COP21, carbone, climat… Et les PME-ETI, dans tout ça ?

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(Crédits : Markus Spiske / raumrot.com)
Principal rendez-vous climatique du quinquennat de François Hollande, la COP 21 sera également l’occasion de prendre un instantané de la responsabilité environnementale et sociale des entreprises françaises. Une Tribune d'expert de Thierry Fornas, Fondateur d'EcoAct.

S'il est désormais clair que les grands groupes ont bien compris l'intérêt que revêt la prise en compte du climat dans leur quotidien, la situation des PME et des ETI reste moins connue du grand public, alors qu'on en compte près de 3 millions en France.

PME et TPE : quels leviers d'actions pour le climat ?

Quand on parle d'environnement - et a fortiori de climat -, le premier réflexe est celui des éco-gestes. Simples à mettre en œuvre, ils ont l'avantage de fédérer les bonnes volontés, prouver que le discours se traduit en actes, nécessitent un investissement individuel minime pour un retour collectif potentiellement significatif et surtout, se communiquent facilement.  Pour les TPE, ces éco-gestes représentent donc souvent le principal levier d'actions : au-delà des questions de trésorerie, qui limitent la marge de manœuvre, l'empreinte environnementale d'une TPE reste souvent limitée car son activité est elle-même à petite échelle.

ETI : avec la taille viennent des questions plus structurantes...

Concernant les ETI, en revanche, l'enjeu est plus central : elles peuvent avoir un impact environnemental bien plus important. L'intégrer dans leur réflexion globale peut générer de sérieuses économies, si tant est qu'elles jouissent d'une visibilité financière à plus long terme. Pour elles, la question porte désormais plus sur l'innovation structurante que sur la couleur du vernis. En effet, la prise en compte du climat pourrait bien devenir pour elles un véritable levier de performance en repensant leur business model pour se différencier, proposer de nouvelles offres décarbonnées et avoir une vision stratégique de développement en intégrant les externalités classiques que sont l'impact environnemental et social de leur activité.

Les ETI n'arrivent pas aujourd'hui à intégrer ces innovations parce que le vrai levier de valeur se situe plus dans la refonte de leurs process que dans la mise en place de simples éco-gestes. C'est en repensant leurs business models et leurs modes de production que les ETI génèreront de véritables économies d'échelle, valoriseront vraiment leur engagement et se différencieront.

Le climat, nouvel outil des stratégies innovantes

Les investissements en temps et en argent n'ont alors plus aucune commune mesure avec le fait de changer des ampoules ou instaurer le tri. Les ETI sentent bien que pris correctement, le virage de la transition énergétique est une question stratégique pour leur business, mais quand elles se penchent sur le sujet, elles manquent de repères et se heurtent à de nombreux obstacles. Or, un dirigeant ne peut se permettre de naviguer à vue, d'engager la viabilité de son entreprise sur une simple intuition : il a besoin d'accompagnement, d'une vision claire du retour sur investissement, de retours d'expériences.

L'intelligence collective au service de l'innovation climatique

En substance, la transition énergétique est entrée dans une deuxième phase, plus axée sur l'innovation climatique et la mutation en profondeur des business. Les ETI ne veulent plus seulement "verdir" mais aussi se réinventer et être plus performantes. Le prisme s'est déplacé de la communication vers la stratégie business.

Or, comme les investissements et les échelles de temps s'allongent à mesure que les solutions deviennent de plus en plus structurantes, la recherche de synergies devient un incontournable pour espérer atteindre les objectifs annoncés. Et le climat nous touchant tous, il est logique que les solutions soient issues d'un processus partagé. Autrement dit, les dirigeants de PME et d'ETI ne peuvent pas se permettre de rester dans leur coin en attendant la COP 21. Ils doivent dès maintenant se rencontrer, confronter leurs visions et échanger leurs bonnes pratiques en matière d'innovation climatique.

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Bio express de l'auteur

Ingénieur de l'ESIEE Paris et diplômé d'un MBA HEC, Thierry Fornas a débuté sa carrière en tant que Chargé de Projets au sein d'un groupe international de services pétroliers. Puis, avoir travaillé 6 ans chez un acteur international majeur des semi-conducteurs, il fonde en 2005 - avec Gérald Maradan - la société EcoAct spécialisée dans le conseil carbone et la stratégie climatique.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2015 à 20:49 :
"S'il est désormais clair que les grands groupes ont bien compris l'intérêt que revêt la prise en compte du climat dans leur quotidien"... vous nous feriez un grand plaisir en nous éclairant quant à ce dont il s'agit. J'avoue mon ignorance crasse, mais en dehors des activités concernées par le climat, qui n'avaient nullement besoin qu'on les éclaire, et hormis les bonifications et autres aides ou pénalités fiscales "incitatives" de quoi parlez-vous? Vous mentionnez les éco-gestes... c'est quoi? Quel rapport avec le climat? Et surtout quelle vision? Quel but? Se plier au dictat des étatistes qui veulent mettre le monde en coupe réglée au nom d'une construction idéologique dont la supposée base scientifique est tout sauf démontrée? Saisir une partie des marchés créés de toute pièce pour le plus grand profit du capitalisme (ou socialisme) de connivence? Parce que sinon, à lire votre exposé, on se demande vraiment ce qui est en jeu en dehors du revenu des états et de celui du glacis d'industries et autres experts qui vivront de ces gestes quotidiens que vous citez. Vous décrivez la création ex nihilo d'une industrie de la rente fondée sur un faux constat et imposé par la force publique.
Réponse de le 13/06/2015 à 9:55 :
quasiment plus personne ne nie le changement climatique. Les entreprises, surtout les grandes, ont bien compris que c'était un enjeu majeur pour elle.
L'article est probablement un peu compliqué pour vous (c koi un eco geste?)
Réponse de le 13/06/2015 à 23:30 :
quelle argumentation remarquable. Un peu du niveau des votes à main levée... Quant à la difficulté de compréhension, l'attaque personnelle vaut tous les discours. Cela dit, au cas bien improbable où vous soyez prêt au moindre effort intellectuel, vous expliquerez le lien entre eco geste, COP21 carbone et climat... Je veux dire lien cohérent en termes de logique, pas de croyance ou de mantra. Cdlt

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