Un ballet de femmes et d'hommes d'affaires entrent et sortent de la « Brewery », une ancienne brasserie en pierre ocre, en plein cœur de Londres. Téléphones vissés à l'oreille, costumes trois pièces et tailleurs-pantalons, ils ne sont pas venus prendre part à une dégustation select de bières IPA. Car c'est ici, dans ce superbe bâtiment du 18e siècle situé à deux pas du centre culturel Barbican, que s'est tenu, les 20 et 21 mai, le « Impact Investor Global Summit », sommet international dédié à la finance à impact.
Cet événement accueille tous les ans, pendant deux jours, des financiers du monde entier venus faire du réseau, chasser des clients, et partager leur expertise. Or, cette année, on se retrouve autour de currys végétariens et de crèmes de kefir au citron avec un sentiment d'hébétude. Contrairement au soleil de cette belle journée de printemps, qui a donné à certains le plaisir coupable de tomber la veste, le moral n'est pas vraiment à la fête.
Depuis l'élection de Donald Trump et sa salve de mesures anti « diversité, environnement et inclusion » qui ont rendu les investissements fédéraux dans certains fonds étiquetés à impact contentieux, voire illégaux, le secteur traverse une véritable crise existentielle. Les investisseurs du monde entier ont fui les fonds ESG. Ils ont connu un exode vertigineux, avec 8,6 milliards de dollars de décollecte à travers le monde sur les trois premiers mois de l'année, selon l'agrégateur de données Morningstar.