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L'assurance-vie a encore perdu du terrain en août, les épargnants cherchent la souplesse

AFP

Publié le 24 septembre 2020 à 17:11 - Mis à jour le 24 septembre 2020 à 17:38

Le montant des contrats d'assurance-vie non reclames estime a 5,4 milliards d'euros

Photo d'illustration

ANDREA COMAS

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Avec le Covid-19 qui génère des inquiétudes pour les épargnants, les retraits ont été supérieurs aux dépôts. Le montant des retraits est néanmoins resté stable par rapport au même mois un an plus tôt: il a atteint 8,1 milliards d'euros. Ce sont les autres produits d'épargne qui ont les faveurs des Français.

Le secteur français de l'assurance-vie a connu en août un nouvel épisode de décollecte, pour le sixième mois d'affilée, en raison d'une baisse marquée des montants déposés par les épargnants, selon des chiffres diffusés jeudi par la Fédération du secteur.

Pour le mois d'août, les retraits ont été supérieurs aux dépôts à hauteur de 100 millions d'euros environ, montrent ces chiffres provisoires.

Le montant des retraits est, lui, resté globalement stable par rapport au même mois un an plus tôt: il a atteint 8,1 milliards d'euros, contre 8,2 milliards en août 2019.

Moins d'argent déposé

Les sommes déposées par les épargnants sur les contrats d'assurance-vie ont en revanche nettement reculé. L'assurance-vie française a récolté quelque huit milliards d'euros le mois dernier contre 10 milliards environ un an plus tôt.

Cette dégradation semble s'expliquer en premier lieu par une désaffection des assurés vis-à-vis des fonds en euros. Très prisé des épargnants il y a encore quelques années, ce type de support dont le capital est garanti est de moins en moins rémunérateur dans un contexte de taux très bas, voire négatifs. Beaucoup d'assureurs cherchent de toute façon à réduire dans leur portefeuille la part de ces contrats très coûteux en capitaux réglementaires.

Pas de retraits massifs

À l'inverse, le montant d'épargne collecté sur les supports en unités de compte, nom de ces placements plus risqués - le capital n'est pas garanti -  mais potentiellement plus rémunérateurs, est resté stable à 2,2 milliards, soit exactement le même montant qu'en août 2019. Mécaniquement, la part de ce type de placement dans la collecte globale a donc continué à grossir.

Au total, le montant de l'épargne récoltée par les assureurs-vie a ainsi atteint 72,7 milliards d'euros entre janvier et fin août, soit bien moins que les 97,5 milliards moissonnés sur la même période en 2019. Les versements réalisés sur cette période par les clients sur les supports en unités de compte ont représenté 25 milliards, soit 34% des cotisations.

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Sur huit mois, les sommes retirées par les assurés se sont montées à 79,3 milliards, soit grosso modo près le même montant qu'un an plus tôt.

Résultat, entre janvier et fin août, le secteur français de l'assurance-vie connaît donc une décollecte nette de 6,5 milliards d'euros, contre une collecte nette de 18 milliards sur la même période en 2019.

"Les résultats de l'assurance de vie depuis six mois traduisent la préférence des ménages pour la sécurité et la liquidité. Ils refusent de s'engager sur la durée et privilégient le Livret A ou les comptes courants", souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, cabinet de réflexion sur l'épargne et sa réglementation.

Le Livret A rafle tout

De fait, l'évolution de l'assurance vie depuis le début d'année contraste singulièrement avec celle des placements réglementés, et notamment le Livret A, qui a engrangé une collecte nette de plus de deux milliards en août et de presque 25 milliards de janvier à fin août.

En y ajoutant la collecte réalisée par son petit frère, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), ces deux livrets affichent ensemble une collecte depuis le début de l'année de plus de 31 milliards d'euros.

"Compte tenu de l'anxiété des Français, l'engagement sur des placements de long terme n'est pas une priorité. La prise de risque n'est pas récusée comme en témoigne la faiblesse des rachats mais il n'y a pas de réelle appétence en la matière", estime M. Crevel.

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Selon lui, "la modicité des rachats est un signe que pour le moment les ménages n'ont pas besoin de puiser dans leur bas de laine pour maintenir leur pouvoir d'achat. Dans les prochains mois, compte tenu de la persistance de la crise sanitaire, les collectes mensuelles de l'assurance vie devraient être proches de zéro".

À fin août, l'encours des contrats d'assurance vie s'élevait à 1.761 milliards d'euros.

AFP

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