L'ABC du climat, pour tout comprendre avant la COP21

 |   |  3826  mots
La conférence des Nations unies sur les changements climatiques se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.
La conférence des Nations unies sur les changements climatiques se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. (Crédits : BENOIT TESSIER)
De « CCS » à « zone d'action pour le climat » en passant par « mécanisme pour un développement propre », la lutte contre le réchauffement climatique possède son vocabulaire propre qu'il n'est pas toujours aisé d'appréhender. Décryptage.

A comme... adaptation contre atténuation

Atténuation et adaptation sont les deux faces de la lutte contre le risque climatique. Devant la montée des eaux ou la multiplication des sécheresses, de nombreuses voix s'élèvent pour que le même poids soit désormais accordé à l'adaptation aux effets déjà sensibles du changement climatique qu'à l'atténuation de ces effets grâce aux mesures destinées à limiter les émissions de gaz à effet de serre ou à protéger les puits de carbone. Historiquement, l'atténuation a été favorisée au motif que s'intéresser à l'adaptation était assimilé à de la résignation, et aussi en raison de la meilleure rentabilité des projets. C'est donc bien aux projets d'adaptation que devrait être destinée en priorité l'enveloppe de 100 milliards d'euros et en particulier le Fonds vert, dans la mesure où ils ne sont pas de nature à attirer la finance privée.

B comme... Biodiversité

Certains regrettent l'hégémonie actuelle du changement climatique au détriment d'autres enjeux écologiques tels que la biodiversité. Au-delà d'une concurrence en matière de communication et de financement et s'il est vrai que des conflits peuvent survenir, par exemple autour des agro-carburants ou des arbitrages entre éoliennes et protection du littoral, les deux causes sont intimement imbriquées. La biodiversité souffre directement du réchauffement climatique et l'on anticipe la disparition de 20 % à 30 % des espèces à l'horizon 2100, tant et si bien que l'on parle de « sixième extinction ». En même temps, la biodiversité apporte des solutions précieuses de lutte contre le changement climatique, notamment la capacité des forêts à absorber le CO2, ou la végétalisation urbaine qui concourt à la réduction de l'effet « îlot de chaleur ».

C comme... CCS (Carbone Capture and Storage)

Cette technologie consistant à capter le CO2 à la sortie des installations pour le stocker sous terre ou sous mer est la principale piste explorée pour une exploitation moins polluante des centrales thermiques. Les pays de l'OCDE ont d'ailleurs décidé d'exempter les centrales équipées de système de captage et stockage de CO2 de leur toute récente décision de réduire leurs aides à l'exportation des centrales au charbon. Pour l'Agence internationale de l'énergie, le CCS pourrait contribuer pour 15 % à 20 % à la réduction des émissions de CO2 nécessaire pour rester sous la barre des 2°C. Mais, outre des enjeux technologiques réels, la viabilité économique du CCS n'est aujourd'hui pas assurée, en raison d'un cours du carbone trop bas.

D comme... Désinvestissement

Né en 2008 sur quelques campus américains, le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles (responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre) a été amplifié depuis par des ONG dont 350.org et le groupe de presse britannique The Guardian, avec sa campagne « Keep it in the ground ». Fin septembre 2015, plus de 430 fonds de pensions, compagnies d'assurances, institutions ou investisseurs privés du monde entier, représentant 2600 milliards de dollars (2 300 milliards d'euros) d'actifs, s'étaient engagés à ne plus investir dans ce secteur, contre seulement 50 milliards de dollars un an plus tôt. En France, Axa, Crédit agricole, la Société générale, Natixis et, plus timidement BNP Paribas, ont récemment pris des engagements dans ce sens.

