" par l'entremise de ses banques pour promouvoir la finance "verte". On croit rever, mais non, c'est ecrit noir / blc. Paris ville puante au possible, aux encombrements circulatoires dantesques, a son air irrespirable, aux poubelles pleines et degoulinantes (sauf dans les beaux quartiers), moi plus comprendre....Vive le vert.

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