Bouygues Telecom : les objectifs revus à la baisse font plonger le titre du groupe
latribune.fr
Bouygues Telecom a fait savoir que son chiffre d’affaires « Services » et son Ebitdaal pour 2026 seraient finalement « inférieurs aux chiffres présentés » début 2021.
Le titre de Bouygues a chuté de plus de 5% à la Bourse de Paris dans les premiers échanges ce jeudi, avant de se stabiliser autour d'une baisse de 4%. Il pâtit de la révision à la baisse de deux indicateurs financiers de sa filiale Bouygues Telecom pour 2026.
Journée noire pour Bouygues. Dans les premiers échanges, le titre a plongé à la Bourse de Paris jusqu'à -5,38% vers 9h40 heure locale (7h40 GMT), à 28,50 euros, se positionnant en dernière place d'un indice CAC 40 en baisse de -1,02%, à 7.500,32 points. Il s'est depuis stabilisé autour des 28,95 euros, soit une baisse de l'ordre de -4% comparé à la veille.
Cette baisse témoigne encore un peu plus de la période compliqué que traverse le titre de Bouygues depuis début juin, son action n'ayant pas dépassé les 33 euros. Une situation qui tranche avec le début d'année où elle a toujours été au-dessus de ce seuil. Il faut même remonté à l'été 2023 pour la retrouver au niveau actuel, autour des 28 euros.
Cette dégringolade est la conséquence directe de la révision des objectifs financiers pour 2026 de sa filiale Bouygues Telecom, faite ce jeudi.
Dans un communiqué, l'opérateur a indiqué que son chiffre d'affaires « Services », c'est-à-dire les recettes de ses abonnements fixes et mobiles, et son excédent brut d'exploitation après loyer (Ebitdaal) seraient « inférieurs aux chiffres présentés lors du CMD », à savoir le « Capital Markets Day », une journée d'information pour les investisseurs qui a eu lieu en janvier 2021, où il leur avait dévoilé son plan stratégique pour les cinq années à venir.
Reste que Bouygues Telecom ne précise pas dans son communiqué les nouveaux montants attendus, empêchant la comparaison. Il y a cinq ans en tout cas, il avançait viser un chiffre d'affaires « Services » supérieur à 7 milliards d'euros et un Ebitdaal de 2,5 milliards d'euros. Ce qui reste inchangé, en revanche, est son objectif de « Free Cash-Flow avant BFR d'environ 600 millions d'euros en 2026 ».
Bouygues Telecom justifie ce changement par « une baisse attendue de l'ABPU Mobile », terme qu'il utilise pour désigner les revenus générés en moyenne par chaque abonné, et par « l'impact en 2025 de la fin des couvertures sur les prix de l'énergie prises en 2020 et 2021 ».
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L'opérateur relève« un ralentissement de la croissance en volume »du marché grand public et une concurrence« accrue depuis le 2e trimestre »2024. Ce qui l'a poussé à lancer une« nouvelle stratégie de conquête et de fidélisation »de clients pour atteindre une« croissance rentable dans un marché agité ».
Cela prendra la forme d'une nouvelle marque, baptisée B.iG, qui sera lancée le 7 octobre prochain et qui proposera « des offres groupées attractives incluant une box et plusieurs lignes mobile afin de favoriser les foyers multi-lignes », est-il expliqué. « Cette nouvelle stratégie marketing permettra une croissance rentable dans un marché agité », présage l'entreprise.
Stratégie de prix
Les annonces de Bouygues suggèrent « le retour d'une stratégie de prix motivée par (la conquête) de parts du marché, donnant la priorité aux volumes », ont commenté dans une note les analystes de Stifel. Bouygues a par ailleurs confirmé ses objectifs de flux de trésorerie disponible à horizon 2026, une stabilité due notamment à la baisse des investissements, estime Stifel, qui y voit aussi un reflet de « l'attention du groupe pour la génération de cash et le retour à l'actionnaire ».
Malgré ce contexte, Bouygues Telecom se veut « confiantedans sa capacité à générer un cash-flow significatif de manière durable ». Elle ne change ainsi pas ses objectifs pour cette année 2024. Pour rappel, elle vise cette année un « chiffre d'affaires facturé aux clients en croissance par rapport à 2023, un Ebitdaal supérieur à 2 milliards d'euros, et des investissements d'exploitation bruts d'environ 1,5 milliard d'euros hors fréquences ».