L'aciérie Ascoval reprise par Altifort : un dossier chaud de moins pour Bercy

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(Crédits : Pascal Rossignol)
La reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et de ses 281 salariés par le groupe franco-belge Altifort a été validée mercredi 19 décembre par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg. Le dossier était devenu hautement politique, emblématique de la lutte contre la désindustrialisation.

C'est un ouf de soulagement pour les salariés d'Ascoval... et pour le ministère de l'Economie. La justice a mis fin mercredi 19 décembre à un interminable suspense, validant la reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) par le groupe franco-belge Altifort, avec le sauvetage de ses 281 emplois. Elle sera effective au 1er février 2019, doit préserver les emplois et en créer 140 nouveaux en deux ans sur le site de Saint-Saulve avec la construction d'un "train à fil", un outil de laminage des barres d'acier pour les transformer en "fil machine".

Le plan de financement se monte à 152 millions d'euros - dont 47 millions d'euros de fonds publics apportés par la région Hauts-de-France (12 millions), la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole (10 millions) et l'État (25 millions). Altifort apporte quant à lui 25 millions, le solde provenant des banques, dont la BPI.

« Altifort n'est pas un groupe qui a plein de pognon. On n'a pas de prétention. Le seul qu'on a, c'est qu'on veut bosser ! » a déclaré le directeur général d'Altifort, Bart Gruyaert, seul candidat en lice.

Entre promesses et faux espoirs

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve attendait un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes. Fin janvier 2018, le suisse Schmolz+Bickenbach avait acquis la plupart des actifs d'Asco Industries, sans inclure Ascoval dans le périmètre de cette reprise. En conséquence, Ascoval était parti à la recherche de son propre repreneur.

L'offre de départ d'Altifort impliquait que Vallourec maintienne pendant un an et demi son niveau actuel de commandes, mais le sidérurgiste a refusé, obligeant le gouvernement et le groupe franco-belge à travailler sur une proposition alternative avec des sources de financement et des clients supplémentaires.

Lire aussi : Ascoval : quelles chances de survie pour l'aciérie ?

Une vaste mobilisation syndicale et politique

Face au destin suspendu d'Ascoval s'en était suivie une vaste mobilisation syndicale et politique autour d'un projet de reprise - et autour de Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France (ex-LR) qui n'a jamais manqué une occasion de monter au créneau. Très attendu, le gouvernement s'est fortement impliqué dans les négociations pour la reprise d'Ascoval - l'État s'engageant in fine à apporter 25 millions dans l'escarcelle.

En fait, déjà, dès 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avait assuré devant les salariés de l'usine de Saint-Saulve "qu'il n'y aura(it) aucune fermeture de site et aucun départ contraint".

L'actuel ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a qualifié la décision venue de la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg de "bonne nouvelle pour l'industrie et pour l'emploi". A Blanquefort, les salariés de l'usine Ford veulent encore y croire...

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/12/2018 à 10:28 :
Bruno le Maire, a qualifié de "bonne nouvelle pour l'industrie et pour l'emploi". ???? Ce commentaire est un canular ! Petit appel historique. Le Maire reçoit les gens de l’aciérie, les yeux dans les yeux et devant les camera il dit "je vais vous aider" ! Quelques semaines passent et avec un grand courage, il envoie une jeune secrétaire d'État annoncer qu'il a décidé de fermer l’aciérie et mettre tout le monde au chômage ! La secrétaire d'État découvrant sur place une réalité autre que celle décrite par Bercy, décide de se battre pour que l'on rouvre le dossier. D'ou cette "happy end" ! Agnès Pannier-Runacher, enfin une énarque qui sert à quelque chose donc ils la mettront a la cave classer les archives, chez les énarques pas de pitié pour les vilains petits canards :)
a écrit le 21/12/2018 à 0:20 :
Ford, c'est autre chose avec en son sein, l'Epouventail : l'anti-"patronat" Absolu, POUTOU : le leader CGT-MARXISTE-LENINISTE

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