MBDA devrait obtenir un nouveau record à l'export en 2013. Malgré la non vente d'une plateforme française, le missilier a toutefois obtenu de nombreux contrats à l'international : Arabie Saoudite, Singapour, Corée du Sud, Turkménistan...
2013 a été indéniablement une très, très bonne année pour MBDA à l'export. Le missilier européen devrait certainement annoncer mardi à l'occasion de l'annonce des résultats 2013 avoir battu son record de prises de commandes à l'international (hors les commandes des quatre pays domestiques : Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie).
Un record que le groupe avait battu en 2012 quand il avait engrangé 1,5 milliard d'euros de commandes cette année-là. Ce qui avait d'ailleurs été l'une des très rares satisfactions de MBDA et de son PDG, Antoine Bouvier. Car les commandes au total (2,3 milliards d'euros) avaient été encore bien en-dessous du chiffre d'affaires (3 milliards). Une mauvaise habitude depuis 2009.
En France, MBDA a enfin obtenu la signature tant attendue du programme de missile tactique, le missile moyenne portée (MMP) pour un montant de 400 millions. En Grande-Bretagne, le missilier a obtenu un contrat de 250 millions de livres pour la production du système de défense aérienne Sea Ceptor armé par des missiles CAMM (Common Anti-air Modular Missile). Enfin, en Allemagne, le groupe a reçu en mai une commande du missile air-air Meteor.
L'Arabie Saoudite, premier client export de MBDA en 2013
C'est en Arabie Saoudite que MBDA a cartonné en 2013. Selon nos informations, le missilier a gagné cinq contrats. Tout d'abord le groupe britannique a choisi MBDA pour fournir à l'armée de l'air saoudienne le missile air-sol britannique le Dual-Mode Brimstone. En outre, il équipera l'armée de l'air saoudienne un lot supplémentaire de missiles de croisière Storm Shadow. Soit environ une commande évaluée pour MBDA à 500 millions d'euros.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
MBDA participera au contrat d'Etat à Etat (LEX ou Life Extension Sawari 1) de plus d'un milliard d'euros portant sur la modernisation de quatre frégates de classe Al Medinah et de deux pétroliers-ravitailleurs de la classe Boraida mis en service en 1985-1986 (contrat Sawari I). MBDA va équiper les pétroliers de son nouveau système surface-air à très courte portée de MBDA Simbad-RC (un peu plus de 40 millions d'euros), deuxième client de ce nouveau produit.
Malaisie, Singapour, Corée, Nouvelle-Zélande, Indonésie et Turkménistan
MBDA a gagné un contrat portant sur les installations de tir de missiles sur les six corvettes de type Gowind, dont le design a été vendu par DCNS en Malaisie. Le montant de cette commande est évalué à un peu moins de 100 millions d'euros. Mais qui dit installations de tir dit commandes futures de missiles. MBDA doit vendre cette année des missiles surface-air VL Mica, et l'antinavire, Exocet block 3. La future commande est estimée entre 300 et 400 millions d'euros.
MBDA a obtenu en 2013 une très jolie commande à Singapour, un client référent, qui a investi dans des missiles Aster 30. Par ailleurs, le missilier a placé le Mistral en Indonésie et le Simbad-RC au Turkménistan, selon nos informations. Enfin, la Corée du sud s'est offert 170 missiles de croisière Taurus d'une portée de 500 kilomètres pour une valeur totale de 300 millions d'euros. Il a également été sélectionné par la Nouvelle-Zélande pour son système Sea Ceptor.
Le miracle permanent de MBDA
Chaque année, MBDA réussit un petit miracle à l'exportation. Car le missilier n'est pas vraiment aidé par les plate-formistes français (Dassault, DCNS, Airbus Helicopters…) qui ne vendent pas ou quasiment pas. Du coup, il a dû se réorienter vers des plateformes étrangères comme le chantier naval néerlandais Damen (corvettes modulaires Sigma), qui est très actif à l'export. Et ses succès à l'export, le missilier les doit le plus souvent à son portefeuille produits sol-air (VL-Mica, Sea Ceptor, Mistral…) et antinavire (Exocet block 3). Enfin, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, donne le plus souvent possible un coup de pouce au missilier.
"MBDA cartonne dans des pays où on ne l'attend pas forcément grâce à un travail de fonds des équipes commerciales", constate un bon observateur. Un travail initié par le grand patron de l'export, Jean-Luc Lamothe qui a su nouer des partenariats avec des plate-formistes étrangers. Des succès qui sont également dus à la stabilité des équipes commerciales dans les pays. Un gage de réussite sur le moyen-long terme. Grâce à cette stratégie patiente, MBDA devrait concrétiser de beaux succès cette année ou en 2015 dans des pays inattendus.