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Dans le football européen, des supporteurs ont (par endroit) déjà le pouvoir

Jessica Dubois

Publié le 01 mai 2013 à 06:23

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Trois modèles différents existent, en Angleterre, en Allemagne et en Espagne. Mais pas toujours avec des resultats probants.

Dans le football aussi, le modèle allemand est érigé comme le meilleur. Outre-Rhin, c'est la loi, les clubs doivent appartenir à 50% +1 voix à leurs supporteurs, au sein d'associations sportives à but non lucratif. Seuls le Bayer Leverkusen et le Vfl Wolfsburg, qui sont détenus par des entreprises depuis leur création, y échappent. Le modèle est le même en Suède.

Le résultat, c'est que les clubs allemands figurent parmi les plus rentables d'Europe. "Les intérêts de supporteurs sont les mêmes que ceux du club : ils ne veulent pas prendre mais donner de l'argent", analyse David Lampitt, directeur général de Supporters Direct, une association britannique ayant pour objectif de promouvoir l'actionnariat populaire dans le sport.

Du succès aussi sur le terrain

La popularité du football est forte en Allemagne, les tarifs d'accès aux stades étant raisonnés. Et la gestion des clubs s'inscrit plus dans le long terme, selon les analyses de Supporters Direct et de l'association A la nantaise, qui vient de lancer une levée de fonds pour devenir actionnaire du FC Nantes. "Et ils ont du succès sur le terrain aussi", souligne David Lampitt. Le 25 mai, la finale de la ligue des champions devrait se disputer entre deux clubs allemands, le Borussia Dortmund et le Bayern Munich.

Le directeur général de Supporters Direct ajoute cependant que cette structure n'explique pas seule la réussite du modèle allemand, "mais c'est la combinaison de cette structure et de la réglementation qui existe depuis une vingtaine d'années".

Actionnariat associatif au Royaume-Uni

Face à ce modèle allemand, le modèle britannique repose sur des associations de supporteurs rachetant des actions de leurs clubs. Au total, il y aurait 200 clubs au Royaume-Uni qui seraient, en partie, aux mains de leurs supporteurs. Pour 33 d'entre eux, ils seraient même actionnaires majoritaires. Portsmouth est ainsi détenu à 51% par des actionnaires, le club de Swansea l'est à 20%, explique Ronan Evain, secrétaire d'A la nantaise et spécialiste du supportérisme. Le FC Arsenal appartient à 3,5% à une association de supporteurs, rachetant chaque mois des parts du club coté en Bourse.

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Le modèle se base donc sur des initiatives locales et associatives. Et, toujours selon ses défenseurs, il présente en bilan financier positif, du fait de la transparence financière et le gestion durable qu'il implique.

Le modèle est également proné par la Commission européenne et l'UEFA (union européenne des associations de football). Ce sont eux qui fournissent des aides financières à Supporters direct pour développer l'actionnariat populaire dans le football. "Les clubs de football, en général, sont très dépendant d'une personne, ce qui ne permet pas une approche sereine", explique Olivier Sieuzac, conseiller d'A la nantaise. Si le club connaît des problèmes de gouvernance, le jeu peut s'en ressentir. A l'inverse, en cas de succès "les retombées économiques doivent être capitalisées et mises de côté, pour qu'en période de vache maigres on puisse faire face", poursuit Olivier Sieuzac.

Les "socios" espagnols

Autre exemple d'actionnariat populaire, le modèle espagnol - également présent au Portugal et à Malte - se traine cependant quelques casseroles. Ce modèle, c'est celui des "socios" : les supporteurs, membres d'une associations sportive à laquelle ils versent une cotisation annuelle, sont propriétaires du club, à 100%. Le FC Barcelone et le Real Madrid, entre autres, ont contribué à populariser ce modèle en Europe.

Régulièrement, les socios sont appelés à élire leur président. Mais les promesses électorales qui en découlent entrainent souvent de graves dérives financières constatent les promoteurs de l'actionnariat populaire. "Plus de 60% de l'argent de la Liga va dans les droits de retransmission télévisée", ajoute David Lampitt. Le modèle manque de régulations.

À lire également

  • Les supporteurs du FC Nantes se préparent à l'actionnariat populaire
  • La taxe à 75%, un choc négatif de compétitivité pour le football français
  • Scandales dans le football: l'histoire était écrite
  • Euro 2012: quand les supporteurs belges se vendent aux enchères

>> Lire aussi : Football : Les supporteurs du FC Nantes veulent des actions (du club)

Jessica Dubois

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