Brexit : la place financière de Paris déroule le tapis rouge aux entreprises internationales

La place financière de Paris se dit "prête à accueillir encore plus largement les entreprises qui souhaitent renforcer leur implantation dans l'Union Européenne."
Christine Lejoux

3 mn

La place de Paris rappelle qu'elle dispose de forts atouts.
La place de Paris rappelle qu'elle dispose "de forts atouts." (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Après les regrets, place aux opportunités. "La Place de Paris prend acte, avec regrets, de la décision souveraine du peuple britannique de sortir de l'Union Européenne", a annoncé vendredi, dans un communiqué, Paris Europlace, l'association chargée de promouvoir la place financière de Paris. Pour autant, "la priorité doit être de relancer la dynamique de la zone euro et de reprendre le contrôle des infrastructures de compensation, qui ne sauraient être situées en dehors de la zone euro, notamment
pour des raisons de gestion des risques et de stabilité de la monnaie", décrète l'association présidée par Gérard Mestrallet.

Pour cette dernière, l'Europe doit mener des négociations "sans concessions" sur les conditions de sortie du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni, en dehors de l'Union Européenne, "n'appartient plus au marché unique européen et doit être considéré comme un pays tiers", insiste Paris Europlace. Pour qui le Royaume-Uni doit donc "perdre le bénéfice du passeport européen pour l'accès aux marchés financiers." La perte de ce passeport, qui permet à toute société de services financiers agréée par le régulateur d'un pays de l'Union européenne d'exercer son activité dans l'ensemble des autres Etats membres de l'UE, serait un coup dur pour la City britannique.

La banque américaine JPMorgan, qui emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni, a donc prévenu vendredi qu'elle pourrait déplacer des emplois hors du pays. "Nous aurons peut-être besoin d'apporter des changements à la structure de notre entité légale européenne, et à la localisation de certains emplois", a indiqué la direction de la banque dans un mémo interne consulté par l'AFP. Son PDG, Jamie Dimon, avait estimé, avant le scrutin, que 1.000 à 4.000 emplois pourraient être déplacés. De la même façon, la banque britannique HSBC avait évoqué la possibilité de déplacer un millier de personnes à Paris. "Nous avons une importante activité bancaire en France, donc nous avons l'option de déplacer des employés actuellement à Londres vers Paris, si nécessaire", avait prévenu le président de l'établissement, Douglas Flint, au printemps. Au total, le Brexit pourrait coûter 70.000 à 100.000 emplois au secteur des services financiers britanniques, d'ici à 2020, selon le cabinet PwC.

La place financière de Paris a bien conscience du potentiel que le Brexit pourrait représenter pour elle-même, et ne s'est pas privée de rappeler vendredi qu'elle dispose "de forts atouts", notamment un pôle de gestion d'actifs pesant 3.600 milliards d'euros et cinq banques figurant parmi les vingt premiers groupes bancaires européens. La place financière de Paris se dit par conséquent "prête à accueillir encore plus largement les entreprises qui souhaitent renforcer leur implantation dans l'Union Européenne." Mais d'aucuns estiment qu'un Brexit pourrait profiter aux places financières de Dublin, Francfort ou Luxembourg, bien plus qu'à celle de Paris. Frankfurt Main Finance, une association de défense des intérêts de la place francfortoise, a d'ailleurs lancé une hotline, un site internet et une campagne sur les réseaux sociaux intitulée - en anglais dans le texte -"Welcome to Frankfurt - What can we do for you?" "Nous pensons qu'entre 1,5 et 2% des emplois financiers de Londres pourraient arriver à Francfort dans les cinq années qui viennent, soit de 10.000 à15.000 emplois", a déclaré à l'AFP son directeur, Hubertus Väth.

Christine Lejoux

3 mn

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Commentaires 21
à écrit le 25/06/2016 à 21:26
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Le Président avait pourtant dit que son ennemi était la Finance (peut-être plutôt la spéculation effrénée détachée de la réalité ?). On ne peut donc pas accueillir la Finance en France, sinon c'est pas cohérent. :-) Certains disent qu'il faut un noy...

à écrit le 24/06/2016 à 23:50
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C'est l'heure des comptes du courage politique. Si les gouvernants français ont tiré les leçons des quinze dernières années marquées par le dumping fiscal et social britannique tout azimut, alors ils doivent appliquer les mêmes méthodes : baisser mas...

à écrit le 24/06/2016 à 23:25
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C'est une chance pour Paris d'essayer de récuperer ces emplois qui vont quitter Londres mais il faut que la France prépare un forfait fiscal spécial Post Brexit car pour le moment , personne ne viendra dans cet enfer fiscal et avec des prélèvements s...

