L'avionneur franco-italien ATR se sent pousser des ailes

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En 2017, les turbopropulseurs ATR se sont une nouvelle fois hissé à la première place du palmarès des ventes d'avions régionaux de moins de 90 places, selon ATR.
"En 2017, les turbopropulseurs ATR se sont une nouvelle fois hissé à la première place du palmarès des ventes d'avions régionaux de moins de 90 places", selon ATR. (Crédits : PICHI CHUANG)
Le constructeur franco-italien a réalisé une très belle année commerciale en obtenant 113 commandes fermes en 2017.

Un atterrissage réussi. Pour son premier bilan, le président exécutif d'ATR Christian Scherer, qui a pris le manche du constructeur franco-italien de turbopropulseurs en octobre 2016, a de quoi être satisfait. Si l'avionneur régional ne bat pas le record de 2014 (160 appareils vendus), il a néanmoins réalisé une très belle année commerciale en obtenant 113 commandes fermes (+ 40 en option) essentiellement signées par trois clients : IndiGo (50 ATR 72-600), FedEx (30 ATR 72-600F) et Iran Air (20 ATR 72-600). Un niveau de commandes trois fois supérieurs à celui de 2016 (36 commandes) quand ATR avait connu un sérieux trou d'air. Le bilan commercial de 2017 gonfle le carnet de commandes à 235 ATR à fin 2017 (212 à fin 2016). Soit trois ans de production.

"En 2017, les turbopropulseurs ATR se sont une nouvelle fois hissé à la première place du palmarès des ventes d'avions régionaux de moins de 90 places", s'est félicité le constructeur dans un communiqué

Basé à Toulouse, ATR a également livré l'année dernière 78 appareils neufs (contre 80 en 2016), dont 70 ATR 72-600. Ce qui lui a permis de stabiliser son chiffre d'affaires comme en 2016 à 1,8 milliard de dollars, dont 300 millions dans les services grâce notamment aux accords de maintenance globale (GMA). Des accords qui concernent déjà 300 appareils en service et sont un filon pour ATR qui a 180 opérateurs dans 90 pays. En 2017, le constructeur a atteint un book-to-bill (ratio commandes/livraisons) de 1,45. Pour 2018, l'avionneur table sur 80 livraisons et, "après une année forte en nombre de commandes", il prévoit un book-to-bill "supérieur à 1", a programmé Christian Scherer.

Une première commande de 15 appareils en 2018

L'année 2018 commence bien pour ATR avec une commande mise en vigueur par la compagnie américaine Silver Airways (12 ATR 42-600 et 3 ATR 72-600), qui a déjà pris cinq appareils en 2017 au loueur Nordic Aviation Capital (NAC). Le premier appareil sera livré par ATR en mars. Outre la commande de FedEx en 2017, ce nouveau contrat signe définitivement le retour d'ATR aux Etats-Unis sur les routes régionales. Le constructeur compte aussi participer au renouvellement de la flotte d'Air France/KLM, et précisément de la compagnie régionale HOP. Christian Scherer se dit confiant compte tenu des performances économiques des ATR, qui donnent aux turbopropulseurs un avantage concurrentiel face aux jets d'Embraer et de Bombardier. Par rapport à un jet, l'ATR-600 consomme aujourd'hui 50 % de moins.

Autre bonne nouvelle pour le constructeur toulousain, la part des loueurs dans le carnet de commandes est descendu à moins de 20%, contre il y a peu plus de 40%. Ce qui va permettre aux loueur de racheter des appareils à ATR. Christian Scherer a entrepris un gros travail pour "liquéfier" aussi bien le marché de l'occasion que celui des loueurs, contraints de garder leurs appareils sur les bras en raison d'un marché, qui tourne au ralenti depuis deux ans. Ce qui tirait le marché vers le bas.

Vers un nouveau modèle

ATR, qui construit des avions de 50 à 90 places, travaille de plus en plus intensément à la préparation d'un nouveau modèle pour étoffer sa gamme actuellement composée de l'ATR 72 et de l'ATR 42. "Une partie de notre marché, de notre clientèle, souhaite voir ATR se positionner dans les deux ans qui viennent sur ce sujet", a expliqué Christian Scherer, disant ne pas avoir de "religion" sur le nombre de places de l'appareil ou d'éventuelles ruptures technologiques.

Le patron d'Air Lease Corp, Steven Udvar-Hazy avait estimé en 2014 qu'il existait un marché pour un turboprop de 90 places. Ce projet de longue date fait désormais l'objet de groupes de travail entre Airbus, Leonardo et ATR, a précisé Christian Scherer. Le décollage de ce nouveau projet n'est plus qu'une question de temps...

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Commentaires
a écrit le 24/01/2018 à 7:42 :
la premiere application d un avion hybride mais dans ce cas le module 90 places est trop grand compte tenu de la technologie disponible sous 5 ans ; pourquoi ne pas commencer par un petit module 40 places ? une manière de recommencer l aventure ATR des années 80 il.
a écrit le 23/01/2018 à 19:34 :
L'ATR 90 places aurait du être fait depuis longtemps, s'il n'y avait eu la dirigeance française à freiner des 4 fers pour ne pas concurrencer l'Airbus.Et le temps perdu ne se rattrape jamais.Ni le temps ni les marchés.Il n'y a vraiment pas de quoi féliciter Scherer.
a écrit le 23/01/2018 à 9:05 :
Ils ont surtout intérêt à réfléchir à un avion électrique sinon à moyen terme ils sont morts
Réponse de le 23/01/2018 à 15:09 :
Un avion électrique de substitution est illusoire avant 50 ans; par contre pourquoi s'obstiner à faire décoller des jets en court courrier alors que les turbopropulseurs sont fait pour ça, et en plus, il sont moins contraignants en terme d'infrastructures d'aéroports, de pollution CO2 et sonores...

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