Ascoval, l'épilogue : British Steel va reprendre l'aciérie et ses 270 salariés
Marie Julien et Zoé Leroy, AFP

Ascoval, acier, aciérie
Reuters
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L'aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord) et ses 270 salariés sont donc sauvés par le britannique British Steel. La chambre commerciale du tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg a en effet arrêté ce jeudi "le plan de cession de (...) Ascoval à la société Olympus Steel Ltd", société mère du groupe sidérurgique British Steel. La prise d'effet de cette cession a été fixée au "15 mai 2019 à minuit". A cette date, Ascoval sera renommé "British Steel Saint-Saulve".
La reprise d'Ascoval représente un financement de 94,5 millions d'euros, dont 47,5 millions d'euros apportés par British Steel (fonds propres et emprunts bancaires), et 47 millions d'euros de fonds publics apportés par l'Etat (25 millions d'euros), la région Hauts-de-France (12 millions d'euros) et Valenciennes Métropole (10 millions d'euros).
Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie fabrique des tubes d'aciers spéciaux. Elle attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, auquel le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine.
« Un ouf de soulagement. Maintenant, le plus dur reste à venir. Remplir le carnet de commandes, et surtout être attentif aux conditions de travail », a réagi auprès de l'AFP Nacim Bardi, délégué CGT de l'aciérie. Faute de nouvelles commandes, la production d'Ascoval est à l'arrêt jusqu'au 13 mai. Mais l'entreprise compense les pertes de salaire par une mesure de chômage technique.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé sa venue sur le site de Saint-Saulve, dès ce jeudi après-midi. Dans un communiqué, il a assuré qu'avec la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, ils « veilleront à la bonne application des volets social et industriel du projet de reprise ». Il a salué comme un "élément décisif", dans la recherche d'un repreneur, « l'attitude particulièrement responsable dont les salariés de l'entreprise et leurs représentants ont fait preuve tout au long de la procédure ».
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L'ensemble des 270 salariés d'Ascoval sont repris dans le cadre de cette acquisition, l'objectif étant que l'aciérie atteigne sa capacité maximale de production, soit 600.000 tonnes, d'ici à 2021.
Dans un premier temps, les magistrats strasbourgeois avaient accordé la reprise d'Ascoval au franco-belge Altifort, mais, fin février, celui-ci s'était désisté, étant incapable de réunir les fonds nécessaires. Cet épisode avait été vécu comme une véritable douche froide par les salariés, désormais 270, après une dizaine de démissions et de départs en retraite. Les magistrats strasbourgeois avaient accordé le 27 mars un nouveau délai d'un mois pour trouver un repreneur valable. A défaut, la liquidation aurait pu être prononcée.
Quatre nouvelles offres avaient alors été examinées : celle du sidérurgiste britannique, mais aussi celles du fonds SecuFund Industry, de l'industriel régional Pascal Cochez et du fabricant italien d'aciers spéciaux Calvi Networks, qui a finalement jeté l'éponge fin avril, faute d'avoir bouclé son plan de financement.
L'offre de British Steel était jugée la plus crédible par les acteurs du dossier.
L'acquisition d'Ascoval va permettre à British Steel d'asseoir un peu plus son statut de sidérurgiste européen. Elle confirme aussi l'intérêt des Britanniques pour une industrie métallurgique française quelque peu délaissée.
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Elle intervient au moment où le groupe GFG Alliance, du magnat indo-britannique Sanjeev Gupta, a mis la main sur une immense fonderie d'aluminium à Dunkerque, en promettant de "réindustrialiser la France", ainsi que sur deux équipementiers automobiles de Vienne, Saint-Jean Industries Alu et Fonderies du Poitou.
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