En dépit de négociations laborieuses, Eramet privilégie toujours la cession de sa filiale Aubert & Duval. Elles sont ralenties par des problèmes de qualité. Des réclamations de clients dans le cadre de la mise en conformité des processus qualité sont d'ailleurs en cours d'analyse chez Eramet. Mais Aubert & Duval ne fait aujourd'hui l'objet d'aucun développement judiciaire dans le cadre de la mise en conformité des processus qualité.La cession d'Aubert & Duval, qui est stratégique pour la filière aéronautique, reste "l'option privilégiée" par Eramet "à terme", a expliqué mercredi le groupe métallurgique et minier dans un communiqué portant sur les résultats du premier semestre. Cela tombe bien puisque les négociations ont récemment repris entre Eramet, propriétaire d'Aubert & Duval, et le consortium de reprise formé par Airbus, Safran et Ace Capital Partners (groupe Tikehau). Des négociations laborieuses en raison des difficultés d'Aubert & Duval, qui poursuit d'ailleurs la finalisation de la revue des processus qualité et l'adaptation de la structure de coûts pour faire face à la dégradation de son principal marché, l'aéronautique ( environ 70 % de son chiffre d'affaires, niveau pré-crise).
Si Eramet est repassé dans le vert lors des six premiers mois de 2021, avec un bénéfice net de 53 millions d'euros, ce n'est pas le cas de sa filiale Aubert & Duval, dont la situation toutefois s'améliore. Le fabricant de solutions métallurgiques de pointe subit encore de plein fouet la crise profonde du secteur aéronautique qui continue de peser significativement sur les comptes d'Aubert & Duval. Le chiffre d'affaires a reculé au premier semestre de 9 %, à 245 millions d'euros (539 millions en 2020, soit une baisse de 16%). Les mesures d'adaptation des coûts au niveau d'activité ont permis une amélioration de l'Ebitda, qui passe de - 52 millions d'euros premier semestre 2020 à - 14 millions d'euros au premier semestre 2021.
L'aéronautique, secteur encore déprimé
En dépit d'une amélioration, le secteur aéronautique reste encore très significativement en retrait, notamment sur les long-courriers, marché sur lequel Aubert & Duval est très présent. Résultat, le chiffre d'affaires d'Aubert & Duval dans l'aéronautique est en baisse de 24 %, à 143 millions d'euros au premier semestre 2021. "Les ventes ont continué à subir pleinement les effets du brutal ralentissement de l'industrie aéronautique, alors que les cadences de production des principaux programmes sont restées à des niveaux bas", a expliqué Eramet dans son communiqué. Même si les perspectives se sont améliorées au premier semestre : Airbus a annoncé une reprise forte de ses cadences de production pour la famille A320, avec un retour au rythme d'avant crise d'ici début 2023. En revanche, les perspectives de reprise restent très incertaines pour les long-courriers.