E comme... énergie

C'est le grand absent du projet de texte des négociations, alors que c'est le principal levier sur lequel jouer pour abaisser les émissions. En 2013, les combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz « conventionnels », mais aussi huiles et gaz de schiste ou sables bitumineux) représentaient 78 % de la consommation énergétique finale mondiale, 80 % des émissions totales de CO2 et 67 % des émissions de gaz à effet de serre. Les renouvelables (énergies hydraulique, éolienne, solaire, géothermique, marine) ainsi que les bioénergies assuraient 19 % de la consommation finale. Les appels en faveur d'une transition massive privilégiant l'efficacité énergétique et ces énergies propres se multiplient de la part des scientifiques, des professionnels de santé et même des économistes. Un récent rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) montre que 100 % de l'électricité française pourraient être d'origine renouvelable en 2050. Alors que les gouvernements du G20 investissent 452 milliards de dollars par an dans l'exploration et la production de combustibles fossiles, 20 économistes du monde entier les ont appelés à prendre des mesures urgentes pour réduire ces subventions.

F comme... Finance climat / Fond vert

Le sujet du financement est apparu au cours des derniers mois de plus en plus essentiel à l'obtention d'un accord universel à Paris. La finance climat inclut l'enveloppe de 100 milliards de dollars par an promise par les pays riches aux émergents et aux pays en développement à compter de 2020, dont le Fonds vert récemment créé. L'identification des flux destinés à cette enveloppe avant l'ouverture des négociations est une condition nécessaire à l'instauration de la confiance entre le Nord et le Sud. À l'issue du sommet des institutions financières à Lima en octobre, le compteur atteignait 87 milliards de dollars, issus de prêts et de subventions. Plus largement, la finance climat désigne les outils qui permettent de réorienter et mobiliser les flux aussi bien publics que privés, pour financer la transition vers une économie décarbonée, un objectif baptisé « shifting the trillions ».

G comme... G20

Réunissant 19 pays industrialisés et émergents ainsi que l'Union européenne, la rencontre du Groupe des vingt (G20) qui s'est tenue à Antalya (Turquie) les 15 et 16 novembre, était très attendue à quelques semaines de la COP21. À son issue, plusieurs ONG ont toutefois dénoncé une « occasion manquée ». Les 20 puissances se sont limitées à exprimer leur « détermination » à respecter l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C, ainsi qu'à éviter l'échec de la conférence de Paris. Bien que leurs efforts de décarbonation soient jugés insuffisants, elles ne se sont pas engagées à réduire davantage leurs émissions de gaz à effet de serre, qui représentent aujourd'hui 75 % du total mondial. Le soutien massif apporté à la production de combustibles fossiles (qui s'élève à 452 milliards de dollars en 2014, contre 121 pour les énergies renouvelables) n'a pas non plus pu faire l'objet d'un accord.

H comme... Humanité

Ces derniers mois, les hôtes français de la COP21 ont rappelé à plusieurs reprises que « l'enjeu du climat engage l'humanité, car il y va de la survie de notre planète ». Déjà, lors de la conférence écologique de 2014, François Hollande avait formulé le souhait que soient posés « les droits de l'humanité, c'est-à-dire le droit pour tous les habitants de la Terre à vivre dans un monde dont le futur n'est pas compromis par l'irresponsabilité du présent ». L'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage lui a remis début novembre un rapport présentant un projet de déclaration universelle. Reconnaissant la responsabilité des générations présentes à l'égard des générations futures et l'interdépendance entre l'homme et la nature, le texte sera soumis au vote des Nations unies.

I comme... INDC

« Un effort mondial sans précédent est en cours », mais il n'est pas encore suffisant pour maintenir le réchauffement en dessous des 2°C. C'est le verdict de l'ONU après avoir passé en revue les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, ou INDC (Intended Nationally Determined Contributions), annoncés par 170 pays au 20 novembre, pays qui représentent 90 % des émissions mondiales. Les États étant laissés libres de déterminer le contenu de leurs « contributions nationales », leur précision et leur niveau d'ambition sont très inégaux. Une vingtaine de pays manque encore à l'appel, dont quelques absents de renom comme le Qatar et l'Iran.

