Il y a quatre ans, une éternité. L'ESG - Environnement, Social, Gouvernance - était l'acronyme à la mode et toute l'industrie financière se faisait la championne de la durabilité. Aujourd'hui, c'est un sujet repoussoir et la tentation est grande en Europe, sinon renoncer dans le sillage de l'Amérique de Donald Trump, du moins de marquer une pause. Le ministre français de l'Économie, Éric Lombard, a d'ailleurs défendu, début février, un « impératif de simplification » des textes européens encadrant la finance durable.
Du côté des banques françaises, officiellement, rien de change. C'est le message des principaux responsables bancaires délivré lors des présentations de résultats annuels. « Nous avons chaque jour la confirmation de l'urgence climatique pour ne pas changer notre engagement », indique Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale.
« Cette transition énergétique est de plus en plus urgente et elle est un véritable vecteur de croissance », soutient de son côté Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole. « Nous ne modifions pas nos engagements et nos convictions en fonction des évolutions des banques américaines », rappelle Nicolas Namias, président du directoire de BPCE. Les États-Unis n'ont finalement jamais été très engagés sur ces sujets et l'Europe marque de fait son avance, qui pourrait potentiellement devenir un terrain de compétitivité pour attirer des capitaux.