Crise du 737 MAX : le PDG de Boeing démissionne

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PDG de Boeing depuis 2015, Dennis Muilenburg n'est pas parvenu à retrouver l'agrément officiel nécessaire à la reprise des vols du 737 MAX, interdit de vol depuis mars dernier.
PDG de Boeing depuis 2015, Dennis Muilenburg n'est pas parvenu à retrouver l'agrément officiel nécessaire à la reprise des vols du 737 MAX, interdit de vol depuis mars dernier. (Crédits : Reuters)
Dennis Muilenburg a annoncé lundi sa démission de Boeing, cédant sa place de PDG à David Calhoun, le président du groupe. Il paye l'enlisement de la crise du 737 MAX, cet avion interdit de vol depuis près de neuf mois et qui n'a aucune visibilité pour une reprise des vols. Wall Street a aussitôt applaudi cette annonce...

Le patron de Boeing Dennis Muilenburg, en difficulté depuis des mois en raison de la crise du 737 MAX, a démissionné, a annoncé lundi l'avionneur américain, estimant qu'un changement à la direction est indispensable pour restaurer la confiance dans le groupe.

"Le directeur financier de Boeing, Greg Smith, exercera les fonctions de directeur général par intérim pendant la brève période de transition" avant que David Calhoun, actuellement président, ne reprenne les rênes de l'entreprise, a précisé Boeing.

"Le conseil d'administration a décidé qu'un changement de direction était nécessaire pour restaurer la confiance dans la société alors qu'elle s'efforce de rétablir les liens avec les autorités de réglementation, les clients et toutes les autres parties prenantes".

Lire aussi : Pendant que Boeing coule, Airbus vole très haut : plus de 1000 commandes en 2019

Plus de 400 avions immobilisés

La semaine dernière, Boeing a pris acte de l'immobilisation plus longue qu'annoncée de la flotte de 737 MAX, interdits de vol depuis mars dernier après deux accidents qui ont fait 346 morts. L'avionneur a ainsi annoncé qu'il suspendait finalement la production de cet avion, alors qu'il avait continué à le produire malgré l'impossibilité de les livrer aux compagnies aériennes. Près de 400 exemplaires de 737 MAX sont actuellement entassés dans d'immenses parkings. Boeing comptait alors sur une remise en service plus rapide. Mais il semblerait que la direction de l'aviation civile américaine ne soient pas encore disposées à rendre son agrément de vol à avion avant le courant de l'année 2020.

Lire aussi : Le Boeing B737 MAX ne revolera pas avant 2020

Pour Boeing, cette immobilisation et cette rupture de la production sont autant une catastrophe financière qu'un défi industriel puisque la production du 737 MAX mobilise 12.000 salariés et de nombreux sous-traitants. La mise en difficulté de ces derniers pourrait, en outre, compromettre une reprise sereine de la production du 737 MAX.

L'action de Boeing a immédiatement bondi en Bourse après l'annonce de la démission de Dennis Muilenburg, avec un gain d'environ 4% à Wall Street.

