La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a annoncé ce mercredi avoir identifié que 15 de ses appareils Airbus A350 avaient besoin de nouvelles conduites de carburant au niveau du moteur, selon des inspections réalisées après l'immobilisation de 48 avions de sa flotte pour des raisons de sécurité.
[Article publié le 4 septembre à 12h01, mis à jour à 12h54] Le composant du moteur défaillant de Cathay Pacific est désormais connu. Confirmant les premières pistes évoquées par La Tribune mardi, la compagnie aérienne hongkongaise a indiqué ce mercredi qu'il s'agit des conduites de carburant au niveau du moteur. Cathay Pacific avait affirmé mardi que 15 de ses Airbus A350 avaient besoin de nouvelles pièces, selon des inspections réalisées après l'immobilisation de sa flotte pour des raisons de sécurité. La compagnie aérienne a annoncé que sa flotte d'A350 reprendrait ses activités d'ici le 7 septembre, une fois les réparations effectuées.
Les« conduites de carburant au niveau du moteur »de« 15 avions »nécessitent un remplacement et,« parmi eux, six ont déjà connu des réparations réussies et sont prêts à être utilisés », a affirmé l'entreprise, ajoutant qu'un total de 90 vols avaient été annulés entre lundi et samedi.
Pour rappel, Cathay, l'un des plus grands utilisateurs mondiaux d'avions long-courriers A350, a immobilisé les 48 appareils de ce type présents au sein de sa flotte. Cette décision est intervenue après qu'un avion A350-1000 à destination de Zurich a été contraint de rebrousser chemin vers Hong Kong lundi. Peu après le décollage, l'un des moteurs Trent XWB-97 de l'appareil a subi un départ d'incendie qui a pu être contenu. Dans la foulée, la compagnie avait déclaré avoir identifié « une défaillance d'un composant du moteur » fabriqué par Rolls-Royce, sans toutefois préciser lequel.
Ce mercredi, Alex McGowan, directeur des opérations de la compagnie hongkongaise, est revenu sur l'incident :
« Cathay a dû gérer une situation délicate, car la défaillance d'un composant du moteur était la première de ce type à se produire sur un A350 dans le monde entier. »
Selon Keith Brown, directeur de l'ingénierie, la compagnie aérienne est en contact avec les autorités aéronautiques de Hong Kong, ainsi qu'avec les constructeurs de l'avion et du moteur. « Chaque avion fait l'objet d'une inspection rigoureuse », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Une fois l'inspection terminée, les avions autorisés à voler seront remis en service, tandis que ceux qui présentent des problèmes techniques feront l'objet de réparations et d'entretien supplémentaires ».
Ni l'un, ni l'autre n'ont précisé si seuls les A350-1000 étaient concernés par ces défaillances, ou si les A350-900 étaient également touchés.
Rolls-Royce et Airbus en «étroite collaboration »avec Cathay
De son côté, Rolls-Royce n'a pas apporté plus de détails pour le moment sur ces conduites de carburant défectueuses, si ce n'est qu'il avait sécurisé la fourniture de pièces de rechange pour Cathay Pacific, afin d'effectuer des remplacements sous aile. Ce qui allège largement le processus de réparation.
Assez laconique jusqu'à présent, le motoriste britannique s'est contenté de déclarer qu'il allait « travailler en étroite collaboration avec la compagnie aérienne, l'avionneur et les autorités compétentes pour soutenir leurs efforts », précisant qu'une enquête avait été ouverte par les autorités hongkongaises,« ce qui l'empêche de faire des commentaires ».
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La société précise tout de même qu'elle « tiendra également les autres compagnies aériennes qui exploitent des moteurs Trent XWB-97 pleinement informées de tout développement pertinent, le cas échéant. » Il faut dire qu'elle marche quelque peu sur des œufs avec ce moteur qui avait déjà fait l'objet de critiques de la part du très écouté patron d'Emirates, Tim Clark, lors du salon de Dubaï 2023. Il avait exprimé ses inquiétudes quant à la durabilité et la longévité de ce moteur spécifique à l'A350-1000.
Rolls-Royce avait alors répliqué via Ewen McDonald, son directeur des relations clients, auprès de La Tribune. « L'Airbus A350 et le Trent XWB de Rolls-Royce ont prouvé à maintes reprises qu'ils constituaient une combinaison gagnante », avait-il affirmé. Et Rolls-Royce avait ajouté prendre des mesures pour améliorer la durabilité de ses moteurs.
L'action Rolls-Royce a cédé 6,47% à Londres lundi, mais elle poursuit son redressement depuis, en légère hausse ce mercredi matin.
Le son de cloche est le même chez Airbus. « Nous travaillons en étroite collaboration avec Rolls-Royce et Cathay Pacific. À l'heure actuelle, il serait inapproprié pour nous de faire d'autres commentaires, dans l'attente de l'enquête en cours », a indiqué le constructeur aéronautique à La Tribune.
Des conséquences sur les résultats de Cathay
L'incident de lundi a provoqué des répliques : plusieurs compagnies aériennes asiatiques, telles que Japan Airlines, Thai Airways et Singapore Airlines, ont indiqué procéder à des contrôles de sécurité de leurs flottes d'A350-900 et A3500-1000. Ces appareils qui recourent aux moteurs fabriqués par Rolls-Royce. Pour l'instant, aucune d'entre elles n'a indiqué de problèmes similaires, même si certaines inspections doivent encore avoir lieu ce mercredi.
Shukor Yusof, analyste chez Endau Analytics, société de conseil basée à Singapour, a déclaré que cette affaire affecterait probablement les résultats financiers de Cathay.
« À chaque fois qu'un avion est cloué au sol à grande échelle, c'est critique, car cela a un impact sur les passagers et, en fin de compte, sur les résultats », a-t-il assuré à l'AFP, ajoutant qu'il reste à voir si d'autres transporteurs disposant de grandes flottes d'A350 - comme Singapore Airlines ou Japan Airlines - sont touchés.
« Il y a des problèmes logistiques chroniques impliquant la chaîne d'approvisionnement et la main-d'œuvre résultant de la crise du Covid et qui reviennent maintenant », a-t-il souligné.