Crash du Boeing 737 d'Ethiopian Airlines : le groupe échappe à un procès emblématique grâce à un accord à l'amiable
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Photo d'illustration
Peter Cziborra
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Une fois encore, Boeing échappe au banc des accusés. À la veille de l'ouverture d'un procès fédéral très attendu à Chicago, le constructeur aéronautique américain a conclu un accord à l'amiable avec Paul Njoroge, seul plaignant à l'audience, dont toute la famille a péri dans le crash d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines en mars 2019.
L'affaire, hautement symbolique, portait sur le vol ET302 qui s'est écrasé six minutes après son décollage d'Addis-Abeba, faisant 157 morts. Parmi eux : la femme, les trois enfants et la belle-mère de Paul Njoroge. La plainte visait à obtenir réparation pour "mort injustifiée" et "négligence", sans remettre en cause la responsabilité que Boeing a déjà reconnue dans la catastrophe.
Le cabinet Clifford Law, qui représentait M. Njoroge, a confirmé vendredi qu'un accord confidentiel avait été trouvé à la dernière minute, mettant fin à l'un des rares dossiers encore non réglés par voie amiable. « L'équipe a travaillé jour et nuit pour préparer ce procès, mais le médiateur a permis aux parties de parvenir à une solution », a déclaré Me Robert Clifford.
Le procès, qui devait durer entre cinq et sept jours devant un jury populaire, visait uniquement à évaluer l'indemnisation. La plainte de Njoroge, devenu symbole du drame humain lié au 737 MAX, était la seule à l'ordre du jour. D'autres actions regroupant les familles de victimes ont déjà donné lieu à des indemnisations. Au total, plus de 90 % des recours civils liés aux deux crashes du 737 MAX (Ethiopian Airlines et Lion Air) ont été soldés hors des tribunaux, selon Boeing.
En acceptant sa responsabilité dans l'accident, Boeing reconnaît que le logiciel MCAS (destiné à éviter les décrochages) est directement en cause. Ce même système avait également provoqué le crash d'un autre 737 MAX 8 de Lion Air en Indonésie, cinq mois plus tôt, tuant 189 personnes.
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Malgré des excuses publiques et des indemnisations s'élevant à plusieurs milliards de dollars, y compris dans le cadre d'une procédure pénale au Texas, Boeing n'a pas encore tourné la page judiciaire. Un juge fédéral doit prochainement décider s'il valide définitivement un accord négocié avec le ministère de la Justice pour clore l'ensemble des poursuites pénales.
Depuis le drame, Paul Njoroge est devenu l'un des visages les plus médiatisés des familles endeuillées. « Ces six minutes de terreur sont à jamais gravées dans mon esprit », déclarait-il en 2019 devant le Congrès américain, évoquant les derniers instants de sa famille. Analyste financier à l'époque du crash, il a cessé toute activité professionnelle depuis. En 2021, il a fondé une organisation caritative en mémoire de ses enfants, finançant écoles et bourses en Afrique et au Canada.
Malgré la signature de cet accord, le dossier judiciaire du 737 MAX n'est pas clos. Une nouvelle audience, prévue mercredi, doit fixer la date du prochain procès civil, probablement en novembre, regroupant d'autres plaignants.
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Boeing, qui cherche à restaurer sa réputation et la confiance du public, reste sous pression. Le spectre d'un procès fédéral médiatisé sur sa responsabilité directe dans les crashes continue de hanter le constructeur, qui tente d'éviter à tout prix un nouveau revers judiciaire public.
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