Scandale "1MDB" : deux ex-banquiers de Goldman Sachs inculpés

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Deux anciens banquiers de Goldman Sachs et un financier malaisien auraient détourné au total 2,7 milliards de dollars de 1MDB lors de trois émissions obligataires en 2012 et 2013 d'un montant de plus de 6 milliards de dollars.
Deux anciens banquiers de Goldman Sachs et un financier malaisien auraient détourné au total 2,7 milliards de dollars de 1MDB lors de trois émissions obligataires en 2012 et 2013 d'un montant de plus de 6 milliards de dollars. (Crédits : Brendan McDermid)
Tim Leissner et Ng Chong Hwa, anciens banquiers de la célèbre banque de New York, sont accusés de s’être entendus afin de blanchir des « milliards de dollars » présumés détournés du fonds d’investissement public malaisien, 1Malaylia Development Berhad (1MDB).

Goldman Sachs est confrontée à l'un des plus gros scandales de son histoire. La justice américaine a annoncé ce jeudi des premières inculpations, dont celles de deux ex-banquiers de la firme de Wall Street, dans l'enquête sur le vaste scandale de blanchiment et de corruption, portant sur 4,5 milliards de dollars (soit près de 4 milliards d'euros) détournés du fonds souverain malaisien, 1MDB. Il s'agit de Tim Leisser, ancien patron de la banque en Asie et de son collège Ng Chong Hwa. Un financier malaisien, Low Taek Jho, également inculpé pour les mêmes motifs, est actuellement en fuite.

« Le financier malaisien Low Taek Jho et l'ancien banquier Ng Chong Hwa sont accusés d'avoir conspiré pour blanchir des milliards de dollars et d'avoir versé des centaines de millions de dollars en pots-de-vin. L'ancien banquier Tim Leissner a plaidé coupable de complot en vue de violer la loi sur les pratiques de corruption à l'étranger, liée à 1MDB », indique le tribunal fédéral dans l'acte d'accusation du 1er novembre.

Ces pots-de-vin auraient été versés à des officiels malaisiens et d'Abou Dhabi pour qu'ils retiennent Goldman Sachs comme banque-conseil dans des transactions « lucratives ». Cette annonce est un véritable coup dur pour la banque américaine, qui ferait passer les bénéfices avant les clients et qui essaie de redorer son image, déjà ternie par son rôle controversé dans la crise financière. Goldman Sachs avait déjà fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'avait commis aucun délit et qu'il collaborait avec les autorités. Selon les informations de Bloomberg, l'établissement aurait mis en congés son ancien codirecteur de la banque d'investissement en Asie, l'Italien Andrea Vella, dans l'attente d'un examen des allégations sur le rôle qu'il a pu jouer.

Détournement de 2,7 milliards de dollars

Le ministère américain détaille que les trois hommes auraient détourné au total 2,7 milliards de dollars de 1MDB lors de trois émissions obligataires en 2012 et 2013 d'un montant de plus de 6 milliards de dollars. La banque américaine avait alors été mandatée pour gérer ces opérations et aurait reçu quelque 590 millions de dollars en commissions. Les enquêteurs américains indiquent  également que d'autres salariés de la banque étaient au courant de ces malversations.

Le fonds souverain avait été créé initialement pour moderniser et dans le but de financier des projets d'aide au peuple malaisien, lors de l'arrivée au pouvoir du Premier ministre malaisien Najib Razak en 2009. 1MDB, qui est aujourd'hui endetté à hauteur de 10 milliards de dollars suite, s'était retrouvé au cœur de ce vaste scandale en juillet 2015, après des révélations du Wall Street Journal, qui avait publié des documents selon lesquels l'ancien Premier ministre malaisien avait touché au moins 681 millions de dollars (618 millions d'euros) sur ses comptes en banque personnels. Son épouse, Rosmah Mansor, aurait également reçu 30 millions de dollars de bijoux achetés avec de l'argent provenant de 1MDB.

Cette affaire de corruption fait l'objet d'enquêtes dans au moins six pays, dont Singapour, la Suisse, le Luxembourg et les États-Unis. L'argent détourné aurait servi à acheter de l'immobilier de luxe, un jet privé et même à financer en partie le tournage du film "Le loup de Wall Street" de Martin Scorsese avec Leonardo di Caprio. Plusieurs autres banques sont suspectées dans l'affaire 1MDB, dont le Credit Suisse, qui s'est vu infligé une amende de 453.000 euros par le gendarme financier de Singapour en 2017 ou encore la filiale luxembourgeoise de la banque privée Edmond de Rothschild.

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Commentaires
a écrit le 02/11/2018 à 18:09 :
Afin de prouver l'hypocrisie improductive voir mortifère européenne prenons le cas du traitement des banques par les états.

Les états unis, que nos médias de masse adorent conspuer du fait de leur manque (affirmé) de règlementation, ont gagné des centaine de milliards car quand elles sanctionnent sur ce peu de règles, le fait qu'il y en ai peu justifie de les appliquer intégralement, logique américaine qui n'est que logique en elle même.

En Europe dans laquelle les médias de masse adorent nous dire qu'il faut plein de règlementations pour pas que les banques fassent n'importe quoi, jamais celles ci ne sont sanctionnées, pour les mêmes fautes hein on est bien d'accord.

Quand arrêterons nous enfin ce jeu de dupes qui ne dupe plus que les profiteurs eux mêmes svp ? Ben oui on vous voit les gars et bien même et c'est pas comme ça qu'on va pouvoir aimer le mac hein...

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