Les banquiers d'affaires travaillent beaucoup... pour peu de résultats
Christine Lejoux
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Beaucoup de travail pour peu de résultats. Ainsi peut se résumer la situation actuelle des banquiers d'affaires. Au premier semestre, les fusions et acquisitions impliquant une entreprise française, qu'elle soit acquéreur ou cédant, ont chuté de 64%, à 39 milliards de dollars (31 milliards d'euros), selon Thomson Reuters. Des chiffres qui pourraient laisser penser que les banquiers d'affaires sont au chômage technique. Il n'en est rien. "En réalité, le marché reste très actif. Mais le taux de "déchet" est important", confie le responsable des fusions et acquisitions d'une grande banque étrangère. "Nous sommes dans un marché complexe, avec beaucoup de travail pour un volume d'opérations qui reste assez faible, au final", renchérit Stéphane Bensoussan, directeur des fusions et acquisitions chez HSBC France.
Beaucoup de vendeurs mais peu d'acheteurs
Banques ou assureurs contraints de céder des actifs en vertu de nouvelles réglementations, industriels pressés par les marchés financiers de se désendetter, entreprises désireuses de quitter la Grèce, épicentre de la crise, à l'image du Crédit agricole et de Carrefour... Si les projets de rapprochement ne manquent pas, c'est parce que les vendeurs potentiels sont légion. Et ce, malgré des valorisations boursières qui restent très faibles. Le hic, c'est que les acquéreurs, eux, sont aux abonnés absents, tétanisés par une économie européenne au point mort et une crise de la dette qui joue les prolongations.
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"Nous avons beaucoup de mandats de vente, plus que de mandats d'achat. Un tabou est tombé : les vendeurs n'hésitent plus à mettre des actifs en vente, même s'ils ne sont pas sûrs que le processus aboutisse, ou bien avec l'idée d'arbitrer entre plusieurs cessions, en fonction de l'appétit rencontré. Et, en effet, il y a parfois des échecs sur les mandats de vente, les acquéreurs gardant une profonde aversion au risque et étant plus sélectifs dans leurs critères d'investissement", explicite Stéphane Bensoussan.
Christine Lejoux
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