J comme... Jakarta

Avec d'autres métropoles telles que Hong Kong, Shanghaï, New York et Tokyo, la capitale de l'Indonésie serait l'une des victimes de la montée des eaux provoquée par le dérèglement climatique, selon une recherche américaine. Une disparition partielle ou totale aurait lieu même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à 2°C. Dans ce cas, « seuls » des territoires aujourd'hui peuplés de 280 millions de personnes seraient couverts par les mers, alimentées par la fonte des glaciers et des calottes du Groenland et de l'Antarctique, mais aussi par la dilatation des océans en raison du réchauffement. À +4°C, le phénomène concernerait plus de 600 millions d'habitants.

K comme... Kyoto

Théâtre en 1997 de la troisième COP, la ville japonaise donne son nom à l'un des principaux aboutissements de la négociation internationale sur le climat : le protocole de Kyoto. Les pays développés s'y sont engagés à réduire, dans la période 2008-2012, leurs émissions moyennes de 5,2 % par rapport à 1990, en mettant parallèlement en place des mécanismes « de flexibilité » et de contrôle. Entré en vigueur en 2005 et ratifié par 191 États et l'Union européenne, représentant 63,7 % des émissions de gaz à effet de serre, il a été affaibli par la non-ratification des États-Unis et la sortie en 2011 du Canada. Il a néanmoins été amendé en 2012 pour établir une deuxième période d'engagement courant jusqu'en 2020, dont l'accord issu de la COP21 doit prendre la relève.

L comme... Lima

C'est dans la capitale péruvienne, à l'issue d'un sommet ayant réuni en décembre 2014 quelque 50 pays et institutions, qu'environ 15 milliards de dollars par an sont venus s'ajouter aux 62 milliards de dollars déjà alloués par la communauté internationale pour soutenir financièrement les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement. Cette somme a été promise en octobre par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne de reconstruction et de développement, qui se sont engagées à augmenter la part de leurs investissements consacrés à des projets verts. C'est à Lima également, lors de la COP20, que Laurent Fabius et la délégation française ont lancé officiellement la préparation de la conférence de Paris 2015, et que les parties ont défini les paramètres des contributions nationales à présenter en 2015.

M comme... Mécanisme pour un développement propre

Le MDP est en sursis. Mécanisme « de flexibilité » né en 2005 conformément au protocole de Kyoto, le mécanisme de développement propre permet à des États ou des entreprises du Nord (appartenant à l'annexe I) de financer des projets de réduction d'émissions de CO2 dans les pays du Sud. En dix ans, 7900 projets dans 107 pays ont émis pour 1,6 milliard de crédits, soit un investissement total de près de 100 milliards d'euros et une réduction théorique de 1,6 milliard de tonnes de CO2. Si quelques projets d'énergie renouvelables ont pu en bénéficier, la majorité des crédits ont été émis par des producteurs de gaz industriels et parfois pour financer des projets à l'effet contestable. Le système est critiqué de longue date et, faute d'acheteurs, le cours des crédits s'est peu à peu effondré, entraînant la suspension de nombreux projets. La suppression programmée de la distinction entre pays de l'annexe I et hors annexe I dans le prochain accord pourrait leur porter un coup fatal.

N comme... Nucléaire

Considéré comme non émetteur de gaz à effet de serre, le nucléaire (2 % de la production d'énergie mondiale) apparaît dans de nombreux scénarios de transition énergétique dont ceux de l'Agence internationale de l'énergie ou du Giec. Ce dernier en rappelle néanmoins les faiblesses, notamment sur le plan du fonctionnement des centrales, de l'extraction minière et de la gestion des déchets. Depuis Fukushima, sa part a été revue à la baisse dans la plupart des scénarios en raison d'une hostilité croissante de l'opinion publique, mais aussi des coûts liés aux nouvelles normes de sécurité et aux retards accumulés par des chantiers tels que les EPR en France et en Finlande. Les 140 associations pro-nucléaires regroupées au sein de la fédération mondiale Nuclear for Climate (N4C) ont publié début novembre une étude présentant l'énergie nucléaire comme une solution au changement climatique, donc éligible aux financements bas carbone. En France, où EDF prévoit de construire plusieurs dizaines d'EPR de nouvelle génération d'ici à 2050 en remplacement du parc actuel de réacteurs, un rapport de l'association Wise (World Information Service on Energy), commandé par plusieurs ONG, a répliqué en pointant la faible contribution du nucléaire à la baisse des émissions de CO2 dans le monde.

