La place de Paris met l'accent sur les fintech pour renforcer son attractivité

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Les fintech représentent « un enjeu majeur pour le positionnement de la place de Paris dans la compétition mondiale », estime Paris Europlace.
Les fintech représentent « un enjeu majeur pour le positionnement de la place de Paris dans la compétition mondiale », estime Paris Europlace. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Les investissements dans les fintech françaises ont bondi de 759% en 2015, mais demeurent bien en deçà du niveau du Royaume-Uni. Jeudi 9 juin, le pôle de compétitivité Finance Innovation a labellisé 50 fintech, afin de leur donner davantage de visibilité, notamment auprès des investisseurs.

À deux semaines d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la place financière de Paris ne perd pas une occasion de faire miroiter ses atouts. Face à la City, qui ne manquera pas de sortir affaiblie du référendum sur le « Brexit », mais également face à autres places financières européennes, lesquelles ne demandent pas mieux que de se poser en alternative à Londres.

« Notre objectif est de faire de la place de Paris le leader en Europe continentale », a martelé Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, l'association chargée de promouvoir la place financière de Paris, jeudi 9 juin, à l'occasion d'un colloque sur les fintech organisé par le pôle de compétitivité Finance Innovation.

Or les fintech, ces startups spécialisées dans les technologies financières qui font profession de révolutionner la finance avec des services plus simples, plus transparents et meilleur marché, représentent « un enjeu majeur pour le positionnement de la place de Paris dans la compétition mondiale », estime Paris Europlace, évoquant « de nouvelles activités à valeur ajoutée, fortement pourvoyeuses d'emplois. » Bonne nouvelle, les investissements dans les fintech françaises ont bondi de 759% en 2015, à 189 millions de dollars (167 millions d'euros), d'après le cabinet Accenture.

Un « pas décisif » en matière de régulation

Reste qu'il s'agit là « d'un montant encore faible », nuance Muriel Faure, de l'Association française de gestion (AFG). Surtout en comparaison des 22,3 milliards de dollars (+75%) levés l'an dernier par les fintech à l'échelle mondiale, ou des 901 millions de dollars (+35%) récoltés sur le seul territoire britannique, ce dernier chiffre provenant d'Innovate Finance, l'association professionnelle des fintech outre-Manche.

Pourtant, « les fintech françaises bénéficient d'expertises reconnues dans le data mining (exploration de données), les paiements, la gestion des risques et la cybersécurité », souligne Arnaud de Bresson.

Et le délégué général de Paris Europlace de rendre également hommage à « une régulation (des fintech) qui s'est mise en place très tôt, qui est souple et accueillante. »

Paris Europlace qualifie d'ailleurs de « pas décisif » le guichet unique que l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont mis en place le 1er juin à destination des fintech, afin d'aider ces dernières à se repérer dans la jungle des réglementations boursières et bancaires, et à adopter le statut juridique le plus adapté à leur profil de risque. En parallèle de ce pôle commun, l'AMF et l'ACPR vont créer un forum consultatif de dialogue avec les fintech. Des initiatives qui ne sont pas sans rappeler le dispositif « Project Innovate » mis en place dès 2014 par la FCA (Financial Conduct Authority), le régulateur financier britannique, dont les fintech d'outre-Manche ne cessent de louer la compréhension et la proactivité.

Une centaine de fintech labellisées en 2016

Dans ces conditions, pourquoi le marché français de la fintech affiche-t-il un tel retard sur le Royaume-Uni ? Paris Europlace pointe du doigt le manque de visibilité de cette jeune industrie, et appelle donc, entre autres, la région Île-de-France et la ville de Paris à développer leur soutien à Finance Innovation, l'un des 71 pôles de compétitivité reconnus par l'État. Présidé par l'économiste Jean-Hervé Lorenzi et regroupant quelque 300 startups, PME, grandes entreprises, laboratoires de recherche et collectivités territoriales, Finance Innovation a mis en place l'an dernier un dispositif de labellisation des fintech. L'objectif étant justement de favoriser la visibilité de ces dernières sur leur marché, de faciliter leur recherche de financements, et de leur fournir des contacts professionnels, afin de les aider à nouer de premiers partenariats commerciaux.

En 2016, une centaine de fintech devraient être labellisées par 800 experts de Finance Innovation, lesquels ne retiendront qu'un tiers des dossiers qui leur seront soumis.

« Les projets doivent être extrêmement innovants, voire disruptifs, répondre à un enjeu stratégique pour le secteur financier, et être crédibles », précise Joëlle Durieux, directrice générale de Finance Innovation.

Jeudi 9 juin, le pôle de compétitivité a remis 50 premiers labels, un second « round » de labellisation devant intervenir plus tard dans l'année. Parmi les heureuses élues figure la plateforme de financement participatif Credit.fr, qui, en quinze mois d'existence, a permis de prêter trois millions d'euros à des TPE et à des PME. Ou encore Easytransac, qui ambitionne de transformer les Smartphones en terminaux de paiement pour les petits commerçants. La jeune pousse, qui revendique 10.000 clients actifs et une envolée de 50% de son chiffre d'affaires chaque mois, « a besoin de lever des fonds. » Le label Finance Innovation devrait l'aider à se faire entendre des investisseurs.

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