à écrit le 24/06/2016 à 17:32
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C'est clair que BNP qui a exfiltré 4.000 employés hautement qualifiés, bien payés vers Londres va se précipiter pour les renvoyer à Pyong Yang ? Ce qui s'est passé ce matin va profiter à Luxembourg et Dublin...

à écrit le 24/06/2016 à 17:20
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tres spirituel on ne peut reprocher l'initiative, hein mais personne ne va venir s'installer dans un pays ou l'ennemi c'est l'entreprise ( et je ne parle meme pas de ""la finance"") et ou a chaque moment on risque de se faire nationaliser ou dailym...

à écrit le 24/06/2016 à 17:04
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Si on comprends bien, seul le Brexit peut rendre attractive la place financière de Paris...à quand une sortie de l'UE de l'Allemagne...

à écrit le 24/06/2016 à 16:04
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Ha bon? moi qui croyait que la finance était l'ennemie, bien évidemment la City a bien d'autres raisons que la sortie prepresidentielle de ne pas venir mais certain font semblant de croire et espère qu'il y en a encore beaucoup qui y croient (ils se ...

à écrit le 24/06/2016 à 15:52
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Pour les financiers anglais qui veulent venir à Paris, pour leur pot d'arrivée, il faudra leur présenter Mélenchon et toute sa clique qui représentent la pensée dominante en France.

à écrit le 24/06/2016 à 15:38
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Malheureusement - rigidité du code du travail - taxe financière - impôt société à 33% ou 36% - ISF - absence de compétence économique du gouvernement - administrations peu orientée vers le service aux usagers (ici les entreprises) - incertitu...

le 25/06/2016 à 21:30
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"impôt société à 33% ou 36%" il parait que ça n'est que de l'affichage et que généralement, le vrai taux réel (demander un rescrit aux Impôts pour savoir le vrai montant) est inférieur (ouf).

à écrit le 24/06/2016 à 15:00
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cela s'appelle de l'optimisation fiscale à l'envers... ! les clients seront rares ..

à écrit le 24/06/2016 à 14:25
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Sûr que les investisseurs se précipitent sur la place de Paris en raison de tous ses attarits: PS/Hollande et leur gestion incomparable, manifs, immigration incontrôlée, etc :-) Si déplacement il y a, et je ne le pense pas parce que la City a des siè...

à écrit le 24/06/2016 à 14:02
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Quitter Londres pour Paris, on peut craindre que les inconvénients d'un tel mouvement soient largement supérieurs à ceux d'une Angleterre en dehors de l'UE...

à écrit le 24/06/2016 à 13:48
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Les anglais ont largement les moyens de faire de la surenchere à la baisse sur la taxation des transactions financieres .L'Europe et la France ,plombées par les prelevements fiscaux et sociaux ne pourront pas suivre .La vrais question est de savoir s...

le 24/06/2016 à 23:55
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Un "détail", le pouvoir d'achat des Anglais va baisser, les classes moyennes seront touchées de plein fouet. L'agitation sociale que nous avons en France et qu'ils n'ont plus depuis Thatcher pourrait traverser le Channel.

le 25/06/2016 à 21:34
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",les produits anglais malgré les taxes appliqués sur eux seront moins chers" s'ils achètent l'acier à l'extérieur, voire du pétrole, ceux-ci seront plus chers (£ faible). Il leur faudrait être autosuffisant, tout produire et ne rien acheter. Les min...

à écrit le 24/06/2016 à 12:22
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Effectivement les investisseurs auront plusieurs solutions: Rester en GB, partir à Paris, Francfort, la Suisse, le Luxembourg etc. Paris, pays sans gouvernement, pays des grèves, pays des taxes, pays de l'instabilité etc. Francfort etc. y a-t-il p...

à écrit le 24/06/2016 à 11:58
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"La place financière de Paris se dit "prête à accueillir encore plus largement les entreprises qui souhaitent renforcer leur implantation dans l'Union Européenne." Venir chez "l'adversaire du monde la finance" ? non mais allo faut pas rêver !

à écrit le 24/06/2016 à 11:57
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Il faudrait pour cela que les socialistes arrêtent de massacrer l'épargne avec des impôts parmi les plus lourds du monde. Que les entreprises ne soient pas aussi taxées et surtout que les règles fiscales ne changent pas toutes les 5 minutes.

le 24/06/2016 à 13:12
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L'instabilité fiscale française est une "marque de fabrique" qui n'est pas purement socialiste, mais bien ancré dans le système qui s'appelle la 5ème République de regretté empereur De Gaulle !

le 24/06/2016 à 15:36
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> > que les règles fiscales ne changent pas toutes les 5 minutes. > Ben, justement, en Angleterre, elles ont changées en une nuit . Plaignons donc ces français "massacrés par l'impôt", qui se trouvent aussi être parmi les plus gros ép...

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