Crypto, cagnotte et assurance connectée : les Fintech qui intéressent les Français

Deloitte Fintech 2018 crypto
Deloitte

Deloitte Fintech 2018 crypto
Deloitte
La bitcoinmania a bien déferlé jusque dans l'Hexagone. Dans la troisième édition de son baromètre sur les Français et les nouveaux services financiers, le cabinet Deloitte a constaté « une entrée fracassante des cryptomonnaies » en termes de notoriété et d'intérêt, très loin devant le conseil automatisé (robo-advisor) par exemple.
Dans cette enquête* réalisée en février dernier par l'institut Harris Interactive, il ressort que, dans l'ensemble, les Français connaissent un peu mieux les Fintech, mais en partant de loin : ils sont 7% à savoir « à peu près ce que c'est » (3 points de plus que l'an dernier) et 15% à avoir « une vague idée ». Plus de 7 Français sur 10 ignorent de quoi il s'agit (78%, en recul de 5 points), et quelques-uns font encore la confusion avec le fitness... Pire du côté des Insurtech (ou Assurtech) : 7% connaissent, 7% ont une petite idée, et 86% ne savent pas.
Une fois informés, 12% des sondés citent spontanément un certain nombre de startups comme la cagnotte Leetchi, l'appli de paiement Lydia, les sites de finance participative KissKissBankBank et Ulule, le Compte Nickel, ou la pionnière américaine Paypal, et 5% des Assurtech (Fluo, Alan).
D'ailleurs, ce sont les cagnottes en ligne et les services de transfert d'argent (virement entre amis par exemple), en progression, derrière les comparateurs, qui sont les plus utilisés (par respectivement 20% et 27% des sondés). Suivent les sites de crowdfunding (16%) et les agrégateurs de comptes (9%). Plus surprenant, 7% déclarent utiliser des cryptomonnaies - ce qui, rapporté à l'échantillon représentatif de la population majeure, signifierait que 3 millions de Français possèdent ou ont acheté des bitcoins et autres ethers, qui ont connu une flambée spéculative l'an dernier.
--
[Les usages ont peu progressé depuis l'an dernier, les cryptomonnaies sortent du lot. Crédits : Deloitte]
En janvier dernier, une enquête d'Odoxa avait montré que « 9% des Français avaient déjà cherché à acheter des monnaies virtuelles » (17% dans la catégorie des 18-24 ans), mais seulement 2% étaient passés à l'acte.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les cryptomonnaies, qui n'étaient pas citées l'an dernier, arrivent en deuxième position comme nouveau service financier ayant le plus de potentiel, derrière les comparateurs, devant les cagnottes et le transfert d'argent, suivis de la santé connectée et des assurances connectées. En queue de classement, les "robo-advisors", des conseillers financiers automatisés.
Personne ou presque n'ayant pu échapper à l'emballement spéculatif et médiatique du bitcoin et autres « alt coins », les cryptomonnaies battent toutes les catégories en termes de notoriété : 75% des Français disent les connaître, plus que les comparateurs (71%), le transfert d'argent et les cagnottes qui font un bond de 15 points à 65%. Les agrégateurs de comptes (Bankin, Linxo) et les robo-advisors (comme Yomoni ou Advize), souffrent encore d'un vrai déficit de notoriété. Et peut-être aussi de pédagogie sur l'utilisation du service et la valeur ajoutée qu'ils apportent.
Interrogés sur les services susceptibles de les intéresser, les sondés placent les cryptomonnaies en dernier, mais 36% des Français tout de même se disent intéressés. Ils plébiscitent les comparateurs et les assurances connectées (habitation, auto, santé), devant l'agrégation de comptes, le transfert d'argent et les cagnottes.
[Plus d'un tiers des Français se disent intéressés par les cryptomonnaies. Les deux tiers le sont par les comparateurs de prix et de services. Crédits : Deloitte]
Les agrégateurs comme Bankin, Linxo et Budget Insight, qui se positionnent de plus en plus comme des aides à la gestion de ses finances, ont en effet obtenu l'agrément d'initiation de paiement et d'information sur les comptes, qui leur permet de réaliser des virements de compte à compte et de proposer de nombreux services, au-delà de leur actuel tableau de bord des dépenses, par exemple la renégociation d'un crédit.
À lire également
Cependant; les experts de Deloitte relèvent que « le paysage bancaire et assurantiel évolue doucement » et les Français continuent de faire principalement confiance aux acteurs traditionnels. C'est dans le crédit à la consommation (6%) et les produits bancaires du quotidien (6% aussi) que les Français sont le plus prêts à souscrire un service financier auprès d'un nouvel entrant innovant, mais moitié moins qu'auprès des groupes de distribution.
--
[Les Français continuent à faire principalement confiance aux banques et assureurs traditionnels. Crédits : Deloitte]
* Enquête réalisée en ligne par l'institut Harris Interactive du 5 au 15 février 2018, auprès d'un échantillon de 2.000 personnes représentatives de la population française de 18 à 70 ans.