La Fintech IbanFirst lève 15 millions pour tirer parti de la DSP2

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Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur d'Ibanfirst,  est convaincu que « le potentiel de développement est énorme.»
Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur d'Ibanfirst, est convaincu que « le potentiel de développement est énorme.» (Crédits : DR)
La startup franco-belge, spécialisée dans les opérations liées au change pour les entreprises, veut devenir un agrégateur de services financiers, sorte de "métabanque" pour PME, en profitant de la directive sur les paiements. Xavier Niel, investisseur de la première heure, a participé à ce deuxième tour, mené par Serena, aux côtés de Breega, qui doit l'aider à s'internationaliser.

Il y a les agrégateurs de comptes pour les particuliers, comme Bankin', Linxo, ou Budget Insight (qui travaille en marque blanche pour des banques), où l'on peut consulter ses avoirs sur un tableau de bord et piloter son budget. Ibanfirst se voit en agrégateur de comptes pour entreprises : la startup franco-belge, spécialisée dans les opérations liées au change pour les PME, a l'ambition de « devenir le leader européen des services financiers aux entreprises qui ont une activité à l'international. » Elle annonce ce mercredi sa deuxième levée de fonds, de 15 millions d'euros, mené par le fonds français Serena, aux côtés du du fonds Breega et de Xavier Niel, investisseur de la première heure.

La Fintech fondée en 2013, qui crée des IBAN nominatifs dans 25 devises, propose déjà différentes opérations autour des paiements internationaux (en temps réel, à cours bloqué, à terme, etc), pour des entreprises réalisant au moins 100.000 euros d'opérations en devises par an. Elle revendique 2.500 clients pour lesquels elle a réalisé 100.000 transactions représentant près de 5 milliards, dont 2 milliards estimés sur l'année 2018.


Ayant renoncé à devenir la néobanque des PME à la Qonto, Ibanfirst veut devenir une plateforme de services financiers en tirant parti de la directive sur les paiements DSP2, qui oblige les banques à fournir l'accès aux données de leurs clients (avec l'accord de ces derniers, bien sûr) à des acteurs tiers que sont les initiateurs de services de paiement (appelés PSP ou PISP en anglais, comme Adyen, HiPay, PayPal) et les prestataires de services d'informations sur les comptes (les agrégateurs, AISP en anglais).

« Nous avons trois agréments, prestataire de services de paiement, initiateur de paiement et agrégateur, ce qui va nous permettre de déclencher un paiement depuis une banque traditionnelle en euros et effectuer un virement au fournisseur d'une entreprise à Hong Kong en dollars. La DSP2 va totalement changer la donne » nous explique Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur d'Ibanfirst, ancien dirigeant du courtier Saxo Banque en France.

Lire aussi : Paiement : la directive DSP2 entre en vigueur, c'est quoi ?

Tirer parti de l'open banking

Agréée par la Banque nationale de Belgique, IbanFirst emploie 90 personnes et compte renforcer ses équipes commerciales pour atteindre un effectif de 150 personnes fin 2019. Même si une incertitude demeure sur l'entrée en vigueur effective des possibilités offertes par la DSP2 et l'ère de l'"open banking" : tant que les banques n'ont pas mis en place des interfaces de connexion sécurisées (API), il ne peut accéder aux données qu'en pratiquant le "web-scraping" ou "screen-scraping" (capture de données d'écran), pas adapté au niveau de qualité requis pour des virements de centaines de milliers d'euros voire plus. L'entrepreneur et ses investisseurs sont malgré tout optimistes.

« Grâce à une transparence des prix en temps réel, des fonctionnalités ultra-innovantes dans le secteur et une expérience client irréprochable, nous sommes confiants dans la capacité de la société à devenir leader européen sur ce marché » considère Bertrand Diard, venture partner chez Serena Capital.

Le fondateur d'Ibanfirst est convaincu que « le potentiel de développement est énorme

« Rares sont les startups qui prennent la totale mesure du champ des possibles offert par le changement de réglementation DSP2. Comme pour les télécoms et l'énergie en leur temps, il est aujourd'hui possible de construire une proposition de valeur incomparable au-dessus de l'infrastructure bancaire. C'est ce que développe IbanFirst avec sa vision de métabanque pour les entreprises internationales et c'est pour ça que nous sommes ravis de rejoindre l'aventure » a commenté Ben Marrel, cofondateur du fonds Breega.

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