COP21 : 39 grands groupes français se rallient à la lutte contre le réchauffement climatique

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Parmi les signataires, 37 ont d'ailleurs pris des engagements de réduction de leurs émissions. 11 se sont dotés d'un prix interne du CO2 pour infléchir leurs décisions d'investissement ou accélérer leurs réductions d'émission, détaille le manifeste. Des efforts, selon les ONG environnementales, encore insuffisants face à l'ampleur et à l'urgence du danger climatique.
Parmi les signataires, 37 ont d'ailleurs pris des engagements de réduction de leurs émissions. 11 se sont dotés d'un prix interne du CO2 pour "infléchir leurs décisions d'investissement ou accélérer leurs réductions d'émission", détaille le manifeste. Des efforts, selon les ONG environnementales, encore insuffisants face à l'ampleur et à l'urgence du danger climatique. (Crédits : STEPHANE MAHE)
Rassemblés autour d'un "manifeste" compilant leurs engagements individuels et leurs ambitions communes, les entreprises signataires promettent d'investir au moins 45 milliards d'euros pour des projets industriels, ainsi que de recherche et développement dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et autres technologies bas carbone.

Un exercice de communication, certes, mais aussi un engagement dont ils seront appelés à répondre dans quelques années... A quelques jours du début de la COP21, 39 grands groupes français se sont rassemblés jeudi 26 novembre à Paris pour publier ensemble leurs promesses respectives en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Globalement, 170 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2020 sont annoncés par les participants à ce Manifeste pour le climat, qui inclut l'essentiel du CAC 40, dont notamment Accor, BNP Paribas, Carrefour, Danone, EDF, JCDecaux, Kering, La Poste, Michelin, Orange, la RATP, Saint-Gobain ou encore Total et Valeo.

15 milliards dans le nucléaire et 30 dans le gaz

De 2016 à 2020, les 39 entreprises signataires, qui affirment employer 4,4 millions de collaborateurs dans le monde et représenter 1.200 milliards d'euros de chiffre d'affaires, prévoient notamment d'investir au moins 45 milliards d'euros pour des projets industriels et de recherche et développement dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et d'autres technologies bas carbone. Sur cette même période, elles comptent également mettre à disposition des financements bancaires ou obligataires à hauteur d'au moins 80 milliards d'euros pour des projets contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Les 170 milliards d'euros mis en avant incluent aussi des investissements bas carbone à hauteur de 15 milliards d'euros dans de nouvelles capacités nucléaires ainsi que, à hauteur de 30 milliards d'euros, dans le gaz naturel, présenté comme une "énergie de transition", prévus sur les cinq prochaines années. Des volets de l'enveloppe qui ne peuvent toutefois pas être considérés participer à "la vraie transition énergétique", à savoir celle fondée "sur l'efficacité énergétique et les renouvelables", souligne Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation Nicolas Hulot, cité par l'AFP.

Le climat, une opportunité plus qu'une contrainte selon Total

Parmi les signataires, 37 ont d'ailleurs pris des engagements de réduction de leurs émissions. 11 se sont dotés d'un prix interne du CO2 pour "infléchir leurs décisions d'investissement ou accélérer leurs réductions d'émission", détaille le manifeste.

Lire: Prix du carbone: tout le monde en parle... mais qu'est-ce que c'est?

Le défi du climat "est plus une opportunité qu'une contrainte", estime en effet le directeur général de Total Patrick Pouyanné, cité par l'AFP, ajoutant que le pétrolier, gros émetteur de gaz à effet de serre du fait de son activité, a "la conviction" de pouvoir lui-même agir, disposant "des capacités technologiques et financières" pour s'engager. En matière de réchauffement climatique, "historiquement ,on a beaucoup insisté sur le fait que les entreprises étaient le problème". Or, elles sont "à la fois le problème et la solution" (...), souligne Pierre-André de Chalendar, patron de Saint-Gobain.

Lire: Climat: les majors pétrolières militent pour la lutte contre le réchauffement

Le texte commun affiche aussi le soutien des 39 groupes français à la réussite de la COP21 et à la signature d'un accord mondial "ambitieux et réaliste". Les signataires y plaident également pour la mise en place de "mécanismes de tarification carbone, reliés entre eux, dans les principales régions économiques" du monde. Une démarche que Jean-Pierre Clamadieu, le PDG du chimiste Solvay, explique par la nécessité "qu'il y ait une convergence de ces différents systèmes" vers, "à terme", un "prix du carbone mondial", pour préserver la compétitivité des entreprises et industries européennes.

Les multinationales en première ligne

Le manifeste parisien s'ajoute ainsi à la longue liste des annonces et engagements en faveur du climat multipliés ces derniers mois par le monde économique. Lundi à Genève, c'étaient ainsi 78 multinationales, essentiellement européennes mais aussi des pays émergents, qui avaient publié une déclaration commune en faveur d'un accord "ambitieux" à Paris et de "politiques claires et consistantes" pour accompagner leur action.

Les patrons de 81 entreprises -dont Google, Xerox, Intel, Starbucks, McDonald's- ont été réunis en octobre à la Maison Blanche par Barack Obama autour de la cause climatique. Dans le secteur de la finance, Allianz, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis ont déjà fait part de leur intention de réduire leurs financements à l'industrie du charbon.  Des pas en avant s'inscrivant "dans la démarche de mobilisation de l'ensemble de la société - villes, régions, organisations non gouvernementales, entreprises et citoyens - que nous avons voulu susciter en vue de la Conférence de Paris", souligne le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Mais, selon les ONG environnementales, encore insuffisants face à l'ampleur et à l'urgence du danger climatique.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2015 à 10:14 :
Toujours la logique libérale! les pollueurs sont les payeurs de la COP 21 et à terme ce seront les bénéficiaires puisqu'il vendront au prix fort des installations sensées faire des économies de carbone aux pays défavorisés le tout payé par des taxes payées par les consommateurs des pays riches. le consommateur paye et l'entreprise tire la couverture à elle. vive l'écologie. est ce que le taux de rejet de carbone diminuera : non du fait de l'augmentation de la population mais on nous dira que c'est mieux que si on avait rien fait ce qui est difficile à nier mais aussi difficile à vérifier.
a écrit le 26/11/2015 à 22:47 :
Vous en dites trop ou trop peu ... Quelles sont les sociétés du CAC40 qui ont refusé de s'engager ?

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