O comme... Ozone

Très redouté dans les années 1980, le « trou » au-dessus de l'Antarctique dans la couche d'ozone - la partie de la stratosphère filtrant les rayons solaires - pourrait être complètement résorbé à la fin du siècle. C'est ce qu'espèrent l'ONU et l'Organisation météorologique mondiale dans leur rapport de 2014. Le mérite en revient à la négociation internationale ayant abouti à l'adoption d'une convention-cadre en 1985, puis d'un protocole en 1987. Dits respectivement « de Vienne » et « de Montréal », ces textes constituent un modèle pour la diplomatie climatique, puisqu'ils ont permis de bannir la plupart des composés chlorés et bromés responsables du phénomène. Ces produits chimiques utilisés dans l'industrie étant aussi des gaz à effet de serre, le protocole aurait également eu un effet positif sur le réchauffement. Les chlorofluorocarbures (CFC) bannis sont néanmoins en voie d'être remplacés par des hydrofluorocarbures (HFC), dont le potentiel en termes de réchauffement est aussi important...

P comme... Puits de carbone

L'expression a été médiatisée en 1998 par un projet lancé par Peugeot et l'Office national des forêts (ONF), consistant à replanter deux millions d'arbres d'espèces locales sur 2000 hectares dans la forêt brésilienne. Elle désigne un réservoir naturel ou artificiel qui absorbe plus de carbone qu'il n'en rejette et contribue à réduire la concentration de gaz à effet de serre. Les puits de carbone naturels sont les océans (qui absorbent 30 % des émissions de dioxyde de carbone, grâce au plancton et aux coraux, mais dont l'acidification réduit cette capacité), les forêts (25 %) et les sols.

Q comme... Quota d'émission

Mis en place en 2005, dans le cadre du Protocole de Kyoto, le marché européen du carbone est un système d'échanges de quotas de CO2 (officiellement, système communautaire d'échange de quotas d'émission, SCEQE).

Inspiré de l'outil américain ayant permis d'endiguer les émissions de dioxyde de soufre dans les années 1990, il fonctionne selon le principe du cap and trade : une quantité de quotas (ou autorisations d'émission) plafonnée (cap) est échangée (trade) entre les acteurs soumis à ce régime. Répartis entre les différents États membres, les quotas sont répercutés sur plus de 11500 installations (production d'électricité, cimenteries, aciéries, papeterie) représentant la moitié des émissions de CO2 européennes, tenues de restituer en fin d'année un nombre de quotas équivalent à leurs émissions réelles. Elles peuvent aussi les échanger sur le marché. De 30 euros la tonne, le cours s'est effondré à la suite de la crise financière et économique de 2008, puis, sous l'effet des fraudes à la TVA, vols de quotas ou détournements du mécanisme de développement propre, il est descendu jusqu'à 5 euros en 2012. En novembre 2015, il flirte avec les 8 euros. Un mécanisme de mise en réserve de quotas excédentaires doit entrer en vigueur en 2019 et permettre de le faire remonter à environ 16 euros en 2020 puis 30 euros en 2030.

R comme... Révision / Ratchet Mechanism

Le projet de texte qui servira de base aux négociations prévoit un principe de révision des engagements à intervalles réguliers, a priori de cinq ans. L'objectif est de permettre aux États de réviser leurs ambitions de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre en fonction de l'évolution des technologies, de leurs coûts et de la réglementation. Car il est peu probable que les engagements pris à l'issue de la COP21 garantissent de rester sous la barre des 2°C. Le terme anglais de « ratchet » (« cliquet ») rend mieux le concept de révision exclusivement à la hausse. Pour l'heure, certains pays n'ont accepté qu'un principe de bilan régulier.

