Les dirigeants de Wendel en ont assez d'être mis en accusation

Lors de son assemblée générale, lundi, la société d'investissement a vivement réagi aux accusations d'abus de bien social et de délit d'initié dont elle fait l'objet de la part d'un ancien cadre. Ses dirigeants sont en revanche restés très silencieux sur la procédure engagée par le fisc à l'encontre de quinze membres ou ex-membres de sont état-major.
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Copyright Reuters (Crédits : AFP)

La coupe est pleine, pour Wendel. Lundi, lors de l'assemblée générale de la société d'investisement, les premiers mots de Frédéric Lemoine, président du directoire, ont concerné les "accusations incessantes" dont le groupe fait l'objet et qui "ternissent son image." La semaine dernière, le quotidien Libération révélait que Wendel faisait l'objet d'une plainte pour abus de biens sociaux, délit d'initié et manipulation de cours, visant Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance, et Jean-Bernard Lafonta, ancien président du directoire. Cette plainte a été deposée par Arnaud Descleves, l'ex-directeur juridique de Wendel, en conflit avec son ancien employeur depuis son départ, en 2009. "Arnaud Descleves remet à une nouvelle sauce une vieille affaire", déplore Frédéric Lemoine.

La plainte pour abus de sociaux avait été rejetée

La vieille affaire, c'est le fameux dossier Solfur, qui avait été soulevé en 2008 par Sophie Boegner, une cousine d'Ernest-Antoine Seillière. A l'époque, celle-ci avait déposé plainte contre une quinzaine de dirigeants de Wendel, dont le baron Seillière et Jean-Bernard Lafonta, pour abus de biens sociaux. Sophie Boegner leur reprochait d'avoir mis la main - en 2007 - sur 324 millions d'euros d'actions Wendel via le rachat de la société Solfur, qui détenait 4,6% de Wendel, pour 79 millions d'euros seulement. Un prix d'ami qui avait donc permis aux 15 dirigeants d'engranger une trés coquette plus-value de l'ordre de 245 millions d'euros, au total.
Depuis, Sophie Boegner a ete déboutée de sa plainte : en avril dernier, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé le non-lieu accordé à Ernest-Antoine Seillière et a Jean-Bernard Lafonta.

Un vente de titres juste avant la crise des subprimes

"Pourtant, j'ai encore constaté, ces derniers mois, une activité néfaste de la part de Madame Boegner, auprès de la presse, du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, ainsi qu'auprès de personnes aujourd'hui ministres du gouvernement", grince Frédéric Lemoine. De fait, dans sa plainte, Arnaud Descleves, qui "a rejoint Sophie Boegner" selon Frédéric Lemoine, reprend l'accusation d'abus de bien social du dossier Solfur, et y ajoute celles de délit d'initié et de manipulation de cours.

En effet, alors que les 15 dirigeants qui avaient obtenu 324 millions d'euros d'actions Wendel via le rachat de Solfur s'étaient engagés à garder ces titres durant un certain temps, Seillière et Lafonta en auraient rapidement vendu une partie, pressentant une chute du cours de Bourse de Wendel dans le cadre de la crise des subprimes, qui commencait alors à éclater, à l'été 2007. Ces ventes auraient permis aux deux hommes d'empocher des plus-values, contrairement aux dirigeants qui avaient respecté l'engagement de conservation, parmi lesquels se trouvait... Arnaud Descleves, et dont certains sont dans une situation financière delicate, l'action Wendel ne valant plus aujourd'hui que 51,9 euros, contre 140 euros mi-2007.

Un abus de droit fiscal qui porterait sur 240 millions d'euros

Mais "Arnaud Descleves fournit a le presse des informations trompeuses, tronquées", tempête Frédéric Lemoine, qui indique avoir déposé plainte la semaine dernière pour dénonciation calomnieuse : "Je suis choqué par ces allégations. Wendel est agressé. Je me suis longtemps tû, mais la gravité de ces attaques ne peut plus être passée sous silence. Ce petit jeu est inacceptable." En revanche, Frédéric Lemoine s'est bien gardé de s'en prendre au fisc, qui réclame 240 millions d'euros aux 15 cadres et ex-cadres de Wendel, au titre d'un abus de droit qui aurait été constitué dans le cadre de l'affaire Solfur. Le Comite de l'abus de droit fiscal, qui arbitre les litiges entre le fisc et les contribuables, viendrait d'ailleurs de donner raison au fisc, en jugeant fiscalement incorrect le montage financier mis en place à l'epoque, selon le Journal du Dimanche du 3 juin. Wendel ne semble pas avoir fini de se sentir agressé.
 

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Commentaires 6
à écrit le 05/06/2012 à 18:11
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il y a fort à parier que la "cousine " déboutée était peut être dans le vrai...le fisc lui n'a pas hésité à réclamer son du et il n'y a pas de procédure à son encontre...la famille devrait considérer ce que le baron lui a rapporté et faire la balance...

à écrit le 05/06/2012 à 14:39
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En d'autres temps ils auraient été sans doute pendus, donc qu'ils ne se plaignent pas, d'ailleurs personne ne leur a demandé de faire ce qu'ils ont fait.

à écrit le 05/06/2012 à 13:11
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"Frédéric Lemoine s'est bien gardé de s'en prendre au fisc..." Là, beaucoup plus discrets, en effet... Pauvres agressés.

à écrit le 05/06/2012 à 11:26
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N'oublions pas l'affaire qui a permis à M. SEILLIERE de gagner 83 millions? sur un trait de plume, lors d'un conseil d'administration.

le 05/06/2012 à 14:04
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N'oublions aussi l'achat de la sidérurgie (comité des forges appartenant aux Wendel) par l'état au plus fort, avant que ces entreprises ne coulent et que se soit le contribuables qui paient trois fois (à l'achat, au démantèlement, et aux pots cassés ...

à écrit le 05/06/2012 à 11:05
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Le Baron et ses associés ne sont pas contents, leur belle machine à cash a des soucis avec le fisc et compte tenu du contexte actuel, ils ont toutes les raisons d'être inquiets.

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