La France et la Grande-Bretagne devraient commander chacun en octobre quatre systèmes de lutte contre les mines marines (programme SLAMF).C'est une des capacités que la France ne peut absolument pas abandonner. Car la lutte contre les mines marines participe également à la dissuasion nucléaire française en sécurisant le goulet de Brest quand un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) quitte discrètement la base de l'Ile Longue. Une capacité qui sert également à "blanchir" les zones à risques pour les besoins d'une opération amphibie ou le passage du groupe aéronaval dans des détroits comme celui de
Bab-el-Mandeb
entre Djibouti et le Yémen.
Cette menace asymétrique, avec des mines devenant de plus en plus furtives, parfois prenant l'apparence de rochers, oblige aujourd'hui les marines à moderniser leurs systèmes de lutte contre les mines. Car une mine, dont le coût reste dérisoire (entre 5.000 et 10.000 euros), peut occasionner des dégâts désastreux en mer sur un sous-marin ou un porte-avions. Au niveau mondial, la Chine, la Russie, l'Iran et la Syrie possèdent de fortes capacités de minage. C'est également une arme "idéale" pour les organisations terroristes.
Un programme franco-britannique
C'est dans ce cadre que la ministre des Armées, Florence Parly, s'est rendue vendredi à Brest pour se faire présenter les avancées du programme SLAMF (Système de lutte anti-mines du futur) piloté par Thales. Ce programme est le fruit d'une coopération franco-britannique initiée dans le cadre des accords de Lancaster House en 2010. La France et la Grande-Bretagne se partagent respectivement 48% et 46% du programme SLAMF, le solde allant à la Suède (Saab). Initialement à bord, BAE Systems, qui n'a pas été à la hauteur des enjeux, a finalement quitté le programme "sans drame", explique-t-on à La Tribune. Thales et ses partenaires industriels développent en plusieurs phases des drones de surface et sous-marins destinés à la lutte contre les mines marines.
Surtout, ce programme change complètement la doctrine de la France dans ce domaine, en éloignant à plus de 20 km (12 nautiques) l'homme de la menace - de la détection à la neutralisation, en passant par l'identification -, grâce à toute une série de drones, qui vont remplacer les actuels plongeurs démineurs. "C'est un game changer", souligne-t-on au sein du ministère des Armées. D'autant que ces drones sont télé-opérables via des liaisons de communication haut-débit, depuis un bateau mère ou bien depuis la terre à proximité des côtes. Ce système de drones peut être même transporté par l'avion de transport militaire européen, l'A400M.