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La place de Paris se cherche toujours un avenir, entre Brexit et consolidation des Bourses européennes

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 01 juin 2016 à 06:00

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La quatrième réunion du Comité Place de Paris 2020 s’est déroulée lundi 30 mai. Les acteurs de la place financière de Paris entendent bien faire valoir les atouts de celle-ci en cas de Brexit, mais s’inquiètent des conséquences du projet de fusion entre Deutsche Börse et le LSE.

C'était il y a deux ans à peine. Le 16 juin 2014, le ministre des Finances, Michel Sapin, portait sur les fonts baptismaux le « Comité Place de Paris 2020 ». Composé de représentants du Trésor, de la Banque de France, de l'Autorité des marchés financiers, de banques, d'assureurs et autres entreprises, ce comité a pour mission de réfléchir aux moyens de (re)mettre la finance « au service de l'économie réelle. »

Développement des placements privés Euro PP, mise en place d'un label pour l'investissement socialement responsable, émergence de grands fonds de capital-risque et, tout dernièrement, renforcement de l'attractivité du marché des titres de créances négociables... Plusieurs mesures ont d'ores et déjà été prises pour favoriser le financement des entreprises, petites et grandes. Un objectif qui nécessite également de renforcer la compétitivité de la place financière de Paris, mise à mal ces dernières années, notamment en raison d'une fiscalité pénalisante, alors que les places anglo-saxonnes continuent de faire la course en tête. Justement, à moins d'un mois du référendum sur le maintien, ou non, du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE), un Brexit, susceptible de fragiliser la City londonienne, ne serait-il pas du pain bénit pour la place financière de Paris ?

Qu'on ne se méprenne pas, au nom de la compétitivité de l'économie européenne - laquelle passe notamment par sa capacité à se financer -, les acteurs de la place de Paris sont globalement favorables à un maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE :

« Nous souhaitons et nous espérons que nos amis britanniques resteront au sein de l'Union », a ainsi rappelé Michel Sapin, lundi 30 mai, lors de la conférence de presse qui a suivi la quatrième réunion du Comité Place de Paris 2020.

Un vœu qui a de bonnes chances d'être exaucé, à l'aune de la moyenne des six derniers sondages réalisée par l'institut What UK Think, qui donne le camp du « Remain » (rester dans l'UE) vainqueur, avec 53% des intentions de vote.

Pour autant,« quel que soit le résultat (du référendum), la Place de Paris entend faire valoir ses atouts pour attirer les entreprises internationales qui souhaiteraient développer leurs activités en Europe », a souligné Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, l'association chargée de promouvoir la place financière de Paris.

Le projet de rapprochement entre le LSE et Deutsche Börse soulève des questions de concurrence

Ces atouts, que la place de Paris souhaite faire miroiter aux yeux des émetteurs, investisseurs et gérants d'actifs internationaux susceptibles de rapatrier une partie de leurs activités londoniennes en Europe continentale en cas de Brexit, sont avant tout l'excellence de l'industrie financière française, en particulier dans la gestion d'actifs, et sa capacité à se moderniser, l'Hexagone ne comptant pas moins de 1.000 fintech (startups spécialisées dans les technologies financières). Sans oublier un bassin d'épargne très important, les Français mettant de côté 15,5% de leur revenu disponible brut, ce qui fait d'eux la deuxième population la plus « fourmi » d'Europe, derrière les Allemands.

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À quoi s'ajoute un rang de numéro un européen dans la conservation de titres, et une position de leader sur les marchés actions au sein de la zone euro. Mais c'est compter sans le projet de fusion entre le London Stock Exchange (LSE) et Deutsche Börse. Annoncé en mars, il devrait aboutir en juillet, si Bruxelles donne son feu vert à l'opération, à la création d'un poids lourd mondial de la Bourse, avec une capitalisation dix fois supérieure à celle d'Euronext, le gestionnaire des places de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne.

« La constitution d'un acteur dominant en Europe, en situation de quasi-monopole dans la cotation, les indices et le règlement-livraison, nous semble extrêmement dangereuse. Les acteurs de la place de Paris sont donc opposés à ce projet en l'état et demandent que les règles de la concurrence soient respectées », a martelé Gérard Mestrallet, se réjouissant que Michel Sapin partage ce point de vue.« Le LSE et Deutsche Börse sont des entreprises privées, qui ont parfaitement le droit de discuter entre elles. Mais avec deux limites : celle de la concurrence, qui risque d'être encore amoindrie, et il ne faut pas non plus créer de risques supplémentaires [pour la stabilité financière ; NDLR] avec une trop grande concentration d'un certain nombre d'outils », a déclaré Michel Sapin. Le ministre des Finances s'est en revanche bien gardé de rebondir sur« la version actualisée du rapport Delmas-Marsalet sur la croissance et la fiscalité », évoquée par Gérard Mestrallet.

Car s'il existe un frein à la compétitivité de la place financière de Paris, c'est bien celui de la fiscalité des entreprises et des particuliers. Remettre la fiscalité de l'épargne « à l'endroit », en encourageant l'investissement dans les entreprises, alléger l'impôt sur les sociétés, « dont le niveau actuel constitue la première cause de délocalisation des grandes entreprises », supprimer la taxe sur les salaires dans le secteur financier, stabiliser la fiscalité : telles sont les vœux qu'a renouvelés Paris Europlace, à l'occasion de cette quatrième réunion du Comité 2020.

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L'AMF crée une division fintech

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  • Financement des entreprises : Bercy décrète la mobilisation générale
  • Comment la finance devient notre meilleure amie
  • La place financière de Paris veut favoriser l’essor des "fintech"

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé, lundi 30 mai, la création, à compter du 1er juin, d'une division Fintech, innovation et compétitivité (FIC) pour prendre en compte les nouvelles formes de risques impliquées par les innovations technologiques. L'objectif est « d'analyser les innovations en cours dans le secteur des services d'investissement et d'identifier les enjeux en matière de compétitivité et de régulation », indique l'AMF dans un communiqué. La direction de cette division est confiée à Franck Guiader, jusqu'ici directeur de la division Régulation de la gestion d'actifs de l'AMF. La rapide et forte croissances des fintech a amené cette année le Conseil de stabilité financière (FSB) du G20 à réfléchir à une régulation de ces start-up au niveau mondial.

Christine Lejoux

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