Ascoval, l'épilogue : British Steel va reprendre l'aciérie et ses 270 salariés

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(Crédits : Reuters)
Le tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg a confié ce jeudi 2 avril la reprise de l'aciérie à la maison mère de British Steel, Olympus Steel Ltd. Un soulagement pour les 270 salariés, épuisés par quatre années de rebondissements incessants. La prise d'effet de cette cession a été fixée au "15 mai 2019 à minuit", selon le greffe du TGI.

L'aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord) et ses 270 salariés sont donc sauvés par le britannique British Steel. La chambre commerciale du tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg a en effet arrêté ce jeudi "le plan de cession de (...) Ascoval à la société Olympus Steel Ltd", société mère du groupe sidérurgique British Steel. La prise d'effet de cette cession a été fixée au "15 mai 2019 à minuit". A cette date, Ascoval sera renommé "British Steel Saint-Saulve".

La reprise d'Ascoval représente un financement de 94,5 millions d'euros, dont 47,5 millions d'euros apportés par British Steel (fonds propres et emprunts bancaires), et 47 millions d'euros de fonds publics apportés par l'Etat (25 millions d'euros), la région Hauts-de-France (12 millions d'euros) et Valenciennes Métropole (10 millions d'euros).

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie fabrique des tubes d'aciers spéciaux. Elle attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, auquel le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine.

L'ensemble des 270 salariés repris

« Un ouf de soulagement. Maintenant, le plus dur reste à venir. Remplir le carnet de commandes, et surtout être attentif aux conditions de travail », a réagi auprès de l'AFP Nacim Bardi, délégué CGT de l'aciérie. Faute de nouvelles commandes, la production d'Ascoval est à l'arrêt jusqu'au 13 mai. Mais l'entreprise compense les pertes de salaire par une mesure de chômage technique.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé sa venue sur le site de Saint-Saulve, dès ce jeudi après-midi. Dans un communiqué, il a assuré qu'avec la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, ils « veilleront à la bonne application des volets social et industriel du projet de reprise ». Il a salué comme un "élément décisif", dans la recherche d'un repreneur, « l'attitude particulièrement responsable dont les salariés de l'entreprise et leurs représentants ont fait preuve tout au long de la procédure ».

L'ensemble des 270 salariés d'Ascoval sont repris dans le cadre de cette acquisition, l'objectif étant que l'aciérie atteigne sa capacité maximale de production, soit 600.000 tonnes, d'ici à 2021.

« En reprenant l'aciérie électrique de Saint-Saulve près de Valenciennes, British Steel ouvre une filière complémentaire à celle des hauts fourneaux pour développer une production à partir d'acier recyclé destiné aux "produits longs" (rails ferroviaires, fil machine) », ont expliqué, dans un communiqué commun, Ascoval et British Steel. « Cette nouvelle filière stratégique et plus écologique permettra d'alimenter et faire croître le volume de production des usines et laminoirs de British Steel », ont-ils ajouté.

Février 2019 : la douche froide

Dans un premier temps, les magistrats strasbourgeois avaient accordé la reprise d'Ascoval au franco-belge Altifort, mais, fin février, celui-ci s'était désisté, étant incapable de réunir les fonds nécessaires. Cet épisode avait été vécu comme une véritable douche froide par les salariés, désormais 270, après une dizaine de démissions et de départs en retraite. Les magistrats strasbourgeois avaient accordé le 27 mars un nouveau délai d'un mois pour trouver un repreneur valable. A défaut, la liquidation aurait pu être prononcée.

Quatre nouvelles offres avaient alors été examinées : celle du sidérurgiste britannique, mais aussi celles du fonds SecuFund Industry, de l'industriel régional Pascal Cochez et du fabricant italien d'aciers spéciaux Calvi Networks, qui a finalement jeté l'éponge fin avril, faute d'avoir bouclé son plan de financement.

L'offre de British Steel était jugée la plus crédible par les acteurs du dossier.

Un poids lourd britannique qui se développe en Europe

L'acquisition d'Ascoval va permettre à British Steel d'asseoir un peu plus son statut de sidérurgiste européen. Elle confirme aussi l'intérêt des Britanniques pour une industrie métallurgique française quelque peu délaissée.

Elle intervient au moment où le groupe GFG Alliance, du magnat indo-britannique Sanjeev Gupta, a mis la main sur une immense fonderie d'aluminium à Dunkerque, en promettant de "réindustrialiser la France", ainsi que sur deux équipementiers automobiles de Vienne, Saint-Jean Industries Alu et Fonderies du Poitou.

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Commentaires
a écrit le 15/05/2019 à 8:32 :
Suite et pas fin, british steel serait dans le besoin a cause des taxes co2 de l'europe.

Qand l'activité economique n'est plus rentable, est ce bien necessaire de perseverer? Ils feraient mieux d'attendre le brexit et rester chez eux.
a écrit le 04/05/2019 à 9:22 :
Pauvre France, même sa (bonne) ferraille fout l'camp, et dire qu'il y a quelques dizaines d'années nous avons fait avec les Anglais le merveilleux Concorde. Aujourd'hui nous entendons les braillards sur les TV mainstream dirent que sans l'Europe nous ne pouvons rien faire..
a écrit le 03/05/2019 à 16:26 :
Que vient encore faire l état dans cette galère. Avec le Brexit dans un an c'est la liquidation et l'anglais repartira Avec les millions d'euros des Français. Mais il faut satisfaire les syndicats sous peine de révolution
a écrit le 03/05/2019 à 11:44 :
47 millions d'euros d'argent public pour 270 salariés soit 174000 euros par salarié .
un vrai pactole qui garantit au repreneur d'avoir une main d'oeuvre gratuite pendant environ 3 ans .
pour un chef d'entreprise c 'est une aubaine , qui ne l'empêchera pas si nécessaire d'en licencier une partie après les quelques mois de statut quo sur lesquels il se sera engagé pour satisfaire les politiques impliqués .
à suivre ....
a écrit le 03/05/2019 à 10:03 :
Les Anglais délocalisent en France? Que fait la CGT?
a écrit le 03/05/2019 à 8:18 :
Le Brexit est effectivement du pipeau, les dirigeants joue une sorte de comédie mise en scène mais pas de Brexit dans les faits.
a écrit le 02/05/2019 à 19:03 :
Bravo pour Ascoval
On a besoin de vous,vive British Steel!!!
a écrit le 02/05/2019 à 17:35 :
Excellente nouvelle

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