S comme... Subventions aux énergies fossiles

Les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) viennent de décider de réduire leur soutien à la vente à l'étranger de centrales électriques fonctionnant au charbon, alors que la France avait annoncé la suppression de ses aides à l'exportation de ces centrales en septembre... Le soutien massif apporté par les États aux énergies fossiles, qui ont pourtant été responsables avec l'industrie de 78 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1970 et 2010, est en effet de plus en plus pointé du doigt. Dans les 34 pays de l'OCDE et les six grandes économies émergentes du G20 - Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Russie et Afrique du Sud -, les aides représentaient entre 140 et 180 milliards d'euros en 2014.

T comme... Tarification du carbone

Autre absente notable du projet de texte issu des dernières négociations de Bonn, la tarification du carbone est pourtant de plus en plus largement réclamée. François Hollande et Angela Merkel, mais aussi des regroupements d'entreprises, ont souligné qu'elle constituait le seul signal clair pouvant être lancé à l'économie en vue d'une réduction des émissions. Christine Lagarde, présidente du FMI, a récemment encouragé les États à l'instaurer sous la forme d'une taxe. Autre possibilité, le plafonnement des droits à polluer, échangeables sur un marché spécifique. Si une quarantaine de pays et 23 villes ont déjà mis en place un système de prix du carbone ou s'apprêtent à le faire, selon la Banque mondiale, les taux de la taxe ou les prix de quotas y demeurent toutefois encore trop faibles pour réorienter efficacement les investissements.

U comme... Urbanisation

C'est l'un des phénomènes les plus saillants du XXIe siècle. Abritant déjà plus de la moitié de la population mondiale, les villes vont voir leur population doubler de taille et accueillir d'ici à 2050 quelque 6 milliards d'habitants. Déjà responsables de 70 % de la consommation d'énergie et de 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elles détiennent donc les clés de la transition énergétique. Grâce notamment à la numérisation, les villes intelligentes ont d'ores et déjà entamé leur mue pour diminuer leurs consommations d'énergie et d'eau, se convertir à l'économie circulaire, mieux gérer les transports, connecter les bâtiments et faire entrer la nature en ville. Avec, en ligne de mire, une meilleure qualité de vie pour les citadins.

V comme...Vérification (MRV)

Le MRV (mesure, reporting, vérification) est un mécanisme essentiel de la lutte contre le changement climatique. Il désigne l'ensemble des mesures prises par un État pour collecter des données concernant ses émissions et les actions entreprises pour les atténuer, pour compiler cette information dans des rapports et les soumettre à une analyse internationale. Dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays de l'annexe I (les plus développés) doivent se prêter à des contrôles de deux ordres : centralisés ou approfondis. Les premiers sont réalisés chaque année à Bonn (Allemagne) à partir de documents fournis par les pays. Les seconds sont réalisés au sein même des États par des experts agréés par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

W comme... Washington

Le gouvernement Obama a donné récemment des gages de ses ambitions climatiques, avec son Clean Power Plan et le rejet du projet d'oléoduc Keystone XL. Mais le président américain fait face à un Congrès à majorité républicaine qui compte un bon nombre de climato-sceptiques. C'est pourquoi John Kerry a rappelé récemment que l'accord signé à Paris ne saurait être globalement contraignant sur le plan juridique, même si plusieurs clauses pourront l'être. Lors de son premier déplacement aux États-Unis fin septembre, le pape François a tenu devant les Nations unies un discours sur le climat. Il avait auparavant fait escale à Washington pour y rencontrer Barack Obama, mais aussi pour s'exprimer devant le Congrès, une première pour un souverain pontife. Il y a réitéré son appel, développé dans son encyclique Laudato si !, à « un effort courageux et responsable [...], pour inverser les effets les plus graves de la détérioration environnementale causée par l'activité humaine » et notamment à une révolution énergétique permettant une reconversion des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.

