Armement : la start-up Starnav a trouvé l’antidote au brouillage des GPS
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La version Aero du système Magellan
Starnav
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La version Aero du système Magellan
Starnav
Depuis le déclenchement des conflits à Gaza et Kiev, l'envoi de faux signaux pour brouiller ou leurrer les GPS redouble d'intensité. Selon les experts, près d'un millier de vols civils par jour subiraient des interférences en passant à proximité d'Israël ou de l'Ukraine mais aussi dans les pays scandinaves comme le rapportent des médias locaux. L'explosion du phénomène inquiète au premier chef les armées dont les navires ou avions se trouvent de plus en souvent privés de connexions.
C'est à cette perte de liaison satellitaire que répond la société Starnav installée à Bretteville-sur-Odon, dans la banlieue de Caen. Créée en 2007 par un ancien militaire, elle a développé un dispositif embarqué baptisé Magellan qui transpose pour la défense les techniques de visée stellaire astrale. Sorte de sextant du 21ème siècle, l'outil couplé à une centrale inertielle permet aux bateaux ou aux aéronefs des armées de se géolocaliser sans GPS grâce aux étoiles et au soleil.
Déjà testé en conditions réelles par Naval Group, la marine nationale et l'armée de l'air, il a démontré sa robustesse, assure Georges Lamy au Rousseau, fondateur de la start-up. « Contrairement aux autres systèmes de même inspiration comme celui de Sodern [filiale d'Ariane Group], il ne nécessite pas de pointage et il s'ajuste aux conditions météo ce qui le rend opérationnel dès maintenant ».
Magellan n'intéresse pas que les Français. Starnav vient d'intégrer la deuxième promotion du programme d'accélération Diana de l'Otan. Lancé en 2021, celui-ci a pour objectif « d'identifier des innovations de défense susceptibles, après d'apporter des capacités aux Alliés ». 74 start-up dont six françaises, sont entrées dans ce club très fermé au terme d'un écrémage drastique (2.600 candidats au départ).
À lire également
De quoi donner des ailes à la petite équipe normande (10 personnes) qui prépare une levée de fonds « de l'ordre de 5 millions d'euros » pour lancer la commercialisation et l'entrée en production de son système. En attendant, elle est déjà assurée de tester ses innovations lors du prochain exercice Repmus de l'Alliance Atlantique qui aura lieu en septembre.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Nathalie Jourdan