En pleine crise, le nouveau patron de Boeing appelle le groupe à être "humble"

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David Calhoun (au centre), ici photographié en 2011, quand il était patron de l’institut de mesure d’audience Nielsen.
David Calhoun (au centre), ici photographié en 2011, quand il était patron de l’institut de mesure d’audience Nielsen. (Crédits : Reuters)
David Calhoun, qui prend ses fonctions ce lundi, remplace Dennis Muilenburg, dont la gestion de la crise du MAX a été jugée catastrophique.

David Calhoun, qui a officiellement pris lundi ses fonctions de directeur général de Boeing, appelle le groupe à être "humble" et "transparent", au moment où il traverse la plus grave crise de ses 103 ans d'histoire, a dit à l'AFP son entourage.

"Il veut s'assurer que nous ayons une culture [d'entreprise] adéquate", a déclaré une source. "Ce qui signifie être plus humble et transparent", a-t-elle ajouté, alors que l'avionneur travaille à obtenir une remise en service du 737 MAX, cloué au sol depuis dix mois après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

M. Calhoun prend ses fonctions après une semaine mouvementée pour Boeing, marquée par la divulgation de messages embarrassants d'employés dans lesquels ils moquent les régulateurs, les compagnies aériennes et s'interrogent sur les compétences de leurs collègues ingénieurs.

Lire aussi : Boeing: les salariés décrivent l'explosion d'une culture d'entreprise gangrénée par l'arrogance et la cupidité

"Ceci est une plaisanterie", écrivait un employé en septembre 2016, en référence au 737 MAX. "Cet avion est ridicule".

"Design nul", fustigeait un autre en avril 2017.

"Reconstruire la confiance avec nos clients"

M. Calhoun va passer sa première semaine à Chicago, le siège social du groupe, et se rendra la semaine prochaine dans l'État de Washington (ouest), où se trouvent les principales usines du constructeur.

Il visitera l'usine de Renton, près de Seattle, qui fabrique le 737 MAX, et celle d'Everett, productrice du 777/777X, du 767, du 747 et du 787.

"Ensemble, nous allons renforcer notre approche de la sécurité [des avions], améliorer la transparence et reconstruire la confiance avec nos clients, nos régulateurs, nos sous-traitants et les voyageurs", déclare M. Calhoun dans un courrier adressé aux salariés et rendu public par le constructeur aéronautique.

"J'ai confiance en l'avenir de Boeing, y compris dans le 737 MAX", souligne-t-il.

Lire aussi : Airbus redevient sans surprise numéro 1 mondial de l'aéronautique devant Boeing (et ça risque de durer)

Nouveau départ après une gestion jugée catastrophique

Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards de dollars à Boeing et la facture devrait encore augmenter lors de la publication des résultats du quatrième trimestre le 29 janvier.

Ancien cadre dirigeant de General Electric (GE) et de la société d'investissements Blackstone, M. Calhoun, 62 ans, a été nommé le 23 décembre pour remplacer Dennis Muilenburg, dont la gestion de la crise du MAX était jugée catastrophique.

Ce dernier avait notamment essayé de faire pression sur l'agence fédérale de l'aviation (FAA) pour qu'elle approuve au plus vite le MAX, ce qui avait contribué à des tensions inédites avec le régulateur américain.

Les premiers pas de M. Calhoun étaient salués timidement à Wall Street, où le titre gagnait 0,60% dans les premiers échanges.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2020 à 23:41 :
on veut nous encourager à penser que ce pays est puissant, notamment avec ses "lois". alors que les US sont en pleine décadence. sans le déficit public (état fédéral/états fédérés/collectivités locales) d'au moins 7% PIB en 2019 (6,6% en 2018, dixit l'OCDE) et l'exploitation du pétrole de schiste depuis 2008, le pays serait en décroissance.
a écrit le 13/01/2020 à 17:52 :
"design nul", c'est vrai qu'il est pas beau avec ses 2 gros moteurs qui ont l'air d'avoir été mis là un peu n'importe comment...par hasard ?
Un bon avion est avant tout un bel avion. Le DC 3, le 747, Concorde, même l'A380 pourtant énorme sont de beaux avions, équilibrés, qui donnent confiance. Enfin, "je m'en fous" un peu quand même puisque je ne voyage plus en avion.
a écrit le 13/01/2020 à 17:02 :
Si le 737-MAX revole, le plus gros investissement sera pour le nombreux personnel "musclé" qui embarquera de force les passagers récalcitrants dans ce cercueil volant .

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