Compliance, ITAR, RSE... : une course d'obstacles pour l'exportation d'armements "Made in France"
Caroline Bruneau, Aerospatium
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... Carlier, directeur du développement international à la Direction générale de l'armement (DGA), Philippe Keryer, directeur général adjoint, Stratégie, Recherche et Technologie chez Thales, Alexandre Ziegler, directeur de l'international et des relations institutionnelles de Safran, et, enfin, Cédric Perrin, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.
L'exportation française, indispensable à la souveraineté nationale, est rendu difficile aujourd'hui par l'existence de règles très contraignantes ou des problèmes de financement. Comment le politique peut-il aider ? La création d'un marché européen et d'une base de défense européenne peut-elle être une solution ? Fournir l'ensemble du spectre de matériel militaire est une des marques de fabrique de la France, souligne Thierry Carlier, directeur du développement international à la Direction générale de l'armement. Et exporter, c'est la manifestation d'une volonté politique et l'expression d'une politique étrangère.
C'est aussi le moyen de garder les compétences et une industrie dans le pays. Un point de vue rejoint par Philippe Keryer, directeur général chez Thales. L'exportation permet notamment de lisser les cadences et de rentabiliser l'innovation, dit-il, tout en maintenant en France de l'emploi qualifié. Pour Alexandre Ziegler, directeur groupe international et relations institutionnelles chez Safran, il est indispensable de trouver des clients à l'étranger en l'absence de préférence européenne. Si on prend le cas du F-35 américain, il a été déjà produit à 500 exemplaires depuis 2015, et les États-Unis en ont commandé 2000. La Chine produit quant à elle tous les trois ans l'équivalent de la flotte française... Les moyens de la France sont donc sans commune mesure avec la concurrence essentiellement américaine et russe.
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Le sénateur Cédric Perrin a de son côté insisté sur la nécessité de l'exportation pour garantir la pérennité de la BITD, indispensable à l'autonomie stratégique. Le marché français seul est trop limité pour garantir les 200.000 emplois indirects de la filière. Mais le politique et le législateur doivent accompagner les industriels : si ce sont eux qui gagnent les contrats, ils ont besoin du soutien de toutes les institutions, que ce soit dans les ambassades et au Parlement, grâce notamment aux missions parlementaires bilatérales. Pour ce faire, la question de la confiance mutuelle est indispensable. Il faut par ailleurs que la question de l'exportation soit dissociée de celle de politique intérieure, à l'inverse de ce qui se produit souvent en Allemagne, souligne Cédric Perrin.
Caroline Bruneau, Aerospatium