X comme... Xynthia

Le procès en appel se déroule actuellement, plus de cinq ans après les faits. C'est dans la nuit du 27 au 28 février 2010 que 29 habitants de la Faute-sur-Mer (Vendée) ont trouvé la mort. La tempête Xynthia a également touché le Royaume-Uni, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Scandinavie et, en France, les régions du Centre, la Normandie et le Nord-Pas-de-Calais. Mais c'est la Faute-sur-Mer qui a payé le plus lourd tribut, en raison des nombreuses habitations construites en zone inondable. C'est ce qui a valu à l'ancien maire de la commune et à son adjointe à l'urbanisme d'avoir été condamnés à de la prison ferme pour homicides involontaires. Au-delà des responsabilités en jeu, ce drame symbolise la vulnérabilité des villes côtières face à des inondations promises à se multiplier à l'avenir sous l'effet du changement climatique.

Y comme... Youth/Coy

Dans le monde entier, la jeunesse (youth) est particulièrement mobilisée sur les enjeux climatiques. Chaque année, une Conférence de la jeunesse (COY pour Conference of Youth) permet à des jeunes du monde entier de se rassembler avant la COP. La onzième édition, d'une ampleur plus importante que les précédentes, se déroule à Villepinte du 26 au 28 novembre. Elle a pour objectif de préparer un message commun à destination des négociateurs, rappelant que la jeunesse est prête à modifier ses modes de vie pour basculer vers une société plus durable.

Z comme... Zone d'action pour le climat (ZAC) au 104

La Zone d'action pour le climat (ZAC) est l'une des manifestations maintenues malgré les récentes restrictions imposées par le gouvernement à la suite des attentats du 13 novembre. Hébergée par le lieu culturel Le Centquatre dans le XIXe arrondissement de Paris, la ZAC se veut le quartier général de la Coalition Climat 21. Ce sera à la fois un lieu d'information où l'on pourra assister à des projections, participer à des débats, découvrir des expositions artistiques sur la thématique du dérèglement climatique, et assister chaque jour en fin d'après- midi à une assemblée générale faisant le point sur l'état des négociations de la COP21 et sur les actions du jour et du lendemain, actions symboliques et performances artistiques.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/11/2015 à 23:27 :
@BONSOIR : Mais M. HOLLANDE et sa clique nous prennent ils pour des demeurés.... Vous avez vu cette kyrielle de voitures et toutes ces dépenses avec ALORS LA CLIQUE peut polluer mais pas nous allez M. HOLLANDE ras le bol de vos mensonges à répétition !.
a écrit le 29/11/2015 à 9:07 :
Pour qu'il y est une efficacité réelle il serait nécessaire aussi de pénaliser toute consommation excessive de carburant, comme celle des avions dispensés de taxe sur le kérozène. De même une taxe uniforme sur les carburants, comme la TIPP actuelle, ne peut être assez dissuasive si elle n'est pas lourde pour les gros revenus. Une redistribution partielle cette taxe doit être mise en place, comme prévu en 2005 pour la taxe carbone.
a écrit le 28/11/2015 à 11:39 :
Vous vous êtes trompé pour le nucléaire, c'est 4,4% de l'énergie produite mondiale, c'est simple à vérifier, dans le dernier BP statistical review.

Vous avez oublié de dire que les quelques scénarios du GIEC qui composent avec le nucléaire sont les 1192 des 1200 scénarios pour rester en dessous des +2°C à 2100. Donc la quasi-totalité des scénarios anti nucléaires sont un échec pur le climat.

Ensuite, ce serait bien que vous vous basiez sur autre chose que l'étude clairement anti-nucléaire d'un "institut" non indépendant, comme par exemple le GIEC ou tout autres organisme de recherche, les consensus scientifiques, garant de l'indépedance des chercheurs ça existe. Ca vous éviterait de rapporter les conneries d'un lobbyiste pétro-gazier des centaines de fois plus puissant que le seul "lobby" nucléaire.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :