Nestlé : l'action en chute libre, les Suisses inquiets
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Laurent Freixe, le nouveau patron français de Nestlé, devra tenter de rassurer lors de la présentation de ses premiers résultats annuels jeudi.
Reuters
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Laurent Freixe, le nouveau patron français de Nestlé, devra tenter de rassurer lors de la présentation de ses premiers résultats annuels jeudi.
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Nestlé traverse une zone de turbulences et sera particulièrement scrutée jeudi lors de la présentation de ses résultats annuels. Depuis le début de l'année, son action a perdu près d'un quart de sa valeur, une chute brutale qui a relégué le groupe à la troisième place des capitalisations boursières suisses, derrière les géants pharmaceutiques Roche et Novartis. Début février, le titre évoluait autour de 77-78 francs suisses, loin des sommets de près de 130 francs atteints fin 2021.
En Suisse, cette dégringolade fait grand bruit. Le quotidien zurichois NZZ souligne que « de nombreuses Suissesses et de nombreux Suisses sont concernés », Nestlé étant un pilier des portefeuilles des fonds de pension. Pour le Tages-Anzeiger, l'action a même perdu son statut de Grossmutter-Aktie (« action de grand-mère »), traditionnellement perçue comme une valeur refuge. Face à cette situation, certains actionnaires pourraient exiger des comptes auprès du conseil d'administration. « Nestlé est détenu par de nombreux fonds de pension et particuliers en Suisse, ce qui explique l'ampleur des réactions », analyse Jean-Philippe Bertschy, spécialiste de la banque Vontobel.
Nommé en septembre, Laurent Freixe, 60 ans, a la lourde tâche de redresser Nestlé, dont le chiffre d'affaires a atteint 93 milliards de francs suisses (99 milliards d'euros) en 2023, mais qui peine à s'adapter à la hausse des prix et au ralentissement de la consommation.
Dès son arrivée, il a mis en avant une stratégie axée sur les produits les plus rentables du groupe, notamment ses « 31 marques milliardaires », parmi lesquelles Nespresso, KitKat ou Purina One. Il a également lancé une réorganisation des activités d'eau minérale, regroupées en une entité distincte début janvier, une décision qui alimente les spéculations sur une possible cession. Nestlé pourrait opter pour un partenariat, comme il l'avait fait en 2016 pour alléger sa présence sur le marché des glaces, voire vendre totalement cette division.
Mais ces mesures n'ont pas suffi à rassurer les marchés. Les investisseurs restent échaudés par les multiples révisions à la baisse des prévisions de croissance en 2023 et par une série de scandales ayant terni l'image du groupe, notamment autour des pizzas Buitoni et des traitements interdits appliqués à ses eaux minérales.
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Jeudi, lors de la publication des résultats annuels, il sera « encore trop tôt pour observer un redressement des ventes », estime Andreas von Arx, analyste chez Baader Helvea. L'attention des investisseurs se portera surtout sur les prévisions du groupe, alors que Laurent Freixe est resté évasif sur ses objectifs pour 2025. En novembre, il avait évoqué une croissance des ventes (hors effets de change et acquisitions ou cessions) d'environ 2 % en 2024, suivie d'une « amélioration » en 2025, sans préciser de chiffres.
En parallèle, Nestlé se débat pour clore une polémique en France. Vendredi, lors d'une visite du site de Perrier à Vergèze (Gard), propriété de Nestlé Waters, la commission sénatoriale sur les eaux en bouteille a dénoncé des pratiques frauduleuses de longue date. « Malgré 40 ans de fraudes, aucun responsable local (ARS, préfecture...) n'a signalé ces faits à la justice », s'est étonné le rapporteur de la commission, Alexandre Ouizille. Accompagné de trois autres sénateurs, il a inspecté un site de captage et l'usine d'embouteillage de Perrier, où Nestlé Waters emploie quelque 800 personnes. « Nous avons découvert des armoires coulissantes dissimulant des systèmes illégaux conçus pour tromper les services de l'État lors des contrôles », a expliqué le sénateur socialiste de l'Oise lors d'une conférence de presse à Nîmes, évoquant notamment l'utilisation de traitements UV interdits.
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Au-delà des fraudes historiques, les sénateurs s'interrogent aussi sur les procédés actuels de Perrier. Selon la réglementation en vigueur, la microfiltration à 0,2 micron est interdite pour les eaux minérales naturelles. Or, Perrier continue de défendre cette technique, affirmant qu'elle ne constitue pas une désinfection et appelant à une évolution de la réglementation française.
(Avec AFP)
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