British Steel, le sauveur d'Ascoval, pourrait faire faillite

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(Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
British Steel, le repreneur de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), est sous la menace d'une faillite s'il n'obtient pas du gouvernement britannique un prêt d'urgence de 30 millions de livres (33,6 millions d'euros) rapporte, ce mardi 21 mai, Reuters.

British Steel, le repreneur d'Ascoval, pourrait déposer le bilan s'il n'obtient pas du gouvernement britannique un prêt d'urgence de 30 millions de livres, soit 33,6 millions d'euros ce mardi. Une situation qui intervient alors qu'il a été désigné début mai par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg comme repreneur d'Ascoval, qui était en redressement judiciaire depuis novembre 2017.

British Steel avait demandé au départ au gouvernement britannique un prêt de 75 millions de livres, avant de ramener cette somme à 30 millions, Greybull ayant accepté d'augmenter sa contribution, a déclaré l'une des sources proche des négociations. Si le prêt n'est pas accordé dans l'après-midi, des administrateurs pourraient être nommés pour gérer British Steel dès mercredi, a précisé la source. Selon la deuxième source, British Steel a perdu ce mardi le soutien de l'un de ses quatre grands créanciers, tandis que d'autres se sont déjà retirés.

British Steel a déclaré mardi que des négociations se poursuivaient. "British Group a récemment été confronté à divers défis commerciaux. Pour y répondre, nous avons travaillé en étroite collaboration avec les parties prenantes pour examiner les différentes options de financement disponibles", a-t-il déclaré. "Ces négociations ne sont pas terminées et nous continuons à travailler avec toutes les parties pour parvenir à un résultat garantissant le succès futur de British Steel." Une porte-parole du groupe a assuré qu'il disposait des fonds nécessaires pour verser les salaires du mois de mai, une information confirmée par le gouvernement britannique. Andrew Stephenson, secrétaire d'Etat aux Entreprises, a déclaré devant le Parlement que le gouvernement discutait avec British Steel et qu'il "examinerait toutes les possibilités".

Un secteur fragmenté

Thyssenkrupp a annoncé ce mois-ci qu'il renonçait à fusionner ses activités de sidérurgie en Europe avec ceux de l'indien Tata Steel, un projet qui aurait donner naissance au numéro deux du secteur, derrière ArcelorMittal. L'abandon de ce projet laisse le secteur sidérurgique européen fragmenté et exposé à des retournements économiques. Cela remet aussi en cause l'avenir de la plus grande aciérie britannique à Port Talbot, au Pays de Galles, qui appartient à Tata Steel. Les entreprises sidérurgiques britanniques s'acquittent des taxes "vertes" parmi les plus élevées d'Europe et sont également confrontées à d'importants coûts en main-d'oeuvre, en énergie et en logistique, tout en faisant face à des incertitudes sur le Brexit.

Si British Steel venait à se déclarer en faillite et surtout si Port Talbot finissait par mettre la clé sous la porte, ce serait la fin d'un secteur qui a autrefois largement contribué à l'économie britannique. La production moderne d'acier est née en Grande-Bretagne. British Steel a supprimé l'an dernier environ 400 emplois, en raison notamment de la faiblesse de la livre. "La sidérurgie britannique est essentielle à notre base de production et revêt une importance stratégique pour l'industrie britannique. Le gouvernement doit intervenir", a déclaré Gill Furniss, porte-parole du Parti travailliste (opposition).

"Un placement sous administration serait dévastateur pour les milliers de travailleurs et leurs familles qui dépendent de cette industrie clé dans une région du pays qui n'a pas bénéficié du soutien et des investissements suffisants du gouvernement depuis des décennies", a ajouté le Labour. Selon une deuxième source, le gouvernement britannique est réticent à mettre plus d'argent dans British Steel, au-delà du prêt initial de 120 millions de livres accordé ce mois, car les fonds pourraient se retrouver dans les mains de Greybull en cas de faillite. Les syndicats ont également réclamé au gouvernement d'accorder un nouveau prêt à British Steel.

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Commentaires
a écrit le 22/05/2019 à 11:11 :
Quoi ? 34 millions d'euros qu'on pourrait engloutir intelligemment dans les JOs ou autres plaisanterie de l'homo festivus !
a écrit le 22/05/2019 à 8:44 :
L'emprise maléfique de la finance sur l'économie se réduit en GB du fait du brexit, du coup cela devrait permettre au gouvernement anglais de sauver cette industrie.

SOus Blair cela n'aurait pas été possible, ni voulu d'ailleurs, personne n'a encore remarqué comme toute la classe politique anglaise s'est renouvelée.
a écrit le 22/05/2019 à 8:21 :
Mais non, British Steel ne fera pas faillite. Xavier Bertrand vient tout juste de lui glisser un billet de 12 M€ sans qu'on ne lui demande rien, juste par générosité de cœur. Avec cette manne providentielle, le sidérurgiste va pouvoir tenir encore quelques jours.

Monsieur Bertrand, vous venez de nous faire une belle pécresserie !

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