Euronext à l’affût d’autres acquisitions de Bourses en Europe

Stéphane Boujnah, le président directeur général d'Euronext.
Euronext

Stéphane Boujnah, le président directeur général d'Euronext.
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« Let's grow together », grandissons ensemble : c'est le nom du nouveau plan stratégique à horizon 2022 dévoilé ce jeudi 10 octobre par Euronext, l'opérateur des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Dublin et Lisbonne, qui vient juste d'intégrer VPS, celui de la place d'Oslo. L'objectif de croissance peut cependant paraître modeste, 2% à 3% par an en moyenne, alors que le chiffre d'affaires d'Euronext a grimpé de 60% entre 2014 et 2018, à 734 millions d'euros, grâce aux acquisitions. Il s'agit uniquement des prévisions de croissance interne ces trois prochaines années, car Euronext a encore de l'appétit : le groupe, immatriculé aux Pays-Bas mais dont le siège est à La Défense, reste à l'affût d'acquisitions, y compris des « opérations transformantes », pour étendre sa toile en Europe ou diversifier ses actifs dans la chaîne de valeur.
La bataille d'Oslo a été féroce face à l'américain Nasdaq qui contrôle les autres places nordiques et baltes (Copenhague, Helsinki, Stockholm, Riga, Tallinn, Vilnius), mais Euronext l'a emporté en mai, se renforçant dans l'énergie, la pêche, le transport maritime, les matières premières : la Norvège représentera 15% de ses revenus pro forma. Un pari à 700 millions d'euros, salué par les investisseurs : le titre a gagné 44% depuis janvier.
Les cibles ne sont plus si nombreuses sur le Vieux continent, où Euronext (5 milliards d'euros de capitalisation) rivalise aussi avec les mastodontes Deutsche Börse (26 milliards) et London Stock Exchange Group (l'équivalent de 28 milliards d'euros). La Bourse de Milan fait partie du LSEG. En revanche, BME, l'opérateur de celle de Madrid (et de Barcelone, Bilbao, Valence, etc) est indépendant et coté en Bourse, avec une capitalisation de 1,8 milliard d'euros. La Bourse du Luxembourg, contrôlée en partie par le Grand-Duché, n'est pas cotée et a déjà un partenariat technologique de longue date avec Euronext. Le groupe suisse SIX (la Bourse de Zurich) n'est pas coté non plus, ses actionnaires étant ses utilisateurs, un pool de 125 banques. La Bourse de Berlin opère la plateforme technologique Equiduct de l'ex-Easdaq, tandis que le groupe CEESEG, contrôlé par des banques et entreprises autrichiennes, contrôle la Bourse de Vienne et celle de Prague, après être sorti des places slovène et hongroise.
Quelle est la force de frappe d'Euronext ? Le directeur financier, Giorgio Modica, a indiqué que le groupe disposait encore de « plusieurs centaines de millions d'euros » à dépenser mais qu'en cas d'opérations transformantes, il pourrait faire appel au marché et ainsi mobiliser « plusieurs milliards, plus de 2 milliards d'euros. » Et pas seulement pour racheter une Bourse européenne. Alors que son rival LSEG est en cours de finalisation d'un rapprochement à 24 milliards d'euros avec Refinitiv, le roi de la data financière (une ex division de Thomson Reuters), Euronext compte investir aussi dans l'analyse de données et « regardera en parallèle une opération du type Refinitiv, en beaucoup plus petit » a indiqué le Pdg, en promettant d'être « discipliné » sur le plan financier.
Même les géants peuvent faire l'objet d'approches hostiles : la Bourse de Hong Kong s'est ainsi lancée à l'assaut du London Stock Exchange, sans succès, le mois dernier. Euronext, dont le noyau dur d'actionnaires de référence est passé de 33,14% en 2014 à 23,27% (dont 8% à la Caisse des Dépôts) en juin, pourrait aussi devenir une proie.
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Il a toutefois rappelé qu'Euronext est « une entreprise régulée, pas n'importe quelle entreprise. Nous sommes un composant essentiel du projet d'intégration européenne. Et certaines personnes tiennent à ce que nous restions européens. »
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