Le numéro un de la gestion d’actifs en Europe devient, avec le rachat de Lyxor pour 825 millions d’euros, le leader européen des fonds indiciels (ETF). Avec cette cession, Société Générale acte sa sortie du métier de la gestion d’actifs et privilégie désormais l’architecture ouverte pour son offre de produits d’investissement.Société Générale tourne la page de sa filiale emblématique Lyxor, spécialisée dans la gestion alternative et la gestion indicielle. La banque de La Défense a annoncé ce jour l'entrée en négociations exclusives avec Amundi, filiale cotée du Crédit Agricole et numéro un européen de la gestion d'actifs, pour lui céder Lyxor pour 825 millions d'euros en cash (soit 0,66% des encours). Le périmètre cédé porte sur 124 milliards d'euros d'actifs sous gestion, sur un total de 164 milliards d'euros, Société Générale conservant certaines activités pour le compte de clients.
Le prix est inférieur aux premières estimations, autour du milliard d'euros, mais supérieur aux derniers chiffres avancés ces dernières semaines, autour de 500 millions d'euros. La plus-value de cession nette, qui serait comptabilisée à la finalisation de l'opération en février 2022,, sera d'environ 430 millions d'euros, précise la banque. En outre, cette cession aurait un impact positif d'environ 18 points de base sur le ratio de solvabilité CET1 du groupe bancaire.
Deuxième fournisseur d'ETF en Europe
L'annonce n'est pas vraiment une surprise. Amundi était considéré comme le grand favori pour reprendre Lyxor. D'autres candidats, comme le gestionnaire d'actif allemand DWS ou de l'Américain State Street, avaient regardé le dossier, avant de se retirer. Société Générale et Amundi ont une histoire commune dans la gestion d'actifs. C'est en effet la fusion, en 2009, de Société Générale AM (SGAM) et de Crédit Agricole AM (CAAM) qui donna naissance au groupe Amundi. Mais Lyxor ne faisait pas alors partie de la corbeille de mariage.
Pour Amundi, champion européen de la gestion active (1.720 milliards d'euros d'encours fin 2020), ce rachat lui permet de faire un saut significatif sur le marché de la gestion indicielle, qui connaît une forte croissance en Europe depuis quelques années. « L'acquisition renforcera nos expertises, notamment dans les ETF et la gestion alternative », avance Amundi dans son communiqué. Au total, Amundi devrait devenir le deuxième fournisseur d'ETF en Europe (142 milliards d'encours, soit 14 % de part de marché), derrière le géant américain BlackRock, numéro un incontesté.