Après une année de reprise en 2021, 2022 part sur les chapeaux de roues pour Daher, qui va reprendre un site d'aérostructures de Triumph Group (200 millions d'euros de chiffre d'affaires).Daher a finalement eu raison d'anticiper dès juin 2020 la mise en œuvre de mesures drastiques pour sauvegarder le groupe centenaire fondé en 1863. "Pendant la crise, nous avons constaté une surcapacité industrielle de 45%", avait alors expliqué en juin 2020 le directeur général de Daher Didier Kayat dans une interview accordée à La Tribune. Des mesures inédites et des efforts considérables (643 suppressions d'emplois au final, dont environ 130 départs contraints) qui ont permis dès 2021 à Daher de mettre la crise dans le rétroviseur.
A l'occasion de la présentation du bilan de Daher en 2021, le directeur général de Daher Didier Kayat a annoncé mercredi que le groupe était revenu dans le vert l'année dernière - "nous ne perdons plus d'argent". Il a également dévoilé une belle opération en cours aux Etats-Unis avec le rachat à Triumph Group du site d'assemblage d'aérostructures métalliques en Floride (200 millions d'euros de chiffre d'affaires).
Pour Daher, la crise est dans le rétro
La crise est bel et bien dans le rétroviseur de Daher. Plusieurs signes illustrent le nouvel élan du groupe aéronautique (7e constructeur d'avions mondial, équipementier et logisticien), qui réalise 80% de son chiffre d'affaires dans cette industrie. "Nous sommes revenus à l'équilibre opérationnel en 2021. Nous avons gagné un an par rapport à nos prévisions", a ainsi confié Didier Kayat. Un retour plus rapide que prévu à la normale qui s'appuie sur le plan de sauvegarde du groupe : un volet de réduction des coûts, des frais financiers et des dépenses sévère, une croissance organique des activités services (50% du chiffre d'affaires de Daher) et enfin l'optimisation des financements.
Résultat, le chiffre d'affaires de Daher, qui ne publie pas ses comptes, s'est maintenu à 1,1 milliard d'euros comme en 2020 en raison de quelques cessions (site de Saint-Julien-de-Chédon et des activités nucléaires en Allemagne et aux Etats-Unis). "Nous sommes confiants" pour l'avenir, a-t-il assuré. "Le marché aéronautique reprend, très vite sur les moyen-courriers et va reprendre sur les long-courriers à partir de 2024-2025 probablement", a-t-il espéré. Le carnet de commandes de Daher représente deux années et demi d'activité. La bonne santé financière a déjà permis dès juin 2021 au groupe de rembourser partiellement le PGE (Prêt garanti par l'État) à hauteur de 60 millions sur un montant de 170 millions souscrit en juin 2020. Le groupe souhaite recruter 1.000 personnes, dont 800 en France. Soit un solde net estimé à 500 personnes par la direction.