"J'espère bien être en dessous de 1.000 licenciements" (Didier Kayat, DG de Daher)

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Il y a des sujets (de consolidation, ndlr) sur lesquels Daher peut jouer un rôle de consolidateur, notamment dans les aérostructures et les aéro-engines. Je suis prêt à le faire en bonne intelligence avec Airbus pour les aérostructures et avec Safran pour les aéro-engines (Didier Kayat, dreicteur général de Daher)
"Il y a des sujets (de consolidation, ndlr) sur lesquels Daher peut jouer un rôle de consolidateur, notamment dans les aérostructures et les aéro-engines. Je suis prêt à le faire en bonne intelligence avec Airbus pour les aérostructures et avec Safran pour les aéro-engines" (Didier Kayat, dreicteur général de Daher) (Crédits : Daher)
Pour absorber les surcapacités industrielles liées à la crise du Covid-19, Daher est contraint de réduire la voilure sur le volet industriel et sur ses effectifs. Il y a bien un "scénario du pire", qui prévoit 1.300 licenciements, mais le directeur général de Daher Didier Kayat explique dans une interview accordée à La Tribune qu'il compte bien sauver le maximum d'emplois et passer sous la barre des 1.000 licenciements en France. Cette crise violente va faire perdre à Daher entre 300 et 400 millions d'euros de chiffre d'affaires et entre 80 à 100 millions d'EBITDA et d'EBIT en 2020.

LA TRIBUNE : Cette journée était à la fois importante et douloureuse pour le groupe Daher avec le coup d'envoi du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Quel est l'impact de la crise sur Daher ?
DIDIER KAYAT :
Face à une crise violente et inédite, Daher doit faire face à une baisse brutale d'activité que nous estimons à 40% sur l'année 2020. Nous allons donc perdre de 300 à 400 millions de chiffre d'affaires et de 80 à 100 millions d'EBITDA et d'EBIT cette année. Le groupe perd de l'argent tous les jours, je suis donc obligé de réagir en traitant deux sujets : la capacité industrielle et le dimensionnement des effectifs par rapport à la charge prévisionnelle de l'entreprise. Pendant la crise, nous avons constaté une surcapacité industrielle de 45%. Cela veut dire que nos usines ne tournent aujourd'hui en moyenne qu'à 55% de leurs capacités. Notre usine de Nantes (thermoplastique pour l'A350) n'est encore aujourd'hui qu'à 25%. Dans deux à trois ans, en sortie de crise, Daher aura encore un tiers de surcapacités industrielles si on ne fait rien. Nous avons clairement un problème de surcapacités industrielles en France et nous devons adapter le groupe à sa charge prévisionnelle.

Qu'allez-vous faire pour absorber cette surcapacité industrielle ?
Après avoir étudié tous les scénarios possibles, nous avons proposé aujourd'hui aux partenaires sociaux de nous désengager de l'usine d'aérostructures de Saint-Julien-de-Chédon (région Centre, ndlr) tout en recherchant activement un repreneur pour ce site. A sa fermeture, nous privilégions le scénario d'une cession. Nous avons déjà des marques d'intérêt pour cette usine. Sur une période de deux ans, nous allons progressivement transférer un certain nombre d'activités de ce site vers nos usines de Tarbes et de Nantes. Nous avons besoin de deux ans pour effectuer ce transfert. Cette usine sera disponible fin 2022 pour un repreneur au moment du redémarrage des cadences dans l'aéronautique. Cela peut également permettre de limiter l'impact sur l'emploi de ce site, qui emploie 300 personnes environ, dont 200 compagnons et 100 cols blancs.

Confirmez-vous les chiffres de 1.300 CDI supprimés, qui ont circulé ces dernières semaines ?
Sur le volet emploi, nous avons déjà traité 400 départs au sein de nos sites à l'étranger (États-Unis, Mexique, Maroc). Nous avons également dû nous séparer des intérimaires : de 1.700  environ, il n'y en aura plus que 300 en juillet. Enfin, nous avons lancé aujourd'hui avec les organisations syndicales des négociations sur un Plan de sauvegarde l'emploi (PSE), qui vont durer six mois. Dans ce PSE, il y a 500 postes, qui sont...

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a écrit le 26/06/2020 à 12:33 :
Beau sourire radieux pour un PDG qui compte licencier 1000 personnes.
Et on devrait être contents qu’il limite à 1000 ? Oh la bonne nouvelle ‘
a écrit le 26/06/2020 à 10:31 :
Sinon tu baisses le dividendes des actionnaires et tu gardes les employés ?
Désolé, pendant un moment je me suis crus dans le monde des bisounours
a écrit le 26/06/2020 à 9:14 :
et bla bla bla ....
c'est globalement une entreprise zombie sous perfusion financière depuis des années.
en 2018, résultat net = 18M€ pour 1Mds de CA.
soit 1,8%...
la perte annoncée pour 2020: entre 80 et 100M€: soit 4 à 5 années de bénéfices...
et pour 2021 il y aura aussi des pertes?
les marges sont beaucoup trop faibles au moins sur la partie infrastructures.
ça va se terminer par un rachat par les clients (Airbus / Dassault) pour sécuriser les livraisons et une vente à la découpe.
la séparation avec la branche avion, la logistique industrielle. la production au maroc.
après la vente de Luceaux, celle de Saint Julien qui est annoncée.
le plus critique ça sera pour tarbes (FAL MLGD A350 et Work Package fuselage hélico et fuselage Falcon) trop complexes et long à ressourcer.
Réponse de le 30/06/2020 à 11:15 :
Il y a un paradoxe : être sous perfusion financière et dégager 18 millions de résultat net en 2018 même si ce n'est pas super top. Pas convaincant votre démonstration. Il y a beaucoup d'"entreprises zombies" qui aimeraient pourtant avoir un tel bilan. Et en même temps, c'est une entreprise familiale qui ne privilégie pas forcément les marges à tout prix comme le font les entreprises cotées en bourse sous la pression d'actionnaires voraces en dividendes, et donc en marge : le fameux dogme des 10% d'Ebit au moins.
a écrit le 26/06/2020 à 8:40 :
La photo est inappropriée par rapport au titre.
a écrit le 26/06/2020 à 7:20 :
c'est drôle cette photo d'un DG souriant suite à une annonce de liceniements
a écrit le 25/06/2020 à 23:56 :
998 sinon ?

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