EXCLUSIF. L’administrateur judiciaire, qui a les plus grandes affaires à son tableau de chasse ces dix dernières années -- Casino, People & Baby ou encore Groupe Bernard Tapie -- doit être nommé prochainement par le tribunal de commerce pour superviser l’accord entre Altice France et ses 150 créanciers.Altice France s'apprête aujourd'hui à dévoiler ses résultats financiers du premier trimestre 2025. Ils seront particulièrement scrutés, alors que l'entreprise s'apprête à entrer en procédure de sauvegarde accélérée.
Selon les informations de La Tribune, l'administrateur judiciaire Frédéric Abitbol, de l'étude Abitbol & Rousselet, est appelé à prendre en main la procédure de sauvegarde accélérée d'Altice, annoncée depuis fin février par les parties prenantes de l'opération de restructuration. Il doit être nommé dans les jours qui viennent par le tribunal des activités économiques de Paris.
Le deal est déjà défini entre Altice France et les plus de 150 créanciers du groupe de Patrick Drahi -- qui compte des fonds américains comme BlackRock, Pimco, et Fidelity --, mais également des acteurs français, comme BNP Paribas et Société générale. Il implique d'écraser la dette du conglomérat télécoms de plus de 8,6 milliards d'euros, réduisant son total à 15,5 milliards d'euros, contre 45 % de son capital.
Altice France regroupe plusieurs marques de téléphonie comme SFR, Red by SFR, Coriolis Telecom ou Prixtel, ainsi que des actifs variés : fichiers clients, boutiques, fréquences mobiles ou encore réseaux de fibres optiques. L'affaire est d'importance car sans restructuration de la dette, impossible pour Patrick Drahi de vendre Altice France. Or, il a déjà commencé à sonder le marché. Si cette procédure de sauvegarde accélérée aboutit comme prévu à un accord, elle donnera donc le coup d'envoi des négociations pour une cession.
Esther Attias et Amélie Charnay