L'aéronautique vole au secours d'Aubert & Duval. Une offre non engageante pour l'acquisition d'Aubert & Duval est récemment arrivée sur le bureau de la PDG d'Eramet Christel Bories, selon nos informations. Elle émane d'un consortium formé par Airbus, Safran et le fonds d'investissement aéronautique Ace Aéro Partenaires, géré par ACE Management (groupe Tikehau Capital), qui réfléchissaient déjà cet automne à une offre de reprise. Chaque membre du consortium financerait un tiers du rachat de la filiale d'Eramet.
Cette offre, qui ne serait pas follement attractive, tiendrait notamment compte de la situation économique d'Aubert & Duval, actuellement en grande difficulté en raison de la chute du marché de l'aéronautique (environ 70 % de son chiffre d'affaires). Ce qui semble indiquer que les repreneurs ont conscience qu'il leur faudra investir plusieurs centaines de millions d'euros pour relancer le deuxième producteur mondial de pièces forgées par matriçage de forte puissance.
La banque publique Bpifrance devrait également venir en soutien du consortium dans un second temps et entrer directement dans le capital de la filiale d'Eramet. Le groupe minier va donc devoir se prononcer publiquement sur la vente de sa filiale spécialisée dans les aciers à haute performance, des superalliages et du titane, actuellement en grande difficulté. "La division Alliages Haute-Performance est profondément impactée par l'effondrement du transport aérien et ses répercussions sur l'ensemble du secteur aéronautique. Des mesures drastiques d'ajustement des coûts ont été prises", avait expliqué fin octobre Christel Bories citée dans un communiqué portant sur le chiffre d'affaires d'Eramet au troisième trimestre.