Défense : les pays européens de l'Otan poussés à augmenter leurs dépenses
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Le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, a promis qu'un nouvel objectif de dépenses doit être fixé cette année.
Johanna Geron
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Le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, a promis qu'un nouvel objectif de dépenses doit être fixé cette année.
Johanna Geron
Les membres de l'Otan doivent augmenter leurs dépenses de défense. Une demande encore réitérée ce mercredi par le secrétaire général de l'organisation politico-militaire transatlantique. « Nous devons faire beaucoup plus pour avoir ce dont nous avons besoin pour la dissuasion et la défense (...) afin que le fardeau soit partagé de façon plus équitable », a déclaré Mark Rutte.
Le timing de cette nouvelle prise de parole n'est pas un hasard. Il est lié à la présence au siège de l'Alliance à Bruxelles du nouveau secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Ce dernier doit notamment assister à une réunion avec les membres de l'Otan. Et, une chose est certaine, il est en partie là pour accentuer la pression sur les Européens concernant le financement de cette organisation.
Ainsi, mardi, le chef du Pentagone n'a pas tourné autour du pot quand aux contenus des discussions qu'il compte avoir avec ses homologues européens. « L'urgence du moment exige que les amis (les Européens, NDLR) parlent entre eux de leurs capacités, de leur leadership, de l'intensification de leurs efforts, du partage des charges », a-t-il fait savoir.
Et d'ajouter : « Le continent européen mérite d'être à l'abri de toute agression, mais ce sont les pays voisins qui devraient investir le plus dans cette défense individuelle et collective (...). Le bon sens veut que vous défendiez votre voisinage, et les Américains se joindront à vous pour vous aider dans cette défense. »
Des propos qui font écho à ceux de Donald Trump. Depuis sa réélection en tant que président des États-Unis, le républicain ne cesse de répéter que les Alliés européens de l'Otan doivent accroître leurs dépenses de défense. Et il fixe la barre très haut en réclamant qu'ils consacrent 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à ces dépenses. Or, les membres de l'organisation se sont engagés il y a dix ans, après l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée, à un niveau bien moindre, 2 % de leur PIB. Et tous ne l'ont toujours pas atteint puisque, actuellement, 23 pays sur les 32 ont tenu cet engagement.
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Parmi eux, la Pologne fait figure d'exception avec ses 4,12 %. Elle prévoit de faire encore mieux et de consacrer 4,7 % de son PIB à ce secteur pour 2025. Hausse aussi prévue du côté de la Lituanie, qui envisage de dépenser entre 3 % et 4 % de son PIB en 2025. Puis « entre 5 % et 6 % chaque année entre 2026 et 2030 », a annoncé le président lituanien, Gitanas Nauseda, mi-janvier.
Si dépenser plus fait consensus chez de nombreux membres de l'Alliance reste que, pour la plupart d'entre eux, la « marche » de 5 % est trop haute, selon un diplomate de l'Otan. Ce que confirme l'Institut international pour les études stratégiques (IISS). Selon cet organisme spécialisé basé à Londres, les exigences de l'excentrique dirigeant américain sont « inatteignables à l'heure actuelle ».
Il ressort, dans son rapport annuel, que les dépenses militaires en Europe ont progressé de +11,4 % en 2024, propulsées par le soutien apporté à l'Ukraine. Elles sont « 50 % plus élevées qu'il y a dix ans », sans considérer l'inflation, est-il précisé. Une hausse qui aurait atteint ses limites. « Avec la persistance des pressions budgétaires dans la plupart des pays européens, il sera probablement difficile de maintenir une telle augmentation », estime l'institut.
D'après ses calculs, si la contribution des alliés européens était portée à 3 % du PIB, le budget de l'Otan augmenterait de 250 milliards de dollars (241 milliards d'euros). Et de 750 milliards de dollars (723 milliards d'euros) si elle grimpait à 5 %. « Mais de tels chiffres sont inatteignables à l'heure actuelle, certains pays ayant déjà recours à des instruments hors budget » pour investir dans la défense, relève l'IISS.
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Un nouvel objectif doit en tout cas être fixé cette année, comme l'a maintes fois rappelé Mark Rutte. « Nous déciderons du nombre exact dans le courant de l'année, mais ce sera considérablement plus de 2 % », a-t-il assuré fin janvier au Forum de Davos. Si le chiffre de 3,5 % est régulièrement évoqué, la décision ne devrait pas être prise avant, au mieux, le prochain sommet de l'Otan en juin à La Haye.
(Avec AFP)
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