L'opérateur boursier paneuropéen souhaite lancer un nouvel indice boursier (ESG pour Energie, Sécurité, Géostratégie) pour faciliter les entreprises du secteur de la défense et de l'aérospatial à se financer plus facilement.ESG pour « énergie, sécurité et géostratégie ». C'est le nouvel indice que souhaite lancer très rapidement Euronext pour permettre aux entreprises du secteur de la défense et de l'aérospatial en France et en Europe « de se financer plus facilement », a expliqué mardi le président du directoire d'Euronext. Les équipes d'Euronext devaient se mettre au travail dès aujourd'hui, comme l'a précisé mardi Stéphane Boujnah. « L'ESG de demain n'est pas qu'une punchline ou une formule de publicitaire. C'est une évolution très concrète et très fondamentale », a-t-il assuré devant plusieurs journalistes en marge de la conférence annuelle de l'opérateur boursier paneuropéen. Ce qui ne veut pas dire non plus que l'ESG (Environnement, Social et Governance) va disparaitre, a-t-il tenu à préciser.
Aider les sociétés du secteur à se consolider et à se coter
En dépit de la faute de goût d'Euronext en fin de semaine dernière, Stéphane Boujnah est convaincu depuis longtemps de l'importance de ce secteur, ont affirmé plusieurs personnalités contactées par La Tribune, et aujourd'hui plus encore avec les menaces qui pèsent sur l'Europe et dans le monde. « Si on veut être libre, il faut être craint par le reste du monde ; pour être craint, il faut être fort ; et pour être fort, il faut payer. Donc pour être libre, il faut payer », a-t-il résumé fort justement. Ce constat passe par des investissements massifs dans des capacités industrielles de l'industrie de défense. « Les marchés peuvent les favoriser » mais il faut « revoir profondément la manière dont fonctionnent les indices en question », a souligné Stéphane Boujnah. « On va donc opérer une transition entre l'ESG d'hier et l'ESG de demain », a-t-il insisté.
Au-delà des grands groupes cotés (Airbus, Safran et Thales en France et Leonardo en Italie), Euronext souhaite également s'intéresser aux entreprises non cotées en étant un catalyseur pour la Base industrielle et technologique de défense (4 000 entreprises environ). Stéphane Boujnah estime que certaines d'entre elles ont « vocation à être cotées » mais « beaucoup d'entre elles préfèrent la discrétion des investisseurs privés » quand elles ont besoin de se financer. Euronext va déployer pour ce type d'entreprises « les différents moyens qu'on utilise avec les sociétés qui ne sont pas encore cotées comme on l'a fait avec Tech Leader, notre initiative autour des acteurs de la Tech », un outil de visibilité. « Il faut aider ces entreprises à se coter, il faut aider tout ce secteur à se consolider », a-t-il expliqué.