Lire aussi : Safran impacté par l'arrêt de la production du Boeing 737 MAX

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Commentaires
a écrit le 29/12/2019 à 10:56 :
Oui, remplace par un manager de l’institut de statistiques Nielsen, ça ne me semble pas très cohérent , mais bon, il ne devait pas y avoir des masses de candidats !
a écrit le 27/12/2019 à 15:16 :
Vous remarquerez que l'on ne donne plus de calendrier pour le retour en vol de cet avion …. et pour info, tous ces avions stockés sans voler s'abîment (poussière au Moyen-Orient, humidité, voire corrosion, pneus qui s'ovalisent et qui seront de ce fait à jeter, liquides hydrauliques à l'intérieur des tuyauteries qui attaquent les joints…) Toutes proportions gardées, c'est comme si vous laissiez votre voiture quatre ans dans le verger en Normandie…. bon courage.
a écrit le 26/12/2019 à 8:20 :
Si les économistes crackistes ont raison, cette affaire est le déclencheur idéal.
a écrit le 24/12/2019 à 3:06 :
Encore un qui se croyait indispensable.
a écrit le 23/12/2019 à 23:42 :
La sensibilité individuelle accrue de nos comportements et de nos actes ds nos choix de consommateur sur l'impact environnemental).
De ce pt de vue, Boeing est handicapé par rapport à Airbus sur la composition de son actionnariat essentiellement privé dt les stratégies de rentabilité à court terme peuvent être incompatibles avec ce besoin de tps long ou dt les exigences de rentabilité vont privilégier la distribution de dividendes au détriment de l'investissement ds la RD par ex.
Dc forcément, cette orientation, ou plutôt cette derive financière fortement présente ds l'univers des affaires aux US, a des répercussions très importantes dans la gouvernance des Entreprises et B. n'y fait pas exception pour son plus gd malheur.
Car comment expliquer sinon pour des raisons financières et ds l'urgence la reconfiguration du 737 avec une cellule largement amortie mais obsolète pour contrer le succès fulgurant de l'A320 neo ??
Toutefois, une énigme demeure: fort du succès du 737 depuis des décennies mais qui devait supporter à partir des années 2000 une concurrence de + en + pressante de l'A320 de conception plus récente et dc bcp plus performant, pourquoi B. n'a pas réagi en lançant un successeur au 737 ??
Réponse de le 26/12/2019 à 19:35 :
C'est vrai que Boeing sert proportionnellement plus de dividendes que Airbus, 10 points d'écart. Boeing sert un dividende représentant 43% de son BNA (Bénéfice net par action) alors que Airbus n'en sert que 32 % de son BNA. Le problème tous ces Pdg sont asservis à la valeur de l'action car ils sont gavés (comme des oies) de stock options et ils font tout pour faire augmenter la valeur de l'action en augmentant les dividendes au-delà du raisonnable.
a écrit le 23/12/2019 à 22:17 :
L'industrie aéronautique a une double spécificité : elle est fortement capitalistique et ses produits à ht contenu technologique ont une durée de vie de plusieurs décennies.
Elle doit donc raisonner sur le tps long avec la capacité de se projeter plusieurs années à l'avance tt en scrutant les tendances lourdes susceptible de modifier durablement son environnement ( l'impact des chocs pétroliers sur le transport aérien ds les années 70-80, l'arrivée de l'euro à la fin des années 90, la sensibilité individuelle
a écrit le 23/12/2019 à 18:54 :
La presse américaine, ainsi que l'agence de presse Reuteurs précise que Mr Muilenberg à été viré, contrairement à ce que vous indiquez sur cette article.
Merci de vérifier vos sources et de rectifier cette grossière erreur de traduction.
Réponse de le 24/12/2019 à 0:24 :
La démission est juste un terme élégant pour dire qu'il a été limogé. On emploie le même terme quand un ministre se fair limoger , on l'«invite» à poser sa démission pour lui éviter de lui perdre la face.
Bref, c'est juste de la sémantique.
a écrit le 23/12/2019 à 18:41 :
Comme pour Ariane lorsqu'elle avait explosé en vol, toute la chaine de commandement doit être changé. L'accident n'est que le reflet d'une défaillance globale de l'entreprise dont la responsabilité première est la direction générale. Celle ci est resté le temps que leurs avocats négocient les primes de départs au lieu d'un bon coup de pieds au c... comme remerciement comme tout simple employé défaillant. Boeing paie une stratégie décidée au début de 2010 avec la sous traitance et l'externalisation du développement. Grace aux contraintes des Etats actionnaires, Airbus n'a pas pu mettre en oeuvre la même stratégie alors que la bourse le voulait pour augmenter les marges et maintenant, Airbus ne peut que s'en féliciter. L'ultra libéralisme a ses limites que vient renforcer les 2 échecs des capsules spatiales Boeing et Space X, vive Soyouz et Ariane, les sociétés mixtes.
a écrit le 23/12/2019 à 16:39 :
A se demander si cet avion revolera un jour...et si cela arrive...les compagnies aériennes prendront elles le risque de faire voler un avion avec de tels antecedents...et ensuite qui voudra bien monter dedans.
C'est une catastrophe industrielle pour Boeing, et il n'y aura bientôt plus que je gouvernement américain pour le sauver...en créant au passage des problèmes à Airbus.
Cette crise de Boeing pourrait aussi accélérer le déclenchement de la crise économique généralisée qu'on nous promet.
Réponse de le 23/12/2019 à 17:18 :
"Cette crise de Boeing pourrait aussi accélérer le déclenchement de la crise économique généralisée qu'on nous promet. "

Enfin de la crise boursière puisque crise de l'économie réelle il y a. C'est pas souvent que je vous rejoins mais on dirait bien que l'étincelle se prépare en effet...
Réponse de le 24/12/2019 à 0:02 :
Comment la défaillance d'une E industrielle si puissante soit elle, pourrait entraîner une crise systémique mondiale comme en 2008 ??
Réponse de le 24/12/2019 à 3:14 :
L'optimisme n'est pas votre qualite premiere.

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