G. Bekerman : "L'assurance vie est un service public"

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L'assemblée générale de l'AFER (Association française d'épargne et de retraite), dont les contrats sont garantis par Aviva, se tient ce mardi 26 juin à Biarritz. Gérard Bekerman, président de l'AFER, revient sur certaines résolutions déposées et sur les actions qu'il compte mener pour le compte de ses adhérents. Entretien.

Où en est aujourd'hui l'AFER, en termes de résultats, de nombre d'adhérents... ?

Fin 2011, l'AFER affichait un encours de 45 milliards d'euros, et compte à ce jour 720 000 adhérents détenant un patrimoine moyen de 62 000 euros. Depuis le 1er janvier 2012, nous avons gagné quelque 7 000 nouveaux adhérents.

La décollecte (quand les retraits sont plus importants que les versements) sur l'assurance vie vous inquiète-t-elle ?

Les compagnies d'assurance déplorent la décollecte, mais nous avons un autre message : notre contrat rend service. Pendant des décennies, les Français ont pu épargner. Les temps sont devenus plus difficiles. Il est normal qu'ils désépargnent pour pallier aux aléas de la vie. Quand l'AFER a été créée, en 1976, c'était avec une double philosophie : la liberté des versements et la liberté des retraits.
Aujourd'hui sur le fonds garanti, nous avons réalisé 800 millions d'euros de collecte brute (versements) depuis le 1er janvier et les rachats, totaux et partiels, ont représenté environ 1 milliard d'euros, hors décès. Notre collecte nette est aujourd'hui négative de 200 millions d'euros environ, ce qui, rapporté à un encours total de 45 milliards d'euros, ne représente pas une proportion significative. Nous espérons une évolution plus favorable au deuxième semestre. Si l'assemblée générale le décide, nous allons baisser le ticket d'entrée de notre contrat à 100 euros contre 800 euros à l'heure actuelle. Et pour chaque événement heureux de la vie, l'association offrira, sur cette adhésion de 100 euros, les droits d'entrée de 20 euros.
Le risque semble moins venir de la décollecte que de l'autre côté de la Seine, de Bercy.

Entendez-vous par là que la fiscalité de l'assurance vie sera réformée ?

L'AFER va faire entendre sa voix. L'assurance vie doit être respectée pour sa finalité. Nous essayons de sensibiliser les pouvoirs publics à l'idée que l'assurance vie est en quelque sorte un service public qui s'appuie sur quatre piliers : faire face aux aléas de la vie, financer nos entreprises, financer la dette publique et transmettre son patrimoine.
L'épargne que les Français ont constituée doit être respectée. Ce n'est pas injuste d'avoir mis des économies de côté toute sa vie. Ce serait injuste de les taxer à tous les moments de la vie : avant, pendant et après.

Le relèvement du plafond du livret A peut-il vous faire du tort ?

Avec un seuil minimal de 100 euros, nous entendons démocratiser l'assurance vie. Et il est sans doute préférable d'avoir 100 euros à long terme sur un contrat d'assurance vie qui finance les PME, que 100 euros à court terme sur un livret dont la finalité économique devrait être précisée.

Que vous inspire la résolution déposée qui appelle à votre révocation ?

Comme d'habitude, cette résolution est déposée par les mêmes qui s'opposent à l'Afer depuis plus de dix ans. C'est non statutaire et fantaisiste de poser une telle question, surtout de la part d'un courtier professionnel qui connaît le contrat Afer. Un tout petit groupe de courtiers s'est infiltré dans notre association, tel un cheval de Troie, pour défendre ses intérêts personnels. C'est leur manière d'exister.
Un adhérent Afer est un électeur qui a confié son argent pour être protégé, pas pour être importuné par les problèmes d'intermédiaire d'assurance.
L'Afer, elle, est tournée vers l'avenir et est heureuse de coopérer avec plus de 2 000 distributeurs proches des adhérents.

Pourquoi ne pas alors révoquer ceux qui font du tort à l'AFER ?

Vous avez raison, ils font du tort à l'association, même si l'immense majorité des adhérents font confiance à l'Afer. Notre philosophie n'est pas d'attaquer, mais de protéger. L'Afer tend la main, elle ne révoque pas. On ne révoque pas la démocratie. Il est normal que dans une démocratie de 720 000 personnes, une opposition se manifeste et puisse s'exprimer librement. Oui, l'image de l'Afer peut subir un préjudice insi que les adhérents. Et dans ce cas, nous n'hésitons pas à agir en justice. Il faut savoir que ces quelques intermédiaires viennent de subir trois condamnations judiciaires contre l'Afer. Ils tentent tout simplement de cacher cet échec. Ils devraient avoir la décence de ne pas perturber une assemblée générale d'adhérents. Si deux ou trois intermédiaires ont des problèmes, nous les invitons à s'adresser à notre partenaire assureur, pas à nous.

Votre rémunération (212 400 euros bruts) fait l'objet d'une résolution. Considérez-vous qu'elle est indécente ?

C'est une question sensible et importante. Le Conseil d'administration estime que cette rémunération doit être la légitime contrepartie d'un travail et d'une responsabilité.
Nous sommes à une époque où les rémunérations des responsables sont souvent décriées, parfois à juste titre. Il faut avoir des rémunérations « normales ». Mais contrairement à l'affirmation de la résolution déposée par « ce courtier », la rémunération du président de l'Afer est tout à fait normale au regard des responsabilités et de la charge de travail. Un grand cabinet d'expertise le confirme. Le président de l'Afer n'a pas de stock options, pas de bonus, pas de primes. Peut-on confier son argent à un bénévole ? Je me poserais des questions. Des règles fortes de gouvernance ont été établies depuis cinq ans. L'Assemblée générale se prononce sur les rémunérations en parfaite connaissance de cause et en pleine démocratie.
Je suis gentil avec ces quelques courtiers qui se posent la question des rémunérations ; moi, je ne leur ai pas demandé la leur...

Une autre résolution concerne les prélèvements sociaux. Aviva en a-t-elle vraiment trop perçu en 2011 ?

L'Afer doit et s'est évidemment posé la question sans avoir attendu une telle résolution. La deuxième loi de Finances a prévu en septembre dernier d'augmenter les prélèvements sociaux de 12,3% à 13,5% sur les intérêts acquis et constatés à partir du 1er octobre 2011. Pour le contrat collectif d'assurance vie Afer, comme pour la plupart des contrats du marché, le fait générateur, l'inscription en compte, est à la clôture de l'exercice comptable, donc le 31 décembre de chaque année.
L'Afer avait alors interpellé Bercy et son partenaire Aviva pour que ces prélèvements soient calculés au prorata temporis. Nous attendons aujourd'hui la réponse à une demande de rescrit pour que Bercy clarifie les règles du jeu. Je présume que notre partenaire attend une réponse officielle pour nous donner satisfaction comme nous le demandons.
Il convient aussi de remettre le sujet en perspective. De quoi parlons- nous en fait ? Sous réserve d'une confirmation de Bercy, le calcul sur 2011 permettrait de restituer environ 5 euros pour une épargne de 22 000 euros, et quoi qu'il en soit, il ne s'agit que d'un acompte de prélèvements sociaux qui seront liquidés en cas de sortie.
 

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Commentaires
a écrit le 04/07/2012 à 20:24 :
j'étais à l'AG du 26 juin, le discours du président s'est terminé sous les huées. par ailleurs nous étions environ 300 personnes alors qu'il y a 720000 adhérents, mais Biarritz est trsè excentrée. Trop d'adhérents donne pourvoir en blanc au président ce qui lui permet de tout faire voter selon ses options ! C'est un problème, touit comme le montany de ses émoluments !
Réponse de le 16/07/2012 à 10:59 :
Depuis l'AG de Lyon je me bats pour essayer de faire entendre ma voix qui dénonce certains agissements du conseil d'administration et du président en particulier. Jamais de réponse à mes LRAR qui lui sont adressées. Je l'ai interpellé à une AG régionale à Dijon et l'on m'a coupé le micro vu la teneur de mes propos. Ne parlons pas de certains courtiers qui suivent à fond sa ligne et qui disent tout ignorer. Réveillons nous et exigeons des comptes clairs et réels. Il ne faut plus envoyer de pouvoirs en blancs au président ou au conseil d'administration. Il est facile de comprendre qu'ils jouent sur du velours dans ces cas là. A quand une AG au fin fond de la Creuse avec 50 adhérent sur 720.000?
a écrit le 27/06/2012 à 5:21 :
Sans connaître cet homme ou cette association autre que de réputation, il est intéressant de relever quand des responsables économiques de secteurs toujours plus nombreux tentent de modifier le modèle profond de leurs métiers pour en faire des métiers de rente. C'est le signe le plus sûr que nous ne sommes plus dans une économie libre, mais administrée au profit d'une capitalisme de connivence.
Dire que l'assurance vie est un service public revient à demander la nationalisation de toute production. Au monde des bisounours, qui peut se permettre de dire que la production et la livraison de pain n'est pas un service public? Et celle de bonheur alors? A quand les maisons closes d'état?
Lamentable de la part de nos élites prétenduement libérales!
a écrit le 26/06/2012 à 18:25 :
Mr Bekerman est un truand qui se sucre sur le dos des adhérents de l'AFER (montant exhorbitant de sarémunération pour une association,Taux d'indexation de son salaire énorme, etc ,, etc°
Réponse de le 16/07/2012 à 10:44 :
Parfaitement d'accord avec Jeanne d'Arc sur son jugement. Je ne comprend pas que les adhérents ont les yeux bouchés à ce point. Unissons nous pour exiger des comptes précis et réels

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