Exportations d'armements : entre 30% et 50% de commandes en moins en 2020
Natasa Laporte
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... rces et les faiblesses de l’industrie de défense française face à la crise.
L'industrie de défense encaisse-t-elle bien le choc de la crise sanitaire ? Ou doit-elle s'attendre à une année très difficile ? Le président d'Airbus Helicopters, Bruno Even, dresse un tableau contrasté. Si les hélicoptères ont continué de voler pendant cette période, avec "très peu d'annulations, le défi à court terme en termes d'activité est de rattraper le retard que nous avons pu prendre pendant le confinement", analyse le dirigeant du leader mondial sur le marché des hélicoptères.
A moyen et long terme, la situation pourrait peser sur les commandes, en raison de l'incertitude qui conduit les clients à les décaler. "Sur le marché des hélicoptères, nous voyons un impact très lourd - qui peut être de l'ordre de 40 à 50 % et que nous sommes susceptibles de voir à horizon de deux à trois ans", prévient-il, en précisant qu'à ce stade, il n'y a pas eu de mesures "dures" de réduction d'effectifs au sein d'Airbus Helicopters. "Nous sommes dans une industrie à cycles longs. Toute commande qui n'est pas prise aujourd'hui, c'est un trou dans l'activité d'ici deux ou trois ans", confirme le PDG de MBDA, Eric Béranger, qui n'a pas non plus procédé à des réductions d'effectifs.
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De son côté, PDG de Naval Group depuis le 24 mars, Pierre-Eric Pommellet, se montre confiant, en comparant son groupe de construction navale de défense à un "navire résilient" qui, lors de cette tempête, n'a perdu "aucun client". "C'est plutôt la première partie de la crise qui a été difficile pour nous en termes d'activité et nous avons perdu du chiffre d'affaire dans l'année", précise-t-il, tandis que le deuxième confinement "se passe plutôt bien puisque nous avons réussi à trouver de nouveaux modes de fonctionnement" pendant le premier confinement, assure le patron de cette entreprise qui a recruté plus de 400 apprentis, soit au-delà de son engagement.
"L'industrie de défense a été résiliente", affirme de son côté Hervé Grandjean, conseiller pour les affaires industrielles auprès de la ministre des Armées. "La lutte contre le terrorisme et les opérations extérieures ne s'arrêtent pas et on ne peut pas mener ces opérations sans les industries de défense qui, embarquées avec nous dans la défense du pays, assument d'une certaine manière une mission régalienne. Vu du ministère des Armées, l'industrie de défense a tenu", insiste-t-il. Des pistes d'amélioration ? Elles se situent notamment du côté de la continuité numérique. "Il faut qu'on aille plus vite et plus fort sur les moyens de travail à distance, que ce soit du côté de l'Etat ou des industries", estime-t-il. Autre interrogation, celle du modèle économique pour certaines sociétés, qui se sont peut-être rendues compte que "la jambe défense mériterait singulièrement d'être renforcée".
Natasa Laporte