Etats-Unis : deux cadres de Société Générale mis en cause dans le dossier Libor

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Les banques utilisent le Libor (London Interbank Offered Rate) pour établir les taux de très nombreux prêts : prêts immobiliers, de cartes de crédit, etc.
Les banques utilisent le Libor (London Interbank Offered Rate) pour établir les taux de très nombreux prêts : prêts immobiliers, de cartes de crédit, etc. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les deux accusées ont, selon la justice américaine, fait en sorte que la Société générale fasse état de taux plus bas que ceux qu'elle aurait dû annoncer. Ce montage avait pour but de rehausser la réputation de la banque alors que des analystes financiers avaient fait remarquer que la Société générale annonçait en général des taux d'intérêt plus élevés que la moyenne.

Deux cadres de la Société générale ont été inculpées jeudi aux Etats-unis pour leur rôle supposé dans une affaire de manipulation du taux interbancaire Libor. Danielle Sindzingre, 54 ans, chargée de la trésorerie de la banque au niveau mondial à l'époque des faits, et Muriel Bescond, 49 ans, alors à la tête de la trésorerie pour la France, sont accusées d'avoir soumis de fausses informations relatives aux taux auxquels la banque pouvait emprunter de l'argent. Société générale n'était pas disponible dans l'immédiat pour faire un commentaire auprès de l'agence Reuters.

Les deux accusées ne se trouvent pas aux Etats-Unis, selon un porte-parole du bureau du procureur à Brooklyn. Il n'a pas voulu répondre à des questions concernant leur éventuelle extradition.

Amendes en série depuis que le scandale a éclaté

Sur le site internet de la banque française, Danielle Sindzingre est actuellement répertoriée comme la codirectrice générale du trading obligataire, crédit et devises. La page LinkedIn de Muriel Bescond dit qu'elle est aujourd'hui à la tête des dérivés à court terme au sein de Société générale.

Lire aussi : Du Libor à l'or, les grandes banques multiplient les scandales

Les banques utilisent le Libor (London Interbank Offered Rate) pour établir les taux de très nombreux prêts : prêts immobiliers, de cartes de crédit, etc. Les taux Libor en différentes devises sont calculés en fonction des informations que communiquent les banques elles-mêmes sur le taux d'intérêt auquel elles se financent.

Depuis que le scandale de la manipulation de ces taux a éclaté, des banques et des sociétés de courtage ont dû régler un total de quelque neuf milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) d'amendes de par le monde pour régler des litiges de manipulation du Libor. Plusieurs personnes ont été condamnées au pénal.

Un montage pour réhausser la réputation de Société Générale

La justice américaine estime que, entre mai 2010 et octobre 2011, Danielle Sindzingre, Muriel Bescond et d'autres personnes, qui ne sont ni citées ni accusées, ont fait en sorte que la Société générale fasse état de taux plus bas que ceux qu'elle aurait dû annoncer. Ces taux ont ensuite été utilisés, avec ceux de nombreuses autres banques, pour fixer le taux Libor en dollars américains.

Selon l'acte d'accusation, ce montage avait pour but de rehausser la réputation de la banque parce que des analystes financiers avaient fait remarquer que la Société générale annonçait en général des taux d'intérêt plus élevés que la moyenne.

Ces faux rapports ont parfois débouché sur un affichage du taux officiel du Libor en dollars plus faible qu'il n'aurait dû être. Selon les procureurs, cette manipulation a eu un impact négatif de 170 millions de dollars sur les marchés financiers mondiaux.

Toujours selon l'acte d'accusation, Danielle Sindzingre s'est demandée, vers le mois de juin 2010, si de faux rapports n'allaient pas attirer l'attention des autorités financières. Elle a alors suggéré à ses supérieurs qu'ils commencent à augmenter les taux communiqués afin qu'ils correspondent aux taux effectifs d'emprunt de la banque. Mais les rapports contenant des chiffres erronés pour les taux ont continué, poursuit l'acte d'accusation.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 25/08/2017 à 13:34 :
La Société Générale continue de faire la une des faits divers délictueux ;

Cela dure depuis le milieu des années 90, sans arrêt, ce ne sont pas 2 cadres qu'il faut traduire devant les tribunaux,

ce sont les équipes à la tête de la direction et du conseil d'administration, des voyous mafieux de la finance qui agissent en bandes organisées, qu'il convient de mettre en détention provisoire à fleuri mérogis pour éviter toutes pressions de tous ordres sur les témoins clés !!!!
a écrit le 25/08/2017 à 12:24 :
Depuis que l'excellent Marc VIENOT est parti de la direction générale, les deux derniers PDG n'on pas fait beaucoup marcher le service des contrôles permanents de la banque. Cela devient une grande fumisterie !! C'est inacceptable !!
CA S'ARRANGE PAS LA DIRECTION EST A LA DERIVE !!

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