Une nouvelle baisse des taux sera bien au menu des débats de la BCE en septembre
latribune.fr
« La réunion de septembre est celle durant laquelle le niveau de restriction de la politique monétaire doit être réévalué », a indiqué ce jeudi le compte-rendu de la dernière réunion de la politique monétaire de la BCE.
Les marchés financiers estiment probable à 90% une baisse de 25 points de base des taux européens en septembre. Parmi les arguments qui poussent vers cette hypothèse : la croissance des salaires européens a fortement ralenti au deuxième trimestre 2024.
La baisse des taux sera bien à la table des débats lors d'une prochaine réunion de la BCE en septembre, a indiqué ce jeudi le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de l'institution, qui s'est tenue mi-juillet.
« Une atténuation graduelle des restrictions monétaires est un exercice d'équilibriste, car il est important de ne pas causer de dégâts inutiles à l'économie en maintenant les taux à des niveaux restrictifs trop longtemps. Il est (...) très important de garder un œil sur l'économie réelle », est-il écrit dans ce compte-rendu.
« La réunion de septembre est celle durant laquelle le niveau de restriction de la politique monétaire doit être réévalué, selon la majorité des avis. Il faudra garder un esprit ouvert en arrivant à cette réunion », précise, par ailleurs, le document.
Une nouvelle baisse de 25 points attendue
Les marchés estiment désormais probable à 90% une nouvelle baisse des taux européens de 25 points de base en septembre. Ce, notamment en raison du fort ralentissement de la croissance des salaires, au deuxième trimestre, tandis que l'économie allemande montre des signes de récession.
Parmi les indicateurs les plus suivis par la BCE, la décélération de la courbe des salaires a rassuré les responsables monétaires européens. « Il est rassurant de constater que les pressions sur les prix liées aux hausses de salaires sont de plus en plus absorbées par les profits », montre le compte-rendu.
Les participants à la réunion estiment en outre que l'inflation en Europe retourne à sa cible, et devrait atteindre 2% d'ici la fin de l'année prochaine. Pour rappel, la BCE a maintenu ses taux inchangés en juillet, et n'avait alors donné presque aucune indication sur la trajectoire future de ses taux.
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Christine Lagarde, présidente de l'institution de Francfort, avait justifié cette décision par les « pressions sur les prix intérieurs », qui « restent élevées ». En juin, l'inflation en zone euro hors énergie et alimentation s'était maintenue à 2,9% sur un an, comme en mai, soit encore bien au-dessus de l'objectif de long terme de la Banque centrale européenne, soit 2%.
La Fed ouvre la voie à une baisse des taux
Outre-Atlantique, les choses sont en train de bouger. Une majorité de responsables de la Réserve fédérale (Fed) américaine ont en effet ouvert fin juillet la voie à une baisse des taux directeurs mi-septembre, considérant que les données de l'inflation du pays le permettaient.
Lors de la dernière réunion de la Fed les 30 et 31 juillet, « plusieurs membres ont souligné que les récents progrès dans la lutte contre l'inflation et la hausse du chômage plaidaient en faveur d'une baisse de 25 points de base » lors de la réunion de septembre, explique le compte-rendu du comité monétaire de la Fed (FOMC), publié mercredi.
Cet avis n'était toutefois pas majoritaire. Mais « la grande majorité souligne que, si les données poursuivent dans la direction attendue, il serait probablement approprié d'assouplir la politique monétaire américaine, lors de la prochaine réunion ». Les haut cadres pointent également la « confiance » des membres du FOMC face à des données qui « soulignent que l'inflation va vers la cible » de 2%.