Pourquoi Thales a dû repousser son assemblée générale

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Le futur président du conseil d'administration de Thales, Henri Proglio, doit encore patienter avant de présider le conseil de Thales. Patrice Caine a pris le manche du groupe.
Le futur président du conseil d'administration de Thales, Henri Proglio, doit encore patienter avant de présider le conseil de Thales. Patrice Caine a pris le manche du groupe. (Crédits : Thales)
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a considéré que la prééminence de l'Etat était rompue dans le pacte d'actionnaires qui lie l'Etat et Dassault Aviation. En l'état, l'AMF aurait pu demander à l'avionneur de lancer une OPA sur Thales. Ce que personne ne souhaitait.

Décidément rien est jamais simple dans la gouvernance de Thales même si ce nouveau rebondissement avec le report de l'assemblée générale du groupe électronique n'est finalement qu'une péripétie, dont l'origine est une "raison purement technique", explique-t-on à La Tribune. Cela montre toutefois un certain amateurisme... A la demande de l'Etat (26,53 %) et de Dassault Aviation (25,96 %) lié par un pacte d'actionnaires, le conseil d'administration de Thales a donc décidé de reporter l'assemblée générale prévue le 4 février prochain.

Explication officielle donnée par Thales dans un communiqué : "L'Etat et Dassault Aviation ont estimé que la mise en œuvre effective de la dissociation des fonctions de président et de directeur général, respectivement dévolues à Henri Proglio et Patrice Caine, nécessitait au préalable la nomination de deux administrateurs supplémentaires afin, d'une part, de pérenniser la prédominance de l'Etat au sein du concert le liant, via la holding TSA détenue à 100% par l'Agence des participations de l'Etat, à Dassault Aviation et, d'autre part, de renforcer la présence d'administrateurs personnalités extérieures au sein du conseil d'administration". Un conseil composé aujourd'hui de 16 membres, dont cinq représentants de l'Etat et quatre de Dassault Aviation.

L'AMF ne valide pas l'accord entre l'Etat et Dassault

Fin décembre, l'Etat et Dassault Aviation, qui avaient mis un certain temps à s'accorder sur la gouvernance de Thales - Henri Proglio en tant que président du conseil d'administration et Patrice Caine en tant que directeur général -, se sont chamaillés jusqu'au bout pour savoir lequel des deux devait céder un siège pour laisser entrer Henri Proglio au conseil d'administration. Et c'est finalement Stève Gentili, président du conseil d'administration de BRED Banque Populaire, en tant qu'administrateur indépendant, qui a laissé sa place à Henri Proglio. Du coup, l'Etat et Dassault Aviation, qui n'avait jusqu'ici que quatre administrateurs, se trouvent à parité au sein du conseil.

Consultée, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a donc demandé à l'Etat et à Dassault Aviation de revoir l'accord entre les deux partenaires liés par un pacte. Elle a considéré, comme l'a souligné le communiqué de Thales, que la prédominance de l'Etat était rompue au sein du pacte d'actionnaires. A défaut de de rétablir cette prédominance, l'AMF était tentée de retirer sa dérogation à Dassault Aviation de ne pas lancer une OPA sur Thales. En 2008, les conclusions de l'AMF avaient reposé sur "une appréciation approfondie de l'équilibre entre le secteur public et Dassault Aviation, à la fois en termes de participations relatives en capital et en droits de vote, de représentation au conseil d'administration de Thales, et de modalités de gouvernance définies par le dispositif contractuel prévu entre les parties".

Deux femmes supplémentaires au conseil de Thales?

Pour confirmer la dérogation de l'AMF accordée à Dassault Aviation, les deux partenaires du pacte ont donc convenu de nommer deux administrateurs supplémentaires. Selon nos informations, l'Etat et Dassault Aviation souhaiteraient proposer deux femmes pour le conseil d'administration de Thales. Une fois le choix des futures administratrices effectué, le conseil de Thales se réunira en vue de convoquer une nouvelle assemblée générale.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2015 à 14:06 :
Thales a toujours été une boite de crabe , sauf peut être à l'époque Gomez , les politiques les syndicats les copains de tout bord s'en donne à cœur joie ...heureusement les ingénieurs continuent de travailler et on les laissent un peu tranquille. C'est peut être la raison pour laquelle le bateau THALES ne se transforme pas en radeau de la meduse.
a écrit le 29/01/2015 à 9:14 :
la bonne question est : pourquoi tout ce micmac pour propulser Proglio...... ? qu'on vient d'éjecter d'EDF en le remplaçant par.... l'ancien PG de Thalès

je crois que nos dirigeants économiques et politique se foutent du monde.... et que l'état actuel de la France est directement lié à ce déficit de gouvernance et d'éthique de nos élites

les intérêt des entreprises , de leurs performances, et de l'emploi induit, passent au second plan par rapport aux intérêt particuliers. le déclin industriel de la france est en partie lié à ces magouilles de cours d'école
a écrit le 29/01/2015 à 8:49 :
et sinon, si on remettait un seul poste de pdg au lieu de deux et de ces nouveaux sieges au CA?
ca couterait surement moins cher et serait peut etre plus efficace non? quelle est la raison de cette separation en deux ?

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