La Banque des règlements internationaux (BRI), avec les banques centrales, veut accélérer le lancement des monnaies numériques d'Etat et des systèmes de paiement pour le grand public, via la technologie blockchain, explique-t-elle dans une étude. Les causes de cette accélération des "CBDC" ne sont pas uniquement technologiques et servicielles pour les citoyens-utilisateurs. Face au développement du monde financier désintermédié et décentralisé du bitcoin se joue aussi la maîtrise du contrôle monétaire.Tandis que la notoriété et le cours du bitcoin, la doyenne des cryptomonnaies, ont fortement progressé pendant la crise Covid-19, la Banque des règlements internationaux (BRI) - considérée comme la banque centrale des banques centrales - entend aussi accélérer sur ces échanges émis via la technologie décentralisée de la blockchain, et ce, pour plusieurs raisons. Mais alors que le Bitcoin et ses petites sœurs reposent sur un registre de compte public, le projet de la BRI tout comme celui de Facebook avec la monnaie "Diem" (ex-Libra) se développent, eux, sur des blockchain privées et centralisées.
Battre monnaie pour leurs citoyens
Loin de laisser s'échapper de leurs prérogatives le pouvoir de battre monnaie pour leurs citoyens, la Banque des règlements internationaux (BRI) veut désormais actionner une collaboration étroite avec les banques et les systèmes de paiements pour lancer des monnaies numériques de banque centrale, selon une étude publiée mercredi. Il s'agit d'accélérer pour promouvoir des cryptomonnaies destinées cette fois au grand public.
Depuis l'accélération des géants du Web et les premiers travaux de Facebook dès 2018 sur la Libra, les banques centrales se penchent sur le sujet des "CBDC" (Central Bank Digital Currencies). Début 2020, la BRI rapportait d'ailleurs que 80% d'entre elles planchaient sur le sujet mais seules 10% de ces institutions en étaient au stade du projet pilote à la fin 2019, selon un sondage réalisé auprès de 66 banques centrales des pays développés et émergents.
Même la Banque de France s'y est mise en lançant un appel à projets en 2020 dans le but de créer un "euro digital". Le 18 juin dernier, l'autorité centrale a même indiqué avoir réalisé sa première transaction financière en cryptomonnaie. Concrètement, elle "a simulé l'émission de jetons de monnaie numérique de banque centrale sur une blockchain publique, en préservant le contrôle et la confidentialité des transactions, sur la base du développement et du déploiement" d'un contrat numérique dédié, a indiqué la Banque.