Les banques prêtes « à assumer l'impact des hausses d'impôts » du gouvernement
latribune.fr
Pour le président de la Fédération bancaire française (FBF), « nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de vivre avec des déficits de 6 ou 7% ».
Le président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur général de la Société Générale Slawomir Krupa estime qu'il est « normal » que les banques soient mises à contribution dans le cadre du budget 2025.
« Il est normal que tout le monde contribue à l'effort ». Dans un entretien accordé aux Echos, Slawomir Krupa, président de la Fédération bancaire française (FBF) s'est dit prêt à assumer l'impact des hausses d'impôts sur les banques demandées par le gouvernement de Michel Barnier.
«Est-ce que nous avons un problème important pour notre pays à régler ? La réponse est oui. Est-ce que comme n'importe quel autre acteur économique, les grandes entreprises et les banques en particulier, font partie de la solution ?»«Oui», a déclaré celui qui est aussi le patron de la Société Générale. «Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de vivre avec des déficits de 6 ou 7%.»
Un scénario à l'italienne ? Giorgia Meloni, la cheffe du gouvernement, a réussi le tour de force de faire contribuer les banques et assurances à hauteur de 3,5 milliards d'euros dans un budget axé sur des baisses d'impôts pour les ménages, sans provoquer de tempête boursière. « Je pense que l'affaire est bien connue et a été intégrée par les marchés. Les pêcheurs et les ouvriers seront contents de cette loi de finances, les banques un peu moins », a commenté la semaine dernière, un brin espiègle, le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti.
La Société Générale ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France
Il peut paraître paradoxal de voir le directeur général de la « Socgen » se prononcer en faveur d'une hausse de la fiscalité en France, la société qu'il dirige ne payant pas d'impôt sur les sociétés (IS) dans le pays au titre de l'an dernier.
Déclarant un peu plus de 1,5 milliard d'euros de perte en France en 2023, la Société Générale dispose même d'un solde d'impôt courant créditeur, de 110 millions d'euros. BNP Paribas est dans un cas similaire, contrairement aux banques mutualistes dont l'IS approche le milliard d'euros (BPCE, Crédit Agricole) voire le dépasse (Crédit Mutuel).
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Reste à savoir comment sera taxé le retour aux actionnaires. Société Générale et BNP Paribas ont été particulièrement généreux avec les leurs, leur consacrant un total de 7,5 milliards d'euros en rachats d'actions et en dividendes au titre de l'année 2023. Disposant d'armées d'ingénieurs patrimoniaux, les banques françaises se présentent par ailleurs sans trop de complexes comme les parfaits alliés de leurs clients quand il s'agit de les aider à diminuer leur contribution fiscale.
En Espagne, la pérennisation d'un impôt sur les groupes bancaires fait débat
La décision du gouvernement de gauche espagnol de pérenniser un impôt exceptionnel sur les groupes bancaires et énergétiques suscite une levée de boucliers en Espagne, où certaines grandes entreprises menacent de suspendre leurs investissements, nécessaires à la transition climatique du pays. Entré en vigueur en janvier 2023, cet impôt extraordinaire - qui a permis à l'Etat espagnol de récupérer près de 2,86 milliards d'euros cette année, selon le ministère du Budget -, était censé initialement s'appliquer durant deux ans, jusqu'à fin 2024.
Mais le gouvernement Sánchez a décidé de le pérenniser dans le cadre d'un accord de coalition signé voilà un an avec le parti d'extrême-gauche Sumar. Un choix confirmé mi-octobre par le ministre de l'Economie Carlos Cuerpo, qui a indiqué en avoir informé la